L'info en bref
Phytos, prix des fruits et légumes, énergie...

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Phytos, prix des fruits et légumes, énergie...

Phytos : les tonnages vendus en France ont grimpé de 23 % sur un an

En 2020, environ 44000 tonnes de produits phytosanitaires (hors produits utilisables en agriculture biologique et produits de bio contrôle) ont été vendues en France, selon des données provisoires publiées par Matignon le 30 juillet et diffusées par l’AFP. Le chiffre marque une augmentation de 23% par rapport à 2019, mais demeure 20% en dessous de la moyenne 2012-2017, souligne l’exécutif, qui invite à regarder la tendance globale, plutôt que l’évolution d’une année sur l’autre. Les ventes de glyphosate auraient elle aussi bondi de 42 % sur un an, en raison de l’anticipation d’une hausse des cours par les producteurs. La «tendance structurelle» à la baisse sera plus visible, selon le gouvernement, dans les deux ans qui viennent sous l’effet des restrictions, des aides pour investir dans du matériel plus performant ou encore du crédit d’impôt sortie du glyphosate. «Le gouvernement ne communique ainsi que sur des quantités de substances actives (QSA) alors que l’indicateur de référence du plan Ecophyto est le Nodu», souligne l’association Générations futures dans un communiqué daté du même jour. Alors que la quantité de glyphosate vendue en 2020 est «similaire» selon l’association aux années 2015 à 2017, la sortie du glyphosate n’était donc pour elle «pas entamée en 2020».

Fruits et légumes : les prix redescendent à un niveau pré-pandémie (Familles rurales)

A l'exception des cerises, rares sur les étals à cause du gel, la plupart des fruits et légumes vendus en France sont revenus à des niveaux proches d'avant la pandémie, calcule l'association Familles rurales dans son observatoire annuel, publié le 1er août. «Après une année 2020, record en termes de prix, la plupart des produits de notre panier retrouvent des valeurs proches de celles relevées en 2019», rapporte l'association. «Hors cerises, les prix ont globalement baissé de 8% entre juin 2020 et juin 2021 (-4% pour les fruits et -11,5% pour les légumes)», selon Familles rurales. Dans le détail, les prix des fruits bio ont globalement baissé de 5%, ceux en conventionnel de 3%. Les abricots - qui ont aussi souffert du gel - et les pommes connaissent une hausse marquée en conventionnel (respectivement +18% et +9%). A l'inverse, le melon recule de 21%. Quant aux légumes, les bio ont baissé de 5%, les conventionnels de 18%. Familles rurales a réalisé 111 relevés de prix du 15 au 30 juin dans des hypermarchés, supermarchés, magasins type hard discount et enseignes bio, via une équipe de 83 "veilleurs consommation" dans 38 départements. Son calcul est basé sur un panier de huit fruits et dix légumes.

Énergie : encore des gisements exploitables issus d'effluents et de résidus de cultures

L'ambition de la France de mobiliser la biomasse pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 «passera nécessairement par une augmentation de la production de biomasse», notamment forestière. Mais avant d’attaquer ce gisement forestier, France stratégie, institution autonome placée auprès du Premier ministre, recommande la mobilisation de gisements de biomasse agricole, comme les effluents d’élevage et les résidus de cultures. Dans une étude publiée le 29 juillet, France stratégie indique que la mobilisation des effluents «est encore limitée». Pourtant, ils présentent le gisement le plus important, avec un volume supplémentaire de 130 millions de tonnes de matière brute, de l’ordre de 25 à 30 Mt de matière sèche, encore disponible. De plus, pour couvrir les besoins en biomasse projetés à long terme, il sera nécessaire de recourir massivement aux résidus de cultures, aux surplus d’herbes et aux cultures intermédiaires ne nécessitant pas de nouvelles surfaces spécifiques et récoltables sur un minimum de 15 Mha (plus de 50 % de la SAU estimée en 2050). L’adoption de cultures intermédiaires sur l’ensemble du territoire peut assurer plusieurs services environnementaux, notamment en termes de séquestration de carbone et d’azote.