L'info en bref
Tickets resto étudiant, castration des porcelet, présidentielle, définition de l'agriculteur actif...

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Tickets resto étudiant, castration des porcelet, présidentielle, définition de l'agriculteur actif...

Castration des porcelets : l'anesthésie générale et l'immunocastration à l'étude 

Alors que l'anesthésie locale concentrait jusque-là l'attention, l'immunocastration et l'anesthésie générale sont désormais étudiées pour répondre à l'interdiction de la castration à vif des porcelets en 2022. «Le conseil d'administration d'Inaporc (interprofession porcine, NDLR) a demandé à rouvrir le dossier de l'anesthésie générale», indique son président Thierry Meyer à Agra Presse le 7 octobre, confirmant une information de l'Association pour le bien-être porcin. Une décision réclamée par les filières du sud, précise-t-il, qui ont besoin de porcs castrés pour la fabrication de charcuterie sèche. Pratiquée dans un caisson à l'aide d'un gaz (isoflurane), cette solution été « mise de côté » dans un premier temps, faute d'autorisation de mise sur le marché pour l'isoflurane, et parce qu'elle nécessite la présence d'un vétérinaire. «Si le dossier va au bout, ce ne sera qu'à moyen ou long terme», nuance Thierry Meyer. Quant à l'immunocastration (vaccin), les charcutiers industriels de la Fict et des ONG welfaristes sont « en train de travailler d'arrache pied pour utiliser cette solution à l'avenir », d'après Bernard Vallat, président de la Fict. « On mise beaucoup d'espoir dans ce procédé, qui n'entraîne pas de mutilation et qui pourrait satisfaire certains marchés », a-t-il affirmé en conférence de presse le 7 octobre.

 

Équarrissage des porcs : le ton ne redescend pas entre la Cooperl et Inaporc 

Dans une nouvelle lettre ouverte parue dans les Echos le 7 octobre, la Cooperl réitère sa demande au ministre de l'Agriculture de ne pas étendre les cotisations volontaires obligatoires (CVO) votées par l'interprofession Inaporc pour financer le système d'équarrissage. Le numéro un français du porc a annoncé sa volonté de quitter l'association ATM (pour « animaux trouvés morts ») en 2022. Dans son courrier, la coopérative de Lamballe considère que l'extension des CVO à l'ensemble des entreprises « aurait pour effet de protéger les rentes de situation établies et d'entraver toute innovation de rupture ». Le groupe compte « valoriser sous forme de biocarburants les graisses issues des animaux qui meurent accidentellement en élevages »; son usine «sortira de terre en 2023», précise-t-il dans Ouest-France. Dans un communiqué du 6 octobre, Inaporc défend ATM, garant selon elle d'une « mutualisation au niveau national qui permet une équité entre tous les éleveurs ». « On rentre dans les discussions pour le cycle 2022-2024, précise son président Thierry Meyer à Agra Presse. Bien entendu que le volet graisses, qui a pris de l'importance ces dernières années, est pris en compte dans les négociations. »

 

Présidentielle : Yannick Jadot veut « casser le système des Safer » 

« Nous devons casser le système des Safer, et notamment renouveler ses représentants, qui poussent plutôt à la concentration qu’à l’installation de nouveaux arrivants », a estimé Yannick Jadot lors d’un échange avec Agra Presse le 8 octobre. En tant que président, « ma première mesure sera d’arrêter toute construction ou extension des élevages dans lesquels les animaux ne sont pas en plein air. Et la deuxième chose, ce sera d’arrêter avec les volailles et les truies en cage dès 2023 », a rappelé Yannick Jadot. Sur les pesticides, dont il espère engager la sortie pour 2030, « nous interdirons le glyphosate, et nous rétablirons l’interdiction des néonicotinoïdes, mais le reste ne pourra pas se faire du jour au lendemain », a reconnu l’ancien directeur des campagnes de Greenpeace. « Il faut cependant fixer un cap, et là-dessus je serai intraitable. Ce ne sera pas un cap pour rigoler comme celui d’Ecophyto. J’ai pris part aux négociations du grenelle de l’environnement, et je sais ce que la FNSEA a réussi à mettre dans la loi pour ne pas mettre en œuvre ce plan. »

 

Définition de l‘agriculteur actif : le ministre veut 67 ans maxi, l'outre-mer en suspens 

Dans le cadre de la concertation autour de la déclinaison française de la future Pac, le plan stratégique nationale (PSN), le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a choisi cet été deux conditions pour définir l'agriculteur actif, rapporte son cabinet le 7 octobre : « être en âge inférieur ou égal à 67 ans » (âge légal de départ à la retraite à taux plein) et « être adhérent à une assurance contre les accidents du travail (Atexa) », ce qui « démontre une participation effective à la vie de l'exploitation ». La définition de l'actif déterminera le droit de bénéficier ou non des aides Pac à partir de 2023. Ce dossier fait actuellement l'objet de discussions avec les Régions, et pourrait être arbitré dans le cadre d'un Conseil Etat-Régions, qui pourrait se tenir « d’ici fin octobre », sous réserve que d'autres sujets, comme le transfert des personnels gérant les aides Pac, soient également « mûrs » pour un arbitrage, indique-t-on chez Régions de France. Pour l'heure, les Régions font état de leur inquiétude concernant l'application de cette définition aux territoires d'outre-mer, où des adaptations sont selon elles nécessaires compte tenu de leur démographie particulière. Or à ce jour, l'association n'est pas « clairement rassurée que des adaptations seront possibles ».

