Chambre d’agriculture
Post Covid : le jour d’après

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Réunie le 6 juillet, la session de la chambre d’agriculture a dressé un premier bilan de la crise sanitaire de la Covid-19, mais surtout présenter des perspectives d’avenir sur le plan de l’accompagnement.

Post Covid : le jour d’après

L’agriculture, comme de trop nombreux secteurs économiques français ont subi et subissent toujours les conséquences de la crise sanitaire de la Covid-19. En effet, si des secteurs agricoles ont été relativement épargnés (circuits courts de première nécessité notamment), d’autres ont été touchés de plein fouet comme l’horticulture, l’agritourisme, la viticulture ou encore les centres équestres. Au-delà des effets sectoriels, les agriculteurs ont également dû faire face à des problématiques beaucoup plus transversales comme la recherche de main d’œuvre saisonnière ou encore la fermeture des circuits commerciaux.

Résilience

Pour autant, le monde agricole a, comme toujours, fait preuve de résilience. « Nous avons su nous adapter pour passer ce cap-là. L’agriculture, grâce à l’implication des agriculteurs n’est peut-être pas le secteur le plus impacté. Pour autant, les conséquences pour nos exploitations sont encore à venir, nous ne devons pas être les oubliés et bénéficier nous aussi d’un plan de relance », notait le président de la chambre d’agriculture, en ouverture de la session de la chambre d’agriculture qui se tenait le 6 juillet à la Maison des agriculteurs à La Tour-de-Salvagny. L’occasion pour les élus de la chambre d’agriculture de dresser un premier bilan de cette crise sanitaire sans précédent, mais également de se tourner vers l’avenir. En effet, toute la filière agricole (agriculteur, secteur agroalimentaire…) s’est mobilisée dès la première heure pour permettre aux Français de continuer à se nourrir sainement, de saison et de manière équilibrée pendant toute la durée de toute confinement. « Nous pouvons à ce titre remercier les paysans, les salariés de l’agroalimentaire… Ils ont été à pied d’œuvre pendant toutes cette période », notait Dominique Despras, secrétaire adjoint de la chambre d’agriculture.

Rebonds possible

Un rebond possible

Les élus et les salariés de la chambre d’agriculture, aux côtés de nombreux partenaires, ont également su assurer la continuité des services et accompagner les exploitations les plus touchées dans cette situation inédite. Ainsi, le dispositif multi-partenarial* Rebonds a été plus que jamais sur le qui-vive pour permettre à ces exploitations de passer le cap. « Il s’agit d’un accompagnement humain, technique et économique », souligne Nadège Fellot, secrétaire adjointe de la chambre d’agriculture. Ainsi, pendant la crise de la Covid-19, face à la perte de marché (fermeture de la RHD, annulation des Salons professionnels…) et de la chute de l’export, un réseau d’une trentaine d’appelants multi-organismes a été mobilisé pour contacter les viticulteurs du Beaujolais et des coteaux du Lyonnais. « Plus de 350 appels ont été passés, permettant d’échanger avec les agriculteurs sur les difficultés qu’ils rencontraient et les suites à donner. Tous ont fait preuve de beaucoup de résilience. Ce réseau a permis de détecter une dizaine de situations urgentes pour les mettre en lien avec le dispositif Rebonds 69 », notait Nadège Fellot. Un dispositif d’urgence qui a ouvert la voie à d’autres réflexions au sein de la chambre d’agriculture. « Nous avons voulu suite à cela mettre en place un baromètre pour suivre les filières sur les plans technique, économique et humain, une sorte de sentinelle, de veille humaine », a expliqué Dominique Despras.  Ainsi, plusieurs baromètres concernant les impacts de la crise sur les différentes filières et les mesures d’urgence qui ont été mises en place ont été constitués. Ces baromètres n’ont pas pour vocation de rester de simples indicateurs.

Un accompagnement à 360°

En effet, le monde après la Covid ne sera pas le même qu’avant et les élus de la chambre d’agriculture sont certains que des évolutions dans les accompagnements sont indispensables. « Nous devons investir dans des accompagnements stratégiques, un accompagnement à 360° pour répondre à la triptyque : technique, économique et humain. La chambre d’agriculture peut également accompagner tous les modèles de transformation, commerciaux et de production pour répondre aux attentes sociétales », commentait Dominique Despras. Autre levier d’action : le développement de l’emploi agricole avec Graine d’emplois. « Nous allons créer deux postes de développeur d’emplois agricoles pour susciter des vocations, travailler sur le recrutement, note Nadège Fellot. Nous voulons être toujours plus en lien avec le terrain. » Enfin, il existe une réelle volonté de faire monter en compétence les élus et les conseillers sur les solutions numériques. Une volonté forte que le secrétaire général de la chambre d’agriculture aimerait voir accompagner de « preuves d’amour » de la part de l’État. « Nous pouvons que nous satisfaire de l’attachement à l’agriculture que vous portez grâce à votre présence régulière à nos sessions. Toutefois, comment pouvons-nous faire mieux avec moins. Notre budget est toujours en baisse. L’amour c’est bien, les preuves c’est mieux », a conclu Dominique Despras en s’adressant à Cécile Dindar, préfète du Rhône.

*chambre d’agriculture, MSA Ain-Rhône, Département, DDT, Solidarité paysans, Cerfrance Rhône et Lyon, Afocg, syndicats agricoles, Rhône conseil élevage, GDS, Crédit agricole, DDPP, Direccte, Sodiaal, ODG…

Plus d'infos dans l'Information agricole du Rhône de ce jeudi. 

Au fil de la session