L'info en bref
Gestion des risques climatiques, NBT, abattoirs mobiles...

Simon Alves
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Gestion des risques climatiques, NBT, abattoirs mobiles...

Gestion des risques climatiques: Macron annonce un doublement du soutien public

A l'occasion de son déplacement sur l'évènement Terres de Jim, à Corbières (Alpes-de-Haute-Provence) le 10 septembre, le président de la République a annoncé un doublement par la «solidarité nationale» des fonds publics alloués aux outils de gestion des risques (assurance multirisques climatique et calamités agricoles), pour atteindre 600 millions d'euros par an. Rassurant le syndicalisme majoritaire qui craignait des annonces qui n'engagent pas le président mais seulement le potentiel candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé que cette réforme serait présentée sous la forme d'un projet de loi examiné à l'Assemblée nationale en janvier, et «voté sous cette mandature». «C’était très attendu et c’est très fort», s'est félicité le président des chambres d'agriculture Sébastien Windsor, interrogé à l'issue de l'allocution. Emmanuel Macron n’est pas rentré dans le détail des mesures, qui devraient, selon son cabinet, reprendre les grands principes édictés par le groupe Gestion des risques du Varenne agricole, dont le rapport avait été présenté par le député LREM Frédéric Descrozaille en juillet. Le président de la République a assigné les objectifs suivants à la réforme: «l’accessibilité» de l’assurance privée, la meilleure «réactivité» des calamités agricoles, la «simplification» de ce double dispositif autour d’un «interlocuteur unique» pour chaque agriculteur, et enfin la création d’un «pool de réassurance».

NBT: Macron se positionne en faveur de leur adoption

A l’occasion de son déplacement sur l’évènement Terres de Jim le 10 septembre, le président de la République a été questionné par le président des Jeunes agriculteurs Samuel Vandaele sur les nouvelles biotechnologies de sélection variétale (NBT). Dans la ligne de position prise par le ministre de l’Agriculture en janvier dans nos colonnes, Emmanuel Macron s’est exprimé favorablement à leur adoption. «Cela fait partie des instruments qui nous sont offerts, a-t-il expliqué au milieu de plusieurs dizaines de jeunes agriculteurs et d’élus professionnels. Je le disais en parlant des cépages résistants, si nous voulons résister compétitifs, alimenter en réduisant notre dépendance au chimique, aux aléas climatiques, il faut mettre de notre coté tous les éléments de l’innovation. Et donc oui, on doit pouvoir en France de manière contrôlée, ouverte, transparente, en donnant les garanties démocratiques, procéder aux innovations qui permettent d’avancer dans les pratiques et d’avoir à la fois de la productivité et de mieux résister aux aléas et aux risques, les NBT en font partie et c’est absolument important de rester présent sur ce sujet ». La Commission européenne a présenté au printemps une étude préconisant une révision réglementaire de l’évaluation des NBT, afin de faciliter leur mise sur le marché. Si les ministres de l’Agriculture de l’UE ont rapidement salué ces conclusions, le Parlement parait plus divisé. Aucun calendrier n’a encore été proposé par la Commission.

De la ferme à la table: Strasbourg adopte un projet très critiqué par le Copa-Cogeca

Les députés des commissions de l'Environnement et de l'Agriculture du Parlement européen ont adopté à une large majorité le 10 septembre leur projet de rapport sur la stratégie De la ferme à la table, validant les 48 amendements de compromis qui avaient été préparés en amont du vote. Ils confirment l’objectif de réduction des engrais de 50% mais se contentent sur les pesticides de demander des objectifs contraignants de réduction sans fixer de chiffre. Les États membres devraient mettre en œuvre de tels objectifs lors de la révision de leurs plans stratégiques de la Pac, estiment-ils également. Les parlementaires insistent aussi sur la politique commerciale de l’UE: à moins que les normes de production animale des pays tiers ne soient alignées sur celles de l'UE, les importations de produits animaux en provenance de ces pays ne devraient pas être autorisées, proposent-ils notamment pour ce qui est du bien-être animal. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dénoncent une position qui remet «tout simplement en cause notre alimentation» citant en particulier les propositions sur l'avenir des produits phytosanitaires. Pour le Copa-Cogeca «le texte final contient quelques propositions et avancées intéressantes, notamment en ce qui concerne l'innovation, l'agriculture carbone ou le commerce. Cependant, un nombre limité de propositions mais aux conséquences très importantes franchissent les lignes rouges».

Abattoirs mobiles : les premières viandes sont commercialisées

«Le premier abattoir mobile pour bovins est en marche», se félicite le Bœuf Éthique dans un communiqué paru le 10 septembre. Les toutes premières viandes issues de ce système d’abattage sont désormais disponibles à la vente en ligne. Elles sont également distribuées par le biais de bouchers et restaurateurs. Le projet porté par Emilie Jeannine, éleveuse de charolaises dans les Côtes d’Or, a été rendu possible par la loi Egalim qui prévoit une expérimentation de ce type d’abattoir et grâce au financement du Plan de relance. Cet abattoir mobile «est un ensemble de trois camions qui se déplacent chaque jour sur une ferme différente pour permettre l’abattage des animaux sur place et leur éviter ainsi de longs transports pénibles», explique le communiqué. Il peut assurer l’abattage de quatre animaux par jour. Cinq opérateurs en assurent le fonctionnement. Après des premiers tests supervisés par deux vétérinaires mandatés par l’État, «avec l’accord des autorités sanitaires, l’abattoir mobile a pu démarrer sa tournée sur les fermes des éleveurs partenaires du Bœuf Éthique». Il devrait prendre son rythme de croisière d’ici quelques semaines.

