Élevage laitier
L’avenir du Gaec en réflexion

Emmanuelle Perrussel
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Graine d’emplois et la chambre d’agriculture ont convié des éleveurs laitiers en Gaec à participer à une journée de réflexion et d’échange sur l’avenir, lorsqu’un associé quitte l’exploitation.

L’avenir du Gaec en réflexion

Dans plusieurs filières, l’agriculture peine à recruter et à renouveler les générations. Lorsque l’associé d’un Gaec part à la retraite, il n’est pas toujours remplacé. C’est d’autant plus vrai en élevage de vaches laitières. « Des exploitations cherchent des associés mais ne trouvent pas de candidats, ni localement, ni à l’extérieur », aux dires de Véronique Villalta conseillère du répertoire départ installation (RDI) de la chambre d’agriculture. Émeline Reynaud et Coralie Chorin, formatrices à la MFR de Saint-Laurent-de-Chamousset partagent le même constat dans leur quotidien : « dans les filières élevages, les maîtres de stage ont des difficultés à recruter des apprentis ».

C’est dans l’optique de se pencher sur la question et de trouver des pistes que la matinée du 8 juillet à Saint-Symphorien-sur-Coise a été programmée par la chambre d’agriculture et Graine d’emplois, avec le soutien du Département du Rhône. « Il existe diverses solutions pour avoir de la main-d’œuvre sur sa ferme, l’agriculteur peut aussi recruter un apprenti ou un salarié… Et qui sait peut-être que cette personne peut ensuite devenir associé du Gaec ? », a introduit Dorothée Piontkowsky, coordinatrice de Graine d’emplois. « La formation et des opérations de promotion peuvent par ailleurs permettre d’attirer des candidats vers l’élevage laitier », comme l’a souligné Justine Rollet, conseillère emploi RH à Graine d’emplois.

Attention à l’attractivité du métier

C’est dans ce contexte et en petit comité que les éleveurs présents, les représentantes de Graine d’emplois, de la chambre d’agriculture et de la MFR de Saint-Laurent-de-Chamousset ont partagé leur ressenti. Le manque d’attractivité du métier est l’une des raisons qui est venue à l’esprit des participants à ce brainstorming. Des campagnes de communication sont lancées à l’échelon national par l’interprofession. « Il y a du pain sur la planche, beaucoup trop de préjugés circulent encore dans la tête des gens : nombreux sont ceux qui croient qu’un éleveur laitier ne gagne pas correctement sa vie, ne part jamