Côte-rôtie et condrieu
L'heure des réjouissances

Emmanuelle Perrussel
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Les vignerons des appellations côte-rôtie et condrieu sont en train de récolter un millésime 2020 qui sera très qualitatif, comme en témoigne Guillaume Clusel, vigneron à Ampuis.

 

L'heure des réjouissances

Du côté d’Ampuis, Guillaume Clusel et ses parents Brigitte Roch et Gilbert Clusel produisent des vins en appellations côte-rôtie, condrieu, coteaux-du-lyonnais (à Millery), côtes-du-rhone et vin de France sur 20 ha. Pour eux la récolte a démarré le 13 août par les coteaux-du-lyonnais. Les appellations condrieu et côte-rôtie ont suivi dès les 18 août. « L’an dernier, on avait donné le coup d’envoi le 4 septembre, on a une quinzaine de jours d’avance par rapport à 2019. Cette saison a également été marquée par la sécheresse : à date du 28 août, on atteint 250 mm, sur Ampuis, ce qui est très peu, avec normalement autour de 750 mm par an, on devrait plutôt approcher les 450 à 500 mm à cette période de l’année… Heureusement les vignes n’ont pas trop souffert de stress hydrique et la pression sanitaire a été plus que modérée », détaille Guillaume.

Très belle qualité

En termes de rendement, « il se situe dans la moyenne des dix dernières années et devrait être proche de 35 hl/ha, que ce soit en côte-rôtie, condrieu ou saint-joseph. Quant à la qualité, elle est très intéressante. Depuis cinq ans, on vendange de très beaux millésimes et ça continue ! », se réjouit le viticulteur.

De bonnes habitudes prises en côte-rôtie et condrieu, qui l’étaient bien moins pour les vins des coteaux-du-lyonnais. « Je suis content de ma récolte 2020 après un millésime 2018 gâché par la grêle et un 2019 impacté par le gel. C’est appréciable d’avoir les cuves enfin pleines (40 hl/ha en moyenne). Il ne me reste plus que les aligotés à vendanger (le 28 août, NDLR) », ajoute Guillaume.

Cette année restera également dans les esprits car marquée par le contexte sanitaire et le confinement. « De mi-mars à mi-mai, nous n’avons vendu aucune bouteille, les ventes avaient été en revanche très bonnes entre septembre 2019 et mars 2020, donc le bilan de l’année ne sera pas mauvais. Concernant les travaux en vert, j’ai pris la décision de faire appel à moins de main-d’œuvre pendant le confinement, nous avons mis la priorité sur les belles parcelles », note Guillaume. Et concernant le recrutement de la main-d’œuvre pour les vendanges, leur précocité a eu de bons côtés puisqu’environ un tiers des vendangeurs sont des étudiants et essentiellement de la main-d’œuvre locale. En plus du respect des gestes barrières, il a fallu un peu réaménager le temps de travail : pas de repas de midi mais un casse-croûte en extérieur.