Côtes-du-Rhône : tout sourire

Cédric Perrier
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Les premiers retours des appellations condrieu et côte-rôtie sont positifs. Le millésime s’annonce de qualité. 

Côtes-du-Rhône : tout sourire
Le millésime 2020 s’annonce de très bonne qualité, avec des vins entre 12 et 13,5 %.

Comme partout ailleurs, les vendanges dans la vallée du Rhône ont débuté plus tôt que d’ordinaire, fin août. Pour l’appellation condrieu, le président Christophe Pichon est enthousiaste : « la qualité est exceptionnelle. Si la pluviométrie a été inférieure à d’habitude, mis à part mai et juin, elle a cependant profité au sol. On note donc un déficit hydrique avec des températures plus hautes que la normale. On a néanmoins des vignes dont le système racinaire est bien en place avec des besoins en eau moins importants. Entre 1984 et 1986, ce sont 30 ha qui ont été replantés, quand d’autres datent du milieu des années 1970. Ces vieilles vignes résistent mieux à la chaleur. On a donc une bonne maturité phénolique et la minéralité vient compenser le manque d’acidité. »

Les volumes satisfaisants en condrieu

« Les fortes chaleurs pendant le confinement de mars et avril ont entraîné une bonne avancée de la floraison et une bonne sortie de raisin », complète le président de l’appellation  condrieu. La qualité promet une belle palette aromatique avec un vin moins gras et moins alcoolisé, « ce qui d’ailleurs plait au consommateur qui recherche des vins faciles à boire. »

Si le rendement autorisé en condrieu est de 41 hl/ha, l’appellation devrait arriver entre 37 et 39 hl/ha. Du côté des débouchés, le recul est de 5%, ce qui est finalement peu dans le contexte actuel. « Le condrieu est essentiellement vendu en restauration mais l’e-commerce et les ventes en magasins de producteurs ont été positifs. En revanche nous sommes plus inquiets sur les prochains salons, notamment ceux de Chavanay, qui se tient le deuxième week-end de décembre et Ampuis, le troisième week-end de janvier. » Sur les pentes voisines, Michaël Jerin, président du syndicat des vignerons côte-rôtie, affiche lui aussi un beau sourire quand il s’agit d’évoquer le millésime 2020.

Un parfait équilibre entre acidité et alcool

« L’état sanitaire est splendide, sans maladie, ni pourriture, c’est l’un des avantages du peu de pluie. Si la pluviométrie a été catastrophique, le vignoble s’en est bien sorti. Mais la répétition des épisodes de canicules pourrait en revanche faire du mal. Ce sont essentiellement les jeunes vignes, entre un et trois ans, qui ont souffert. » Comme pour le condrieu, la qualité est exceptionnelle, avec un parfait équilibre acidité alcool.

« On est entre 12 et 13,5 %, loin des 15 % des dernières années, c’est superbe. On aura un vin très fin avec beaucoup de fruits, exactement ce que le public recherche. » Outre la qualité, le rendement est lui moins enthousiasmant. Sur l’appellation côte-rôtie il est autorisé à hauteur de 42 hl/ha alors que pour beaucoup d’exploitations il oscillera entre 30 et 35 hl/ha.

« La marge ou le bénéfice sera par conséquent moindre. Ce n’est pas problématique sur une année mais il ne faudrait pas que cela se reproduise tous les ans. » L’autre interrogation se porte sur les débouchés, notamment à Paris qui représente 10 à 12 % des ventes côte-rôtie. Un sujet qui, dans le contexte actuel, se gère au jour le jour…