L'info en bref
Climat, photovoltaïque, PAC, phytos...

Simon Alves
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Climat, photovoltaïque, PAC, phytos...

Climat: Paris veut changer la clé de répartition de l’effort entre Etats européens

«Nous considérons que la règle de répartition se doit d’évoluer au regard de la réalité économique», a indiqué l’Élysée lors d’un échange avec la presse concernant le nouveau paquet climat de la Commission le 23 juillet. Actuellement, l’objectif de réduction de 30% des émissions entre 2005 et 2030 dans les secteurs non concernés par les quotas d’émission est réparti entre États membre selon le PIB, en application des conclusions de 2014 du Conseil européen. Les objectifs fixés par le règlement de 2018 pour la période 2021-2030 vont donc de la stabilité des émissions pour la Bulgarie, à des réductions de près de 40% pour des pays comme la Suède ou la France. «Cette clé a été fixée au moment où un grand nombre d’états de l’est sont rentrés dans l’Union, et de la signature de l’accord de paris. Aujourd’hui, il n’est plus question de rattrapage collectif, mais de convergence vers des niveaux d’émissions faibles», défend l’entourage du président, qui souhaiterait voir pris en compte les efforts de réductions déjà mis en œuvre. Des différences entre les états du nord et de l’est de l’UE étaient déjà apparues lors du conseil de mai 2021 sur le sujet. Cette clé de répartition devrait être négociée au Conseil à l’automne sous la présidence slovène, avant d’arriver au Parlement.

Photovoltaïque : avis négatif du Conseil de l’énergie sur la révision des contrats

Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) a rejeté à une large majorité les projets de textes d’application destinés à encadrer la révision des contrats, a indiqué le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) le 23 juillet. Cette révision va dans le sens d’une baisse de certains tarifs d’électricité photovoltaïque rachetée par l’État. À 13 voix contre 2, le CSE s’est opposé, le 22 juillet, à un décret et à un arrêté destinés à définir les modalités de révision de contrats pour les installations de plus de 250 kilowatt-crête mises en place avant 2011. Les deux projets de textes d’application visent à appliquer l’article de la loi de finances votée en décembre 2020 qui prévoit de réviser rétroactivement les tarifs de revente à l’État. Ce vote sanctionne « les effets dévastateurs de la remise en cause de la parole de l’État sur une industrie tournée vers la transition énergétique », commente le Ser. Le CSE est un organisme consultatif qui rassemble des représentants de collectivités locales, salariés, consommateurs et d’associations de protection de l’environnement. La filière solaire « appelle le gouvernement à tenir compte de ce signal politique fort envoyé par cette instance représentative de l’ensemble des acteurs du secteur de l’énergie », conclut le Ser.

Pac: les Etats membres valident les textes définitifs de la réforme

Les États membres de l’UE ont approuvé, le 23 juillet à l’issue d’un dernier trilogue organisé pour formaliser l’accord, les trois textes (plans stratégiques, règlement horizontal et OCM) définitifs du paquet de réforme de la Pac suite au compromis politique qui avait été trouvé fin juin. La présidence slovène du Conseil va maintenant envoyer une lettre au Parlement européen l'informant formellement qu'un accord a pu être trouvé en première lecture. Et une fois les dernières étapes de rédaction juridique et linguistique terminées, les trois règlements pourront être soumis à un vote des eurodéputés probablement en novembre, mais possiblement dès octobre. En parallèle, les États membres vont également être amenés à finaliser leurs plans stratégiques nationaux qui doivent être présentés pour approbation à la Commission européenne avant la fin de l’année.

