Vendangeurs sans frontières

Cédric Perrier
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Christophe Dumas, viticulteur à Chazay-d'Azergues, fait régulièrement appel à Agri emploi 69 pour recruter des vendangeurs. Et ils viennent d’horizons différents.

Vendangeurs sans frontières
Dans les vignes de Christophe Dumas, des Bulgares, des étudiants, des personnes en vacances, d’autres en chômage partiel, mais aussi des vendangeurs issus des zones urbaines.

Sur les hauteurs de Chazay-d’Azergues, les vendanges ont débuté le 18 août pour Christophe Dumas. Ses premiers mots ne sont pas souriants : « ce n’est pas génial, beaucoup trop sec sans parler que je suis déçu par la quantité, de 25 à 50 hl/ha. Après deux jours de vendanges, je suis à 50 % d’un rendement habituel. »

Sur son vignoble, seulement 5 mm d’eau en juillet et à peine plus de 3 mm en août. « Pour les crémants on est sur des degrés de 11 à 12 et on prend 2 degrés par semaine donc le raisin diminue. » Le viticulteur estime de 4 à 5 jours pour les crémants, deux jours de machine plus trois à quatre jours de vendanges manuelles pour de la vieille vigne et la cave coopérative des Pierres dorées, et la campagne 2020 sera bouclée.

La Duchère, Beligny, Feyzin…

Dans ses rangs, une équipe fournie par Agri emploi 69. Depuis trois à quatre années, Christophe Dumas travaille avec ce regroupement d’employeurs. Cette année, des Bulgares, des étudiants, des personnes en vacances, d’autres en chômage partiel. Mais aussi des vendangeurs issus des zones urbaines.

« Ce n’est pas toujours évident, pour certains c’est un premier contact avec l’emploi. L’année dernière, des jeunes de Beligny à Villefranche-sur-Saône et de Belleville-en-Beaujolais ont participé à la récolte. J’avais aussi un Albanais qui venait de Feyzin tous les jours, près de 4 heures de transport en commun. »

Il y a deux ans, ce sont des jeunes du quartier de La Duchère, en partenariat avec le club de foot de l’AS Lyon Duchère, aujourd’hui devenu le Sporting Club de Lyon, qui avaient participé aux vendanges. Et certains ont de nouveau postulé, comme Anis, 18 ans : « Agri emploi 69 est venu dans les locaux du club pour nous parler des vendanges. J’étais intéressé alors j’ai postulé. Le club nous emmenait, venait nous chercher et nous fournissait le repas de midi. »

Deux ans plus tard, Anis, qui a obtenu son Bac ES avant de rejoindre l’université Lyon 2 à la rentrée, est de retour dans le vignoble de Christophe Dumas : « j’ai bien aimé l’ambiance et j’ai convaincu mon frère de venir avec moi. On a tous une banane avec un masque, un verre individuel plus du gel hydroalcoolique et on essaie de respecter les distanciations. »

55 années de vendanges pour Maurice

Na’el est lui aussi de La Duchère. Agé de 16 ans, les vendanges sont une découverte : « c’est la première fois, j’ai un peu mal au dos mais pour l’instant ça va. On nous a expliqué les gestes à faire et puis on a des feuilles avec toutes les précisions nécessaires sur la technique. Je n’ai pas le permis alors je suis venu avec mon frère et un ami. »

Pour Ghais, de La Duchère, c’est aussi une première. Il vient d’obtenir son Bac professionnel commerce et cherche une alternance pour poursuivre ses études en BTS.

Et puis il y a les habitués, avec plus d’expérience : Olivier arrive de Roanne, quatre ans qu’il fait les vendanges. Surtout, il y a Maurice, le doyen comme il l’appelle dans les vignes : « ça fait 55 ans que je fais les vendanges ici, j’ai commencé l’année de mes 15 ans. » Malgré la chaleur, tous se retrouvent dès 7 heures pour terminer à 17 heures.