Vallons du Lyonnais
Une agriculture diversifiée à soutenir

Emmanuelle Perrussel
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Cette semaine rencontre avec Jean-Claude Jauneau, vice-président à l’agriculture et l’alimentation de la communauté de communes des vallons du Lyonnais (CCVL).

Une agriculture diversifiée à soutenir

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

« Je suis élu à Grézieu-La-Varenne et vice-président de la communauté de communes des vallons du Lyonnais en 2020. C’est mon premier mandat. Je suis en charge de l’agriculture, l’alimentation, la forêt et les espaces naturels sensibles. Le domaine de l’agriculture m’a toujours attiré et intéressé : je suis diplômé d’AgroParisTech et j’ai été professeur à l’Isara Lyon. »

 

À quoi ressemble l’agriculture des Vallons du Lyonnais ?

« Notre communauté de communes se situe à mi-chemin entre l’agglomération lyonnaise et les monts du Lyonnais donc elle revêt des caractéristiques périurbaines plus ou moins marquées selon les secteurs. Ces caractéristiques sont des atouts pour l’agriculture car elles créent des opportunités de ventes notamment. Elles peuvent aussi être assimilées à des contraintes, par la compétition foncière qu’elles entraînent. L’agriculture locale est plurielle sur plusieurs points. Au niveau des productions, nous avons du maraîchage, de l’arboriculture, de l’élevage… Au niveau des formes de commercialisation, la variété est aussi au rendez-vous avec des exploitants qui vendent en circuits courts et d’autres qui privilégient les circuits longs. Le poids de l’agriculture n’est pas le même selon les communes : par exemple Grézieu-La-Varenne ne compte à ce jour que 1 ou 2 sièges d’exploitation. Enfin, on note de la diversité au niveau des profils des exploitants : certaines exploitations sont reprises par des membres de la famille, d’autres par des hors-cadre familiaux, d’autres encore reviennent aux sources après avoir fait tout autre chose… Cette diversité est passionnante mais elle rend complexe l’élaboration d’une politique agricole d’ensemble ! »

 

Quelle stratégie avez-vous choisie pour tenir compte de cette variété et apporter des réponses au plus grand nombre ?

« Notre équipe travaille dans la continuité de nos prédécesseurs. Cependant, deux dimensions vont prendre de plus en plus d’ampleur : l’alimentation et l’adaptation au changement climatique. Je tiens par ailleurs à souligner qu’un certain nombre de sujets et de problématiques communes sont réfléchis et traités à l’échelle du Syndicat de l’Ouest lyonnais (Sol) qui regroupe la CCVL, la communauté de communes de la vallée du Garon, la communauté de communes du Pays mornantais (Copamo) et la communauté de communes du Pays de L’Arbresle (CCPA). C’est un plus car on mutualise ainsi nos forces et nos matières grises.

À l’échelon des vallons du Lyonnais, je m’efforce de rencontrer les élus de chaque commune pour échanger avec eux et comprendre leurs particularités. C’est à mon sens un bon moyen de pouvoir apporter des réponses adaptées. »

 

Quelles sont les priorités en matière agricole ?

« Le foncier et le renouvellement des exploitations sont très liés et font partie des dossiers prioritaires. Si l’on parvient à mobiliser du foncier, alors on pourra installer et assurer ainsi un avenir agricole. Par exemple, nous relançons l’association foncière agricole intercommunale dont un des points stratégiques est la commune de Thurins qui va permettre de rassembler des propriétaires fonciers autour de l’objectif de lutter contre les friches et d’encourager des agriculteurs à s’installer.

L’alimentation, tant au niveau du lien entre producteurs et consommateurs locaux, qu’avec les consommateurs de la Métropole nous occupe aussi beaucoup. Ce sujet me tient à cœur puisque j’ai moi-même été président de l’association Paniers des Vallons. Une candidature pour un projet alimentaire territorial (PAT) a été présentée et acceptée à l’échelle du Sol. L’une de nos priorités est de trouver comment organiser l’approvisionnement en local de la restauration collective : écoles, crèches, Ehpad, clinique…. Une enquête a été lancée au niveau de la restauration collective, nous sommes en train de choisir un bureau d’études pour élaborer une stratégie.

Parallèlement, nous encourageons l’installation de fermes communales de préférence en agriculture biologique ou avec une certification environnementale. L’accent est mis sur les débouchés en circuits courts qui permettront d’avoir une offre élargie de produits locaux et donc davantage de possibilités d’approvisionner la restauration collective. »