 

Macron dévoile le plan d'investissement « France 2030 » mardi 

Après la relance, l'investissement : Emmanuel Macron dévoile le 12 octobre « France 2030 », un plan de plusieurs dizaines de milliards d'euros pour créer des champions dans les technologies d'avenir capables de rivaliser avec les géants chinois et américains.  Retardé par la crise du Covid-19, ce « plan d'investissement » a comme objectif de « bâtir la France de 2030 et de faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain qui, dans les domaines du numérique, de l'industrie verte, des biotechnologies ou encore dans l'agriculture, dessineront notre avenir », a expliqué Emmanuel Macron en juillet. Depuis, le projet s'est affiné et le chef de l'Etat annoncera « un chiffrage clair, précis et daté dans le temps» de son montant, indique son entourage. Il devrait concerner une trentaine de milliards d'euros sur cinq ans, selon les estimations. Dans un contexte de forte reprise économique après la récession historique de 2020 engendrée par la crise sanitaire, « c'est le moment de préparer la France aux succès économiques des vingt ou trente prochaines années », a défendu le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors de la présentation du projet de budget 2022. Alors qu'en matière d'innovation les nouveaux acteurs sont parfois plus performants que les entreprises installées, Emmanuel Macron souhaite que « France 2030 » permette de «r éconcilier cette France des start-up et cette France de l'industrie ».

 

Foncier : à Paris, une « marche des terres » contre l'artificialisation 

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées le 9 octobre devant l'Hôtel de ville de Paris pour dénoncer « l'urbanisation massive » de l'Ile-de-France, conclusion de plusieurs « marches des terres » parties la veille des quatre coins de la région. « Sauvons Grignon du béton », « Plateau fertile, Saclay en péril »... les manifestants ont dénoncé la pression immobilière et les projets d'aménagement comme le Grand Paris Express qui grignotent des parcelles fertiles autour de la capitale, à leurs yeux indispensables à la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. « L'idée, c'est de faire prendre conscience aux gens qu'il y a des terres à préserver pour l'écologie de l'Ile-de-France », a expliqué Claire Bertrand, agricultrice bio en Seine-et-Marne, « ces terres servent à nourrir la population de Paris. » « On a envie de préserver ce qu'on a, de pas avoir de béton » pour « le stockage du carbone, la diversité des espèces cultivées, le refuge des animaux...», a-t-elle poursuivi. Au côté des nombreux collectifs organisateurs, quelques élus étaient présents, dont la députée LFI Mathilde Panot ou l'élue régionale écologiste Ghislaine Senée. Le 8 octobre, les manifestants s'étaient élancés de quatre points de contestation - Triangle de Gonesse (Val-d'Oise), Val Bréon (Seine-et-Marne), plateau deSaclay (Essonne) et Thoiry (Yvelines) - pour rallier la capitale.

 

Lait : feu vert de l’Autorité de la concurrence pour le rachat de Yoplait par Sodiaal 

L’Autorité de la concurrence annonce dans un communiqué le 8 octobre autoriser le rachat de Yoplait (hors Amérique du Nord) par Sodiaal sans conditions. Après étude du dossier, l’Autorité a écarté « tout risque d’atteinte à la concurrence » du fait « d’un chevauchement d’activité limité sur certains marchés de la transformation et de la commercialisation de produits laitiers » ainsi que de la présence de « concurrents puissants » tel que Lactalis ou Laïta. Cette concurrence permet également, selon l’Autorité, d’exclure « tout risque d’effets congloméraux» qui auraient pu survenir si ce rachat avait permis à la «nouvelle entité d’étendre ou de renforcer sa présence sur des marchés différents de ceux sur lesquels elle exerce mais dont la connexité peut lui permettre d’accroître son pouvoir de marché », (ventes liées par exemple). Enfin, de possibles « effets verticaux » permettant à la nouvelle « entité d’évincer les concurrents ou de les pénaliser par une augmentation des coûts » sont également exclus. L’autorité a en effet « écarté l’éventualité d’une éviction des concurrents de Yoplait qui s’approvisionnent aujourd’hui auprès de Sodiaal en lait de vache, notamment compte tenu du fait que ces relations d’approvisionnement sont encadrées par des contrats de longue durée ».

 

Aide alimentaire : feu vert de l’Assemblée pour le ticket resto étudiant 

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le 7 octobre (par 34 voix pour, 14 contre et 7 abstentions) la proposition de loi (PPL) visant à créer un ticket restaurant étudiant. Pour être raccord avec les changements opérés en commission des affaires culturelles et de l’éducation, l’Hémicycle a rebaptisé cette PPL qui vise dorénavant « à favoriser l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré ». Le 28 septembre, la commission avait décidé qu’il était plus opportun de créer une « aide financière » pour les étudiants plutôt qu’un ticket resto’. Cette aide, dont les modalités d’attribution sont à définir par le Conseil d’État, pourrait prendre la forme de « bons d’achats alimentaires ou de titres-restaurants ». Dans une interview à la chaîne LCP le 28 septembre, en amont de l’examen en commission, Anne-Laure Blin indiquait vouloir un dispositif « concret et pragmatique ». L’étudiant « achèterait son repas à 3,30 € (ndlr. le “tarif social” pratiqué pour les non-boursiers dans les restaurants universitaires), l’État compléterait de moitié, ce qui permettrait d’avoir un ticket-restaurant à 6,60 € », détaillait la députée.