Effervescents
Crémant de Bourgogne : l’effet Brexit

David Duvernay
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Malgré la crise sanitaire et les incertitudes liées au Brexit, le marché du Royaume-Uni pour le crémant de Bourgogne se porte bien. Le point avec Pierre de Couedic, directeur de l’Upec.

Crémant de Bourgogne : l’effet Brexit

Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni et l’Union européenne sont liés par un accord de commerce et de coopération. Si cet accord ne prévoit pas de droits de douane, des formalités administratives sont néanmoins à remplir. Exportatrice de vins et effervescents au Royaume-Uni, la filière viticole s’adapte donc aux nouveaux contours de ce marché (lire notre édition papier de ce jeudi 28 janvier). C’est notamment le cas de l’appellation crémant de Bourgogne. Le Rhône demeure le premier département producteur avec 44 % des surfaces de l’appellation, "mais pour un volume commercialisé faible, de l’ordre de 5 %", précise Pierre de Couedic. Le directeur de l’Union des producteurs élaborateurs de crémant de Bourgogne (Upec) fait le point sur le marché britannique.

2020, confirmation d’une nouvelle dynamique

Le Royaume-Uni reste l’un des plus grands marchés mondiaux pour l’appellation crémant de Bourgogne. Boostée par la reconnaissance de la Bourgogne, ses parts de marché ont néanmoins fondu, conséquence du raz-de-marée Prosecco. "Toutes les autres régions productrices de crémant et la Champagne ont souffert de cette concurrence d’un produit vendu en moyenne en dessous de 10 livres. Mais depuis quelques temps, la situation s’est améliorée et en 2020 (de janvier à novembre), le crémant de Bourgogne a progressé de 33 % en volume par rapport à 2019 et de 54 % en valeur. Pourtant, tous les signaux étaient défavorables. C’est un paradoxe. Le marché se réouvre pour nous", constate le directeur.

Pour expliquer cette bonne dynamique, ce dernier évoque l’essoufflement du Prosecco, une volonté des acheteurs de trouver des produits alternatifs à l’effervescent italien et une barre de prix pour les crémants située entre 15 et 20 livres, soit en dessous du champagne. "Le marché britannique s’est divisé en trois catégories de prix. On se positionne sur ce marché intermédiaire. La crise de la Covid-19 a aussi chahuté le marché et la consommation. Les ventes en grande surface ont été bonnes, et excellentes pour le e-commerce".

"La balle est dans leur camp"

Et le Brexit dans tout cela ? Pierre de Couedic a remarqué un phénomène d’anticipation de la part des acheteurs, "ne sachant pas à quelle sauce nous allions tous être mangés… Pour ces premiers mois, je ne prévois pas de bouleversement du marché. A voir après le 1er juillet 2021 ce que décidera le Gouvernement en Outre-Manche. […] La balle est dans leur camp. De notre côté, nous allons poursuivre la valorisation de nos produits et continuer à les promouvoir auprès des journalistes et des acheteurs".