Dégâts de gibier: ce que chasseurs et agriculteurs attendent de Bérangère Abba

La secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba a indiqué, dans un entretien accordé à Agra Presse, son intention de «mettre un coup d’arrêt à la croissance des dégâts» de gibier grâce à des mesures encore en cours de discussion qu’elle pourrait dévoiler prochainement. Après les discussions renouées depuis dix-huit mois avec les chasseurs comme avec le ministère de la Transition, la FNSEA attend désormais rapidement «des moyens pour abaisser les populations». Espérant réduire les effectifs d’au moins 30%, le syndicat majoritaire souhaiterait «rendre possible le prélèvement toute l’année, supprimer les critères de sélection appliqués dans certaines régions, et autoriser le piégeage ainsi que la chasse dans les parcelles en cours de récolte», liste Florent Lepretre, représentant syndical au sein de la Commission nationale de l’indemnisation des dégâts de gibier. Les chasseurs, de leur côté, insistent sur la prise en compte des zones non-chassables. «Nous ne pouvons plus assumer financièrement de payer l’intégralité des dégâts agricole pour tout le territoire, alors qu’il y a des zones où ne pouvons pas mettre les pieds», rappelle Willy Schraen, président de la FNC. Alors que l’agrainage demeure un dossier délicat, chasseurs et agriculteurs tomberaient en revanche d’accord pour faciliter la chasse de nuit dans les parcelles agricoles, «en faisant attention à l’aspect sécurité», précise Florent Lepretre.

Ovosexage : la filière demande une obligation européenne sinon rien

Alors que le ministre de l'Agriculture doit publier prochainement des textes réglementaires encadrant l'interdiction du broyage des poussins mâles, l'interprofession de l'oeuf, le CNPO, s'inquiète des distorsions de concurrences encourues par la filière. Dans un lettre envoyée à Julien Denormandie le 10 septembre, elle «demande à ce qu’aucun acte législatif ou réglementaire visant à une interdiction nationale de l’élimination des poussins mâles ne soit pris sans qu’une réglementation européenne ne soit adoptée pour l’imposer à l’ensemble de nos partenaires européens». A défaut d'une telle harmonisation, le CNPO demande que «es coûts induits par cette interdiction, imposée par l’État français à la filière, soient pris en charge par l’État». L'interprofessio chiffre ce surcout à plus de 50 millions d’euros par an soit 2 à 4% du chiffre d’affaires annuel de la filière. Jusqu'ici le ministère s'est engagement uniquement à soutenir financière l'achat des machines d'ovosexage par les couvoirs. Le calendrier interroge également le CNPO, selon qui les couvoirs «sont aujourd’hui dans l’impossibilité de tenir les délais annoncés par le ministre, à savoir fin 2022». Pour ces raisons, l’interprofession des œufs demande de pouvoir s’entretenir avec Julien Denormandie avant le début du Space qui se déroulera du 14 au 17 septembre.

Distribution: feu vert pour la reprise de Bio C'Bon par Carrefour, sous réserve

L'Autorité de la Concurrence a annoncé le 10 septembre avoir donné son feu vert a posteriori à la reprise par Carrefour de la chaîne de distribution spécialisée Bio C'Bon, sous réserve de la cession de huit magasins, notamment à Paris et à Toulouse. Carrefour avait été choisi en novembre 2020 par le tribunal de commerce de Paris comme repreneur de 100 magasins Bio C'Bon, entreprise visée par une procédure de liquidation judiciaire. L'Autorité de la concurrence avait alors permis à Carrefour de racheter l'enseigne sans attendre sa décision finale. L'Autorité de la concurrence a insisté le 10 septembre sur le caractère exceptionnel de cette dérogation, qui «peut notamment être accordée dans le cas où des offres de reprise ont été présentées sur des entreprises en liquidation ou redressement judiciaire, comme c'était le cas en l'espèce». Seul bémol: l'Autorité de la concurrence a pointé «des risques d'atteinte à la concurrence» dans les zones de chalandises de magasins situés à Paris (rue de Cléry, rue de Bourgogne, rue Lecourbe et rue du Poteau), Toulouse (rue des Frères Lion, rue Paul Vidal, rue Rémusat), ainsi qu'à Levallois-Perret, Nancy et Puteaux. En réponse, Carrefour s'est engagé à céder, à un ou plusieurs concurrents, huit magasins Bio C'Bon ou Carrefour, situés dans ces zones.

Œufs : la production française devrait ralentir dès la fin de l’année (Itavi)

«Nous anticipons une modération forte de la production d’œufs qui devrait porter ses fruits fin 2021, début 2022», a révélé François Cadudal, directeur du pôle économie de l’Itavi le 10 septembre lors d'une visioconférence organisée par l'institut technique avicole. Si la production a été abondante de fin 2020 à début 2021, l’Itavi estime qu’elle devrait «se résorber». Pour preuve: «la mise en place des poulettes devrait être en recul de l’ordre de 10% jusque septembre». «Ce coup de frein s’effectue dans une optique de rééquilibrage du marché», indique l’économiste. En effet, s’il serait d’usage de se réjouir de la «très forte progression des exportations», ce n’est pas le cas pour les œufs, car l’accroissement des expéditions a été effectué au détriment du prix. Leur valorisation vers l’Allemagne, la Pologne et l’Espagne a dégringolé de 2,1€/kg au premier semestre 2020 à 0,7€/kg un an plus tard lors que les volumes expédiés ont grimpé en flèche. «Une dynamique d’export très forte est surtout un signal d’alerte fort qu’il y a un déséquilibre sur le marché français qui peut être global ou sur certains modes d’élevage», décrypte François Cadudal. La méthodologie actuelle utilisée par l’Itavi ne permet pas d’affiner davantage l’analyse par mode d’élevage.