Grandes cultures
Des moutons dans les couverts céréaliers

Emmanuelle Perrussel
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Comme en 2019, des troupeaux ovins ont commencé à arriver en plaine de Lyon pour se délecter des intercultures. Un partenariat gagnant-gagnant entre éleveurs et céréaliers.

Des moutons dans les couverts céréaliers

Depuis environ un mois, des brebis ont pris leurs quartiers sur les plaines de l’Est lyonnais. Elles sont redescendues d’estives alors que le mauvais temps commençait à s’installer. Elles vont rester plusieurs semaines sur place avant de retourner dans leur bergerie.

L’idée avait germé dans le département il y a quelques années avant de se concrétiser à l’automne 2019 sous l’impulsion d’un groupe d’éleveurs et de céréaliers qui ont participé à plusieurs réunions conduites par la chambre d’agriculture. Pour rappel, l’an passé, quatre céréaliers avaient mis à disposition des parcelles de trois éleveurs ovins. Cette année, des éleveurs ovins vont une nouvelle fois collaborer avec des céréaliers de l'est Lyonnais.

Arrivés depuis quelques semaines

Depuis quelques semaines, Xavier Bailly associé de l’EARL des Romanettes à Saint-Symphorien-d’Ozon en grandes cultures bio sur 100 ha (maïs, soja, blé, orge, colza) accueille 2 troupeaux ovins sur une vingtaine d’hectares. « Nous avions déjà participé à la démarche l’an dernier sur une parcelle en prairie. Cette année, nous avons également souhaité répondre favorablement à la sollicitation de la chambre d’agriculture. Nous mettons une vingtaine d’hectares de couverts (colza, sarrasin, phacélie) répartis en trois parcelles à disposition de 190 brebis. Ces couverts avaient été implantés suffisamment tôt : le 27 juillet, pour être en mesure d’accueillir les moutons dès la fin septembre », détaille Xavier Bailly qui s’est installé en juin dernier, aux côtés de Pascale Robin.

L’ancien technico-commercial d’une coopérative céréalière note plusieurs intérêts à cette initiative : « les brebis mangent aussi les chénopodes, donc nous n’avons pas à les détruire. Nous n’aurons pas non plus à faucher ou broyer les couverts sur ces parcelles. De plus la matière verte sera transformée plus rapidement en matière minérale. Étant en zone vulnérable, nous craignions au départ que l’interculture soit piétinée ou coupée trop ras, or ce n’est pas du tout le cas. Les éleveurs passent plusieurs fois par semaine pour vérifier que tout se passe bien et pour déplacer, au fil de l’alimentation du troupeau, les clôtures électrifiées qu’ils ont installées au départ. C’est aussi une occasion de se rencontrer entre agriculteurs de filières et de secteurs différents ! »

Côté éleveurs, les intérêts de cette pratique sont de plusieurs ordres : « en plus de croiser les besoins entre éleveurs ovins et céréaliers, nous limitons notre recours aux stocks fourragers dès l’automne. Les couverts sont en général composés d’espèces qui ont des valeurs nutritives intéressantes pour nos animaux », note l’un des éleveurs inscrit dans le partenariat.

Jusqu’au début de l’hiver, les moutons vont profiter de l’herbe fraîche de la plaine.