COVID-19
Semi-déconfinement à partir du 11 mai, en attendant le 2 juin

Sébastien Duperay
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Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté ce mardi 28 avril, devant l’Assemblée nationale et une partie de ses députés, le plan de déconfinement et les règles de vie qui seront appliquées à partir du 11 mai.

Semi-déconfinement à partir du 11 mai, en attendant le 2 juin

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté ce mardi, à l’Assemblée nationale, le plan qui nous permettra de sortir du confinement décrété dans tout le pays depuis mi-mars pour lutter contre l’épidémie de Coronavirus. Il faudra d’abord apprendre à vivre avec ce virus et à s’en protéger, a-t-il averti. La stratégie nationale de déconfinement sera progressive et adaptée aux circonstances locales, a-t-il ajouté. Le Premier ministre s’entretiendra à ce sujet avec les associations d’élus locaux et les préfets dès ce mercredi par visioconférence.

Protéger, tester, isoler

"Protéger, tester, isoler" sont les trois grands principes de la stratégie nationale de sortie du confinement, qui se déroulera par phase, la première ira du 11 mai au 2 juin, et sera suivie d’une deuxième phase, du 2 juin au début de l’été. Cette progressivité, avec une clause de revoyure toutes les trois semaines, sera conditionnée à des indicateurs sur la circulation du virus, pour éviter une deuxième vague épidémique qui serait terrible et obligerait à un nouveau confinement général obligatoire. Le 7 mai, le gouvernement présentera un état des lieux, département par département, sous forme de carte colorée de rouge et de vert, pour décider qui pourra sortir et sous quelles conditions.

La surveillance étant la condition de réussite du déconfinement, 700 000 tests virologiques seront réalisés par semaine à partir du 11 mai et tout testé positif sera isolé, a ainsi annoncé Edouard Philippe. Ces tests seront d’ailleurs pris "à 100 % en charge" par l’Assurance maladie. Celui-ci promet également "un débat spécifique sur le traçage" qui pourra être mis en place par la suite.

Les règles qui seront appliquées pour la reprise de la vie économique et sociale pourront donc être révisées, et les activités retardées, si les indicateurs de surveillance ne sont pas au rendez-vous, a insisté le Premier ministre, en mettant en garde contre la tentation du "relâchement".

Réouverture des écoles

A partir du 11 mai, les écoles maternelles et primaires rouvriront de manière "très progressive", a annoncé Edouard Philippe, "partout sur le territoire et sur la base du volontariat". Le 18 mai : réouverture des collèges, en priorité pour les classes de sixième et cinquième et seulement dans les départements où "la circulation du virus est très faible". La décision sera prise fin mai concernant les lycées, avec une priorité pour les lycées professionnels. Les conditions de réouverture énoncées par le chef du gouvernement sont les suivantes : 15 élèves maximum par classe, mise en place des gestes barrières, port du masque pour les enseignants et les encadrants lorsque les règles de distanciation ne peuvent pas être respectées, mise à disposition de masques pédiatriques pour les cas particuliers. Le port du masque sera en revanche obligatoire pour les collégiens.

Réouverture des entreprises

Mardi, le Premier ministre a appelé les entreprises à maintenir le télétravail "partout où c’est possible", et, si celui-ci n’est pas possible, à mettre en place des horaires décalés. En tout cas, Edouard Philippe a confirmé que les entreprises et les commerces pourront rouvrir à partir du 11 mai. En revanche, concernant les restaurants, cafés, hôtels, théâtres, cinémas, salles de spectacle…, la décision sera prise fin mai pour savoir s’ils pourront ou non rouvrir à partir du 2 juin. Les centres commerciaux de plus de 40 000 m² resteront également fermés.

Edouard Philippe rencontrera ce jeudi les partenaires sociaux, pour discuter, entre autres, des conditions de reprise et des dispositifs d’accompagnement pour les entreprises.

Les commerces, hors cafés et restaurants, devront mettre en place des protocoles de gestion des flux, afin de respecter les règles de distanciation sociales et protéger leurs personnels. "Le port du masque grand public est recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties", a-t-il précisé.

Quant aux marchés, "pour lesquels l’interdiction est aujourd’hui la règle et l’autorisation l’exception, [ils] seront en général autorisés, sauf si les maires ou les préfets estiment qu’ils ne peuvent être organisés dans des conditions qui permettent de respecter les gestes barrières et la distanciation physique". Le ministre de l’Agriculture estimait, le 23 avril, à 40 % le nombre de marchés déjà rouverts.

Vie sociale et transports

Les mesures concernant les transports seront les plus difficiles à appliquer, a déjà averti le chef du gouvernement. "Les trois semaines à venir seront difficiles et nous devrons rester vigilants", a-t-il alerté. Le port du masque sera en tout cas obligatoire dans les transports. La circulation des transports collectifs aux heures de pointe pourra être réservée à "ceux qui travaillent" ; la règle d’un siège condamné sur deux pourra s’appliquer ; des marquages au sol pourront être mis en place… La circulation entre départements et régions sera réduite et les déplacements interrégionaux, au-delà de 100 km, autorisés seulement pour des "motifs impérieux", d’ordre familial ou professionnel, et munis d’une attestation. "Ce n'est pas le moment de quitter son département pour partir en week-end", a prévenu Edouard Philippe. En revanche, l’attestation ne sera plus obligatoire pour les trajets de proximité et jusqu’à 100 km autour du domicile.

Côté vie sociale et loisirs, à partir du 11 mai, les possibilités seront limitées. Les plages resteront fermées, les cérémonies religieuses sont toujours interdites, les cinémas et salles de spectacle seront encore clos. Les rassemblements seront autorisés, dans la limite de dix personnes. Des assouplissements pourront être possibles à partir du 2 juin, sous réserve que les indicateurs l’autorisent. La saison de sport professionnel est, quant à elle, terminée.

Sébastien Duperay

Le nombre de masques sera suffisant, assure E. Philippe

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a assuré, mardi 28 avril, lors de la présentation de son plan de déconfinement, qu’il y aurait assez de masques dans le pays "pour faire face aux besoins à partir du 11 mai". "Nous recevons près de 100 millions de masques chirurgicaux par semaine désormais et nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavables à compter du mois de mai", a notamment indiqué le chef du gouvernement aux parlementaires. "Nous incitons l’ensemble des acteurs à se procurer des masques", a-t-il ajouté, désignant les entreprises et les collectivités, "certaines n’ayant pas attendu que nous les incitions", a-t-il tempéré. "Nous soutiendrons financièrement les collectivités locales qui achètent à compter de ce jour des masques grand public en prenant en charge 50 % du coût des masques dans les limites d'un coût de référence", a annoncé le Premier ministre. La distribution et la répartition des masques fera l’objet d’un suivi, a garanti le chef du gouvernement.

SD