Alimentation et agriculture
Comment concilier attentes et réalités ?

Emmanuelle Perrussel
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Les participants à la session de la chambre d’agriculture se sont penchés sur les projets d’alimentation territoriaux (PAT) de la Métropole de Lyon et du Département.

 

 

 

Comment concilier attentes et réalités ?

C’est un sujet qui mobilise beaucoup d’attention, d’autant plus dans les départements comme le Rhône qui ont à portée de main un important bassin de consommation. C’est dans ce contexte que les élus de la chambre d’agriculture ont souhaité donner la parole à Jérémy Camus, vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’agriculture et à Colette Darphin, vice-présidente chargée de l’agriculture au Département.

« Après une année 2020 particulière, du fait de la crise sanitaire, où les circuits de proximité ont montré leur efficacité et leur nécessité et à la suite des élections à Lyon et à sa Métropole qui ont installées des équipes écologistes, ce sujet des projets alimentaires territoriaux nous a paru opportun et prioritaire», a introduit Gérard Bazin, président de la chambre d’agriculture du Rhône.

Volonté de coopération

Jérémy Camus a ouvert la discussion et a donné un aperçu de la stratégie retenue par la Métropole. « Le PAT est l’une des priorités de notre mandat et nous avons démultiplié les moyens dédiés à ce sujet : financiers avec 10 millions d’€ et humains avec 2 personnes supplémentaires pour le poste agriculture. Nous souhaitons davantage orienter les approvisionnements en circuits locaux pour les cantines des collégiens de la Métropole. Le périmètre retenu du PAT est 50 km autour de Lyon et nous comptons intégrer une dimension partenariale à ces actions avec les acteurs de la filière agricole. »

La feuille de route du PAT repose sur deux piliers. Le premier vise la résilience du système alimentaire. Cela passe par le renforcement de l’autonomie alimentaire des 1,4 million d’habitants de la Métropole en développant la production agricole dans le rayon des 50 km. Pour ce faire, il s’agit de protéger le foncier agricole, d’accompagner les capacités de transformation des produits, de tenir compte de l’enjeu logistique en rapport avec les zones à faibles émissions (ZFE). Le deuxième pilier concerne l’accessibilité alimentaire, c’est-à-dire la lutte contre la précarité et les inégalités sociales. Un travail de cartographie des déserts alimentaires a déjà démarré avec la crise sanitaire.

« Nous en sommes à l’étape de relance des groupes de travail. Il est essentiel de créer des liens et de la réciprocité entre les différents PAT des territoires », a conclu le vice-président de charge de l’agriculture.

Cette volonté de coopération est partagée par le Département qui va représenter son PAT en avril. « Il fait appel à plusieurs de nos compétences et revêt plusieurs dimensions : économique, sociale, environnementale. Ses ambitions sont de favoriser l’alimentation pour tous, la sécurisation et l’autosuffisance alimentaire, le lien entre urbains et ruraux et de mettre en valeur la gastronomie régionale. Le foncier est évidemment au cœur de ce projet. Nous souhaitons vivement mettre tout le monde autour de la table : les intercommunalités qui ont un PAT, la Métropole et nous, irons voir ce qui se fait chez nos voisins. Notre département a la chance d’avoir des productions diversifiées, il y a de la place pour l’agriculture biologique, conventionnelle, les circuits longs et courts. Cette unité entre les productions est essentielle pour que le PAT fonctionne », a indiqué Colette Darphin.