Paroles d’interco
« Une stratégie agricole enviée »

Emmanuelle Perrussel
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Tous les quinze jours, un (e) vice-président (e) à l’agriculture d’intercommunalité nous présente la politique agricole de son territoire. Ce jeudi rencontre avec Frédéric Belmonte, vice-président à l’agriculture de Vienne Condrieu Agglomération.

« Une stratégie agricole enviée »

Comment mettez-vous en œuvre la compétence agricole ?

« Je suis vice-président à l’agriculture depuis la naissance de Vienne Condrieu agglomération, issue de la fusion de ViennAgglo et de la communauté de communes de la région de Condrieu et de l’intégration de la commune de Meyssiez en 2018. Pour m’accompagner, Lucien Bruyas, ancien agriculteur de Longes, est conseiller délégué aux circuits courts. Nous travaillons en lien avec Delphine Faure, chargée de mission à l’agriculture en étroite collaboration avec les chambres d’agriculture du Rhône et de l’Isère, qui nous ont mis à disposition Lucie Girard, chargée du territoire de Vienne Condrieu. Une commission agricole d’une soixantaine de membres dont une large part d’agriculteurs issus des différentes filières de production a été créée. Dès 2019, nous avons écrit une stratégie agricole, qui nous est enviée.

Nous avons à cœur de garder le plus de liens possibles avec le terrain, cela passe par des visites régulières chez les exploitants. L’EPCI joue un rôle de facilitatrice des projets, c’est-à-dire qu’elle met ses moyens et ses compétences à disposition des agriculteurs pour les aider à trouver leurs propres solutions. Cela peut être des accompagnements économiques, des entretiens, des analyses… Par exemple, des éleveurs du plateau de Condrieu nous ont sollicités pour mettre en place de nouveaux projets pour faire face à la perte des aides qui a découlé de la révision du périmètre des zones défavorisées simples. »

 

Quelles priorités s’est fixée la collectivité en matière d’agriculture ?

« Notre stratégie agricole s’articule autour de quatre axes : favoriser les circuits courts qui valorisent les productions locales ; gérer l’espace agricole et préserver le cadre de vie ; affirmer le rôle économique du secteur agricole ; promouvoir l’agriculture du territoire et communiquer sur ses atouts. Dix enjeux majeurs sont ressortis. Pour l’axe 1, favoriser les circuits courts qui valorisent les productions locales passera par faire connaître et promouvoir les producteurs et produits du territoire (enjeu 1), développer la consommation locale (enjeu 2) et les filières nécessaires à l’autonomie alimentaire (enjeu 3). Pour l’axe 2, gérer l’espace agricole et préserver le cadre de vie, il est question de développer les productions de qualité et respectueuses de l’environnement (enjeu 4) et d’assurer la protection des espaces agricoles (enjeu 5). Pour l’axe 3, affirmer le rôle économique du secteur agricole se fera via le maintien d’une activité agricole sur le territoire (enjeu 6), l’accompagnement du développement des exploitations (enjeu 7) et l’action sur l’emploi agricole (enjeu 8). Quant à l’axe 4 qui est de promouvoir l’agriculture du territoire et de communiquer sur ses atouts s’appuiera sur une communication auprès de la population, des élus, de la presse (enjeu 9) et sur des liens à établir entre l’agriculture et le développement du tourisme (enjeu 10). »

 

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions et de projets ?

« Sur l’axe 1 : favoriser les circuits courts qui valorisent les productions locales, nous sommes en train d’expérimenter une action avec la cuisine centrale de Vienne. Des producteurs de viande dans un premier temps puis de yaourts fermiers se positionnent sur ce marché de la restauration collective autour de prix gagnants-gagnants. Si l’essai est concluant, nous l’élargirons à d’autres communes. Autre action : pendant le premier confinement, nous avons répertorié les producteurs qui vendent à la ferme dans un annuaire consultable sur le site de Vienne Condrieu agglomération. Nous envisageons aussi de participer à l’année mondiale des fruits et légumes et de mettre en relation des comités d’entreprise et des producteurs locaux.

Sur l’axe 2 : gérer l’espace agricole et préserver le cadre de vie, nous planchons sur la mise en place d’un groupe de travail sur la gestion du foncier agricole. Les maires doivent être mieux informés sur les enjeux de l’agriculture en amont des projets de construction et les outils de préservation du foncier.

Pour l’axe 3 : affirmer le rôle économique du secteur agricole, nous soutenons divers projets : irrigation, méthanisation… L’installation et la transmission font l’objet de réunions et d’événements régulièrement. Nous organisons par exemple un café installation-transmission une fois par an pour mettre en relation les porteurs de projets et les cédants. Notre conférence agricole annuelle est un temps fort d’échanges et de bilan, elle rassemble de nombreux participants : élus, agriculteurs… Tous apprécient de se retrouver et également de participer à des ateliers thématiques.

Sur l’axe 4 : promouvoir l’agriculture du territoire et communiquer sur ses atouts, nous utilisons plusieurs vecteurs tels que des manifestations locales (De ferme en ferme), une pièce de théâtre sur l’agriculture (Un temps de cochon), des visites d’exploitations. Pour le volet touristique, on s’appuie sur nos appellations qui sont des moteurs : rigotte-de-condrieu, côte-rôtie, condrieu, saint-marcellin… »