L'info en bref
Energies renouvelables, label bas-carbone, fromage, lait de chèvre

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Energies renouvelables, label bas-carbone, fromage, lait de chèvre

Energies renouvelables : Jean Castex veut accélérer, notamment sur le solaire

Le Premier ministre Jean Castex a présenté le 28 août des appels d'offres destinés à amplifier le développement des énergies renouvelables, principalement le solaire, insistant lors d'un déplacement à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) sur sa volonté d'être «à la hauteur du défi climatique». Il faut «accélérer la transition écologique» et avancer dans le «développement massif des énergies renouvelables», a-t-il déclaré, d'après l'AFP. « Le gouvernement lance sept nouveaux appels d'offres pour amplifier ce développement. Les premières périodes de candidature ouvriront dès octobre prochain », a déclaré M. Castex. « Au cours des cinq prochaines années, plus de 25 milliards d'euros d'investissements vont être ainsi réalisés dans les énergies renouvelables, permettant de soutenir plus de 25 gigawatts de nouvelles capacités de production solaire, éolienne terrestre et hydroélectrique », a-t-il poursuivi, soit « près de 10 % de notre consommation d'électricité ». « J'invite donc l'ensemble des filières d'énergies renouvelables à se mobiliser dès aujourd'hui pour échanger avec les acteurs locaux et nous proposer des projets de qualité », a souhaité le chef du gouvernement, expliquant que « deux tiers » des investissements concernés « seront réalisés sur l'énergie solaire, qui constitue l'axe prioritaire de notre stratégie en matière d'énergie renouvelable électrique ».

Négociations commerciales : M. Leclerc veut « castagner les multinationales »

S'avouant « étonné » que des industriels annoncent des tarifs en hausse avant le début des négociations commerciales annuelles (qui démarrent à l'automne), Michel-Edouard Leclerc a promis, le 27 août sur BFMTV, de «castagner les multinationales». Dénonçant une « spéculation sur un manque de disponibilité du blé et du maïs », il affirme avoir donné la consigne de « ne pas laisser passer les hausses spéculatives ». Le patron du premier distributeur français évoque des demandes de hausses de 10 % sur le sucre raffiné, 23 % sur les pâtes et « entre 9 et 15 % » pour la charcuterie. « Les gens qui osent dire qu'ils vont être plus chers, ce sont des gens qui ont spéculé», insiste-t-il. Toutefois, «il y a de vrais sujets» justifiant certaines hausses de prix, nuance le patron de Leclerc, citant «l'inflation sur les matières premières», les sécheresses, ou encore le gel printanier qui a réduit la production de fruits. « Je suis d'accord avec [le ministre de l'Agriculture] Julien Denormandie, avec les députés qui ont fait la loi Egalim 2 pour garantir un revenu aux producteurs français, souligne le patron de Leclerc. Nos acheteurs feront cette part-là. »

L'ONU lance un appel aux donateurs pour aider l'Afghanistan face à la sécheresse

L'ONU a lancé le 28 août un appel pressant aux donateurs pour aider les agriculteurs afghans à lutter contre la sécheresse qui menace les moyens de subsistance de sept millions de personnes, rapporte l'AFP. La sécheresse, la pandémie de Covid-19 et le déplacement de populations provoqué par l'offensive des talibans, qui ont pris le contrôle du pays, « ont durement frappé les communautés rurales de l'Afghanistan, en particulier ses cultivateurs et éleveurs », s'alarme dans un communiqué l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Pas moins de 14 millions d'Afghans, dont deux millions d'enfants, souffrent actuellement d'insécurité alimentaire aiguë, soit un Afghan sur trois (lire l'Agrafil daté du 24 août). Trois millions de bêtes sont menacées. « Si nous ne portons pas assistance aux personnes les plus affectées par la sécheresse sévère, nombre d'entre elles devront abandonner leurs fermes et seront déplacées», a prévenu le directeur général de la FAO, Qu Dongyu. « Cela risque d'aggraver l'insécurité alimentaire et menace encore un peu plus la stabilité de l'Afghanistan. » La FAO demande 18 millions de dollars (environ 15 millions d'euros) pour financer l'achat de graines de blé avant les semis en septembre, dont dépendent 250 000 cultivateurs et leurs familles, soit 1,5 million de personnes, alors que le rendement des récoltes en cours devrait être de 20 % inférieur à celui de 2020.

Label bas-carbone : le ministère de la Transition publie quatre nouvelles méthodes

Dans la suite des annonces de Barbara Pompili le 26 août, le ministère de la Transition écologique a publié au Bulletin officiel trois nouvelles méthodes agricoles dans le cadre du label bas-carbone. Très attendue par la profession, la méthode grandes cultures développée par Arvalis et ses partenaires permettra de générer des crédits carbone grâce aux réductions d’émission liées aux baisses d’utilisation d’engrais et de combustible, ou à l’augmentation du stockage dans les sols par la mise en place de couverts et l’allongement de prairies temporaires. Comme dans les autres méthodes, les porteurs de projet devront prouver la nécessité d’un soutien complémentaire par rapport aux aides du premier pilier et aux financements privés. Comme le détaille l'institut, sa méthode est complémentaire de Carbon Agri, dédiée à la polyculture-élevage, mais également de celle nouvellement approuvée de Bleu-Blanc-Coeur sur les rations et la proportion de légumineuses dans les exploitations. Elle est en revanche indépendante des méthodes haies et méthanisation (à paraître). Le ministère a également approuvé une troisième méthode en grandes cultures, qui s’appliquera plus spécifiquement aux réductions d’intrants, celle du fabricant d’amendements Sobac. Une quatrième méthode dédiée aux rénovations de bâtiment concernera plus indirectement le monde agricole, en encourageant le recours aux matériaux biosourcés.

Fromages : feu vert de Bruxelles au rachat de Leerdammer par Lactalis

La Commission européenne a donné son feu vert, le 27 août, à l’acquisition du néerlandais Leerdammer par Lactalis. Selon les services de la concurrence de Bruxelles, les activités des deux entreprises se chevauchent principalement au niveau de la production et de la distribution de fromages, mais « la concentration envisagée ne soulèverait pas de problème de concurrence, compte tenu de la nature spécifique des produits Leerdammer et de la présence de nombreux concurrents crédibles et bien établis sur le segment des fromages à pâte pressée à trous ». Le rachat de Leerdammer, ainsi que des filiales italienne, allemande et ukrainienne de Bel, par le groupe français avait été annoncée au mois de mars pour un montant évalué autour de 600 millions d’euros, permettant à Lactalis de détenir 23,16 % de Sicopa (filiale de Bel) et 0,90 % du capital de Bel.

Lait de chèvre : extension de l'accord sur la contractualisation obligatoire (JO)

Un arrêté paru au Journal officiel le 20 août étend, jusqu'au 30 juin 2026, l'accord conclu au sein de l'Anicap (interprofession du lait de chèvre) le 3 mars 2021, qui rend la contractualisation obligatoire. Il s'applique désormais à l'ensemble des «producteurs de lait cru de chèvre», « opérateurs collectant du lait de chèvre » et « transformateurs de lait de chèvre ». Principal changement par rapport à l'accord précédent, conclu en mai 2017 : conformément à la loi Egalim, il revient aux éleveurs ou à leurs organisations de producteurs de proposer un contrat - et non aux acheteurs comme auparavant. L'accord de 2017 avait été signé juste avant les Etats généraux de l'alimentation, et avait donc été rendu caduc par la loi Egalim qui en est issue. Selon les termes du nouvel accord, les contrats doivent comporter au moins les clauses suivantes: modalités de détermination et de révision du prix (sur la base d'indicateurs de coût de production et de marché) ; volumes ; modalités de collecte ; durée ; facturation; révision. Particularité de la filière caprine : s'y ajoute une clause de sauvegarde, qui permet de rouvrir des négociations en cas de «graves difficultés susceptibles de concerner l'acheteur et/ou le producteur, objectivées par des résultats d'une conjonction d'indicateurs ».

Jean-Louis Buër nommé directeur général de l’AGPB

L’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a nommé Jean-Louis Buër au poste de directeur général. Il succède à Jean-Marc Bournigal. Sa prise de fonction est fixée au 1er septembre, a-t-on appris le 27 août auprès du syndicat. Jean-Louis Buër a occupé différents postes au ministère de l'Agriculture, dernièrement celui de président de la mission d'inspection générale et d'audit. Ex-d.g. de l’Inao entre 2009 et 2012, il a aussi été conseiller agricole à l’ambassade de France en Pologne, en Russie.