SDAE
Des vacances bien méritées

Simon Alves
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À quoi ressemblent les vacances des anciens exploitants ? Deux membres de la section départementale apportent leurs témoignages sur le sujet et en profitent pour aborder d’autres thèmes, notamment celui des retraites.

Des vacances bien méritées

Les agriculteurs apprécient comme tout le monde de s’offrir quelques jours de repos, hors de leur exploitation. C’est ce que confirme Alain Jury, ancien éleveur caprin sur la commune des Haies et membre du bureau de la section départementale des anciens exploitants de la FDSEA (SDAE). Celui qui été président du syndicat caprin pendant de nombreuses années et qui a oeuvré à l’obtention de l’AOP rigotte-de-condrieu dans les années 1990 pointe cependant la difficulté à se libérer de l’exploitation lorsque l’on est en activité et le manque de moyens financiers, du fait de revenus trop souvent peu élevés. « Avec mon épouse et nos enfants, nous avions pour habitude de nous accorder quelques jours en fin d’année, lorsque les chèvres étaient gestation. On partait soit à la mer, à l’océan ou à la montagne, en fonction de nos envies. Grâce au groupement d’employeurs dont nous faisions partie, nous avions un salarié qui pouvait assurer le travail pendant notre absence, en accord avec les autres employeurs avec qui nous nous entendions très bien », se souvient Alain Jury.

À Marchampt, Joël Longefay (72 ans) et son épouse ont aussi beaucoup voyagé, et pas uniquement en France, Allemagne, Autriche. « Nous étions jeunes donc nous n’hésitions pas à franchir la frontière. L’hiver, on se rendait dans une station de ski pendant une semaine. On prenait aussi une semaine de vacances en période creuse, au printemps, voire une semaine avant les vendanges, quand celles-ci étaient au mois de septembre, pas comme ces dernières années… »

Depuis que l’heure de la retraite a sonné, Alain Jury l’assure : « on parvient à prendre plus de vacances ! Mais nous n’avons plus les mêmes moyens qu’en activité car nos retraites sont basses et ces derniers mois, la crise sanitaire nous a obligés à rester chez nous. Ce que l’on aime, nous, c’est découvrir de nouvelles régions, j’en ai vu pas mal lorsque je faisais partie de la commission de l’Inao, nous étions amenés à nous déplacer souvent. C’est toujours un plaisir de voir d’autres paysages et de goûter les spécialités locales. J’aimerais que plus de retraités puissent partir de chez eux et profiter de ces moments-là », poursuit l’ancien éleveur. Pour Joël Longefay, « avec l’âge », la motivation est retombée mais la soif de découverte reste intacte. « On continue de partir en vacances, avec des amis souvent. Mais on aspire aussi à plus de tranquillité et de calme. » 

« On découvre de belles régions »

Pour ceux qui apprécient les voyages organisés, la section des anciens exploitants permet à ses membres de s’échapper de leur quotidien une fois par an pendant quelques jours. Des sorties à la journée sont par ailleurs prévues tout au long de l’année, lorsque la situation sanitaire le permet. « Avec la section, nous avons déjà fait de belles sorties, sur la semaine, au Pays Basque et dans le golf du Morbihan par exemple, ou bien sur une journée, au marché de Saint-Christophe-en-Brionnais en Saône-et-Loire et chez l’entreprise Valrhona dans la Drôme. Ces sorties collectives sont de bons moments de retrouvaille. On découvre de belles régions et le patrimoine local. On en profite aussi pour visiter des exploitations agricoles, en lien avec le syndicat local du département », rapporte l’ancien exploitant de Marchampt.

Le prochain voyage de la SDAE est espéré pour 2022, probablement dans le Sud de la France, là où les inscrits devaient se rendre initialement cette année.
« Pour ce voyage groupé, on fait appel à une agence de voyage qui nous propose des destinations et un programme d’animations et de visites. On choisit en fonction des idées et surtout des budgets pour que ça puisse arranger le maximum de personnes ».
La section propose beaucoup d’activités, « c’est une chance pour les retraités (voir notre édition précédente). Heureusement que nos ainés ont défendu les retraites mais il reste encore beaucoup à faire », conclut Alain Jury.