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Présidence française de l'UE, biodiversité, Inde...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Présidence française de l'UE, biodiversité, Inde...

Présidence française de l’UE : Macron défendra une "sortie accéléré" des pesticides

"Je veux que la présidence française de l’Union européenne porte une initiative forte de sortie accélérée des pesticides", a annoncé Emmanuel Macron en inaugurant le congrès mondial de l’UICN à Marseille le 3 septembre. "Ce n’est qu’au niveau européen que nous y arriverons", a poursuivi le président, soulignant la nécessité de développer la recherche tout en soutenant les agriculteurs. Les aides du Plan de relance, a annoncé le président, seront donc complétées "dans le cadre de France 2030 par un plan massif d’investissement pour accompagner nos agriculteurs". Aucun changement de ligne sur les pesticides, rassure-t-on cependant dans l’entourage du président comme au cabinet du ministre de l’agriculture. Comme le résume Julien Denormandie auprès d’Agra Presse: "Si nous voulons avancer rapidement dans les transitions, il faut évidemment un accompagnement, comme nous le faisons avec le plan de relance et France 2030. Et ce que dit aussi le président, c’est qu’il faut absolument porter ces sujets au niveau européen, au risque de nous exposer à une concurrence déloyale". Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, confie avoir été surprise par le terme de «sortie» employé par le président: "Emmanuel Macron est le premier président à parler de cette façon. Mais c’est aussi le premier à nous avoir dit qu’il interdirait le glyphosate, pour revenir en arrière trois ans plus tard".

"L’agriculture sera l’un des piliers de France 2030" (Julien Denormandie)

Au-delà des annonces sur les pesticides, Julien Denormandie salue la place qui sera réservée à l’agriculture dans le futur plan France 2030, la stratégie d’investissement qui devrait être annoncée par le gouvernement à l’automne pour la prochaine décennie. "Le président a annoncé que l’agriculture ferait partie des piliers de France 2030, et c’est un message fort. L’agriculture sera l’un des atouts de notre pays pour la prochaine décennie", se réjouit le ministre de l’Agriculture auprès d’Agra Presse. Pesticides, engrais: "si l'on veut que la transition soit rapide, elle nécessite des investissements, et c’est ce que nous faisons", appuie Julien Denormandie. Pour l’heure, aucun montant, ni aucun secteur prioritaire n’ont été dévoilés. "Le but, ce n’est pas d’avoir un nouvel abondement des crédits du plan de relance", précise-t-on toutefois au sein du cabinet du ministre. Selon Christiane Lambert, la FNSEA serait elle aussi au travail sur le sujet. "Nous réfléchissons déjà à ce que nous allons proposer. Aide à la décision, capteurs, robots: il y a encore de nombreux outils nous avons besoin et qui n’existent pas encore".

"Atteindre 30% d’aires protégées nécessitera de discuter avec les agriculteurs" (UICN)

Alors que plusieurs états, dont la France, proposent de rehausser l’objectif international de surface d’aires protégées de 17 à 30 %, Bruno Oberle, directeur général de l’UICN, estime auprès d’Agra Presse que cette ambition "nécessitera de lancer une discussion avec les agriculteurs". "Nous pouvions atteindre la cible actuelle d’Aïchi de 17% sans toucher aux terres agricoles, et beaucoup de pays l’ont fait. Mais atteindre 30% supposera qu’une partie de ces surfaces soit agricoles", estime le directeur général. Il s’agira donc pour lui de "discuter avec les agriculteurs pour déterminer les pratiques qui seront acceptées dans ces surfaces, qui deviendront des aires protégées capables de produire également de la nourriture". Comme il le rappelle, "les preuves scientifiques montrent que l’agriculture pourrait être directement ou indirectement responsable de 80% de la perte de biodiversité", en raison des épandages de pesticides et des utilisations d’engrais. Espérant cependant resserrer les liens entre défenseurs de la nature et agriculteurs, les deux communautés doivent donc selon lui demander "aux industriels qui fournissent les intrants, et à ceux de la transformation, de soutenir les pratiques agricoles durables".

Biodiversité : pas de baisse d'effectif des opérateurs publics en 2022 (ministère)

Barbara Pompili et la secrétaire d’État à la biodiversité Bérangère Abba ont confirmé ce 3 septembre par un communiqué que les effectifs des opérateurs de l’eau et de la biodiversité, dont les agences de l’eau, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et les parcs naturels ne subiront pas de baisse d'effectif en 2022. Alors qu’une nouvelle baisse de 40 équivalents temps plein travaillé (ETPT) était attendue après une diminution de 20 ETP en 2020, l’Office Français de la Biodiversité verra son effectif total maintenu à 2638 ETPT par le projet de loi de finances pour 2022. Pour les agences de l’eau, le gouvernement met également "fin à une diminution historique qui était de l’ordre de 2,5% par an", en maintenant les effectifs à 1497 ETPT. En plus de l’augmentation de 40 agents annoncée au début de l’année, les parcs nationaux pourront compter de leur côté sur 20 ETPT supplémentaires. Dans le communiqué du ministère, Bérangère Abba souligne un "geste fort" en faveur des établissements publics de l’environnement, qui "vient illustrer la volonté du gouvernement de disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre des politiques de l’eau et de la biodiversité".

Inde : des dizaines de milliers d'agriculteurs manifestent près de New Delhi

Des dizaines de milliers d'agriculteurs indiens se sont rassemblés le 4 septembre près de la capitale indienne New Delhi, réclamant l'abrogation des nouvelles lois agricoles qui selon eux menacent les petits producteurs. "Fermiers, ouvriers, c'est l'unité !", chantaient les manifestants, portant des foulards verts et jaunes, symboles de la récolte et des champs de moutarde, et agitant des drapeaux de l'Inde et des syndicats des agriculteurs. Les manifestants, rassemblés à Muzaffarnagar, dans l'Etat d'Uttar Pradesh (nord-est), étaient quelque 50.000, selon un photographe de l'AFP sur place. Depuis la fin novembre, ces agriculteurs campent sur les routes menant à New Delhi, un mouvement qui constitue l'un des plus grands défis auxquels fait face le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Ils ont réaffirmé une nouvelle fois leur volonté de poursuivre leurs manifestations jusqu'à ce que le gouvernement révoque les nouvelles lois agricoles, appelant à une grève nationale le 27 septembre. Plusieurs tentatives de négociation ont échoué et le bras de fer se poursuit. Les réformes votées en septembre 2020 autorisent les agriculteurs à vendre leurs productions aux acheteurs de leur choix, plutôt que de se tourner exclusivement vers les marchés contrôlés par l'État qui leur assurent un prix de soutien minimal (PSM) pour certaines denrées.