Arboriculture
Le gel a frappé aussi la production européenne de pêches

David Duvernay
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Les mêmes causes ont hélas produit les mêmes effets. A l’occasion de la troisième et dernière session des Mardis de Medfel, les prévisions européennes de production de pêches, nectarines, pêches plates et pavies ont été dévoilées. Avec 2,4 millions de tonnes, 2021 s’annonce comme la plus faible récolte des trente dernières années à l’échelle européenne et ce déficit n’a épargné́ aucun pays, aucun bassin de production.

Le gel a frappé aussi la production européenne de pêches

Pour les pêches, pêches plates, et nectarines, la récolte 2021 (1,9 million de tonnes) est inférieure de 18 % à celle de l’année dernière qui était déjà̀ une année remarquable pour son déficit de production et inférieure de 37 % par rapport à la moyenne 2015/2019. En pavies, la prévision s’établit à 544 000 tonnes soit 15 % de moins qu’en 2020 et 14 % de moins que la moyenne 2015/2019. Avec 160 000 tonnes de pêches et de nectarines prévues, la production grecque sera inférieure de 45 % à celle de l’année dernière et de 47 % à la moyenne 2015/2019. Pour les pavies qui sont une part importante du potentiel grec, le déficit est similaire avec 200 000 tonnes prévues soit - 50 % par rapport à 2020 et - 46 % par rapport à la moyenne 2015/2019.

La production espagnole est aussi en recul. Ce déficit est dû à une baisse généralisée dans toutes les zones de production et on devrait atteindre près de 930 000 tonnes de pêches rondes, plates et de nectarines soit moins 13 % par rapport à 2020 et moins 25 % par rapport à la moyenne 2015/2019. Pour les pavies, la production devrait se situer autour de 285 000 tonnes soit une baisse de 3 % par rapport à 2021 et de 4 % par rapport à la moyenne 2015/2019. La prévision de récolte italienne est encore plus faible avec 667 000 tonnes soit une baisse de 11 % par rapport à 2020, année déjà très déficitaire, et de 45 % par rapport à la moyenne 2015/2019.

Baisse de 34 % en France

Enfin, pour la France, la prévision de récolte 2021 dépasse à peine 115 000 tonnes soit une baisse de 34 % par rapport à 2020 et de 42 % par rapport à la moyenne 2015/2019. "La vague de froid qui a débuté le 8 avril et qui s’est poursuivie plusieurs jours dans certains bassins de production, et notamment en vallée du Rhône, a anéanti la production de nombreux vergers et parfois même malgré les divers moyens de lutte mis en œuvre par les producteurs (bougies, tours à vent, aspersion...)", rappelle Eric Hostalnou, de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales. Les pertes suivent un gradient d’intensité décroissante du Nord au Sud avec la région Rhône Alpes, qui est la plus touchée (14 551 tonnes prévues contre 26 000 tonnes en 2020), puis la région PACA avec de gros dégâts dans le Vaucluse et le Nord des Bouches du Rhône (32 000 tonnes contre 58 000 tonnes) et enfin le Languedoc Roussillon (58 000 tonnes contre 80 000 tonnes) où l’intensité du gel a été parfois moindre et où on trouve des vergers sauvegardés. En plus de la baisse de la production hexagonale, il faudra s’attendre à une offre "irrégulière et chaotique" avertit Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêches et Abricots de France La distribution, sous toute ses formes, est invitée à tenir compte de cette situation dans ses discussions avec la production.