Loi Climat: la FNSEA salue «des avancées équilibrées pour l’agriculture»

«Les débats législatifs de cette loi [climat et résilience, ndlr] ont représenté un rendez-vous important pour l’agriculture française», salue la FNSEA dans un communiqué du 21 juillet. Prise en compte des activités humaines dans la gestion de l’eau ou attention à la distorsion de concurrence européenne dans le cadre d’une éventuelle redevance sur les engrais: le syndicat majoritaire salue sur plusieurs dossiers une «approche équilibrée». La FNSEA distribue plusieurs autres satisfecit sur l’évolution de la commande publique dans les cantines ou la compensation obligatoire du secteur aérien dans l’agriculture qui permettront «d’agir sur la neutralité carbone au-delà de l’atténuation nécessaire de ses émissions». Alors que le paquet «Fit for 55» de la Commission européenne prévoit re rehausser l’objectif de stockage de carbone de 15% à 310 millions de tonnes d’ici, «ce défi pourra être relevé à condition d’en faire une opportunité pour les agriculteurs français» grâce au label bas-carbone", souligne la FNSEA. Des incertitudes demeurent sur plusieurs dossiers, comme le chèque alimentaire, dont les contours seront dévoilés sous six mois par un rapport gouvernemental. Autre zone d'ombre : le futur plan Eco-Azote dédié aux engrais, qui détaillera les moyens de réduction d'émission et les financements correspondants.

Phytos: l’OCDE valide un nouveau test sur la désorientation des abeilles (Itsap)

L’OCDE a validé fin avril un nouveau test permettant d’évaluer la désorientation des abeilles domestiques par des faibles doses de pesticides, indique l’Itsap (Institut de l’abeille), architecte de cette méthode aux côtés de l’Inrae, dans un communiqué publié le 20 juillet. «Jusqu’à présent, aucune méthodologie officiellement reconnue ne permettait de mesurer de tels effets», souligne l’institut technique, rappelant les débats concernant la prise en compte des expositions chroniques aux néonicotinoïdes. La méthode, détaille l’Itsap, «consiste à coller une micro-puce RFID (Radio Frequency Identification) sur le thorax de chaque abeille». Dans les essais, la moitié des individus sont alors nourris d’une solution contenant le produit à évaluer, tandis que l’autre ne reçoit que de l’eau sucrée. «En comparant les chiffres de retour à la ruche des deux groupes d’abeilles, le taux de disparition imputable à l’ingestion du pesticide testé a pu être calculé», se réjouissent les experts. Étape obligatoire pour la standardisation, le test a été répété 41 fois entre 2015 et 2019, en utilisant un néonicotinoïde comme référence. «Les laboratoires du test circulaire ont atteint 75% de tests valides en 2019, démontrant l’aboutissement de la méthode», souligne l’Itsap. La validation finale du test a impliqué 16 pays.

Nicolas Hulot, parrain du congrès mondial de la bio pour sa première tenue en France

Nicolas Hulot sera le parrain d’honneur du congrès mondial de la bio organisé du 6 au 10 septembre prochain à Rennes, indique un communiqué du 23 juillet publié par les organisateurs de l’évènement. D’après ce document, environ 500 participants seraient attendus sur place, et près de 2000 à distance. Ce congrès, organisé pour la première fois en France depuis sa création en 1972, abordera plus particulièrement six enjeux, dont le changement d’échelle de la bio, la biodiversité, et le lien entre santé et alimentation. L’évènement sera pour Nicolas Hulot un «moment de mobilisation» : «le soutien des pouvoirs publics n’a pas toujours été à la hauteur, même s’il y a des aides à la conversion ou au maintien. Ces soutiens ne doivent en aucun cas faiblir aujourd’hui», plaide le président de la fondation éponyme. Parmi les intervenants ayant déjà confirmé leur présence figurent Janusz Wojciechowski, le Commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, Jan Plagge, le résident d’Ifoam Organics Europe, ainsi que Sandrine le Feur, députée LREM du Finistère et productrice bio en Bretagne. Le 19 juillet, les ministres européens de l'agriculture ont validé le plan de développement de l’agriculture bio visant à atteindre 25% de surfaces en 2030.