Témoignage
Des coûts et une lourdeur administrative sur le cresson

Emmanuelle Perrussel
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La SARL Simian, dont l’un des sites de production est basé à Saint-Symphorien-d’Ozon, produit en moyenne 400 t de cresson par an. Il vend 30 à 40 % à l’export, notamment vers le Royaume-Uni. La crise sanitaire et, dans une moindre mesure, le Brexit ont des répercussions sur le commerce.

Des coûts et une lourdeur administrative sur le cresson

Anne, Jean-Baptiste, Jérôme et Sébastien Simian sont à la tête de l’entreprise familiale, qui a été créée en 1919. Actuellement, la cressonnière Simian est implantée sur plusieurs sites : à Saint-Symphorien-d’Ozon qui est la maison-mère sur 5 ha, depuis 1976 près de Perpignan (66) sur 2 ha en agriculture biologique et depuis la fin des années 1990 en Andalousie au Sud de l’Espagne sur 11 ha.

Impacts de la crise sanitaire

Le cresson Simian est commercialisé en partie auprès d’une clientèle d’industriels du Royaume-Uni en sachets, seul ou mélangé à d’autres salades. L’autre partie, l’essentiel de la production est destiné à la France, à des enseignes de la grande distribution. Aux dires de Sébastien Simian, « le gros de notre clientèle en 2020 est constitué par la grande distribution française chez qui nous commercialisons nos barquettes de cresson en direct. La Covid-19 a eu plus d’impacts pour nous que le Brexit, d’autant plus qu’il vient seulement d’entrer en vigueur. La crise sanitaire a, elle, fait baisser les commandes du Royaume-Uni de près de 80 % dès les mois de mai et juin, du fait des confinements et de la fermeture des restaurants. Depuis quelques semaines en revanche, les premiers effets du Brexit commencent à se faire sentir pour exporter des produits Outre-Manche. On a des coûts supplémentaires et une lourdeur administrative. Nous avons plus de démarches à effectuer pour la facturation, les délais de livraisons sont plus importants, il faut aussi transmettre de nombreuses informations sur nos produits en amont. Cet allongement des délais consécutifs à toutes ces démarches logistiques n’est pas sans effet sur la conservation de nos produits ultrafrais. Le coût lié à ces nouvelles contraintes est de l’ordre de 80 € par palette de 1000 € de chiffre d’affaires, sans parler du temps passé au téléphone… ».

L’associé du Gaec Simian s’interroge sur l’après-crise sanitaire et à plus long terme sur le débouché anglais. « On a constaté que la demande des clients s’est beaucoup repliée sur des salades moins chères que le cresson, en grande distribution. On a peu de visibilité sur l’avenir. Heureusement, les débouchés perdus Outre-Manche ont pu être compensés avec des clients français. Ainsi, notre activité globale n’a pas été trop touchée », conclut le producteur.

 

Plus de détails dans notre dossier de jeudi 18 janvier dans notre édition papier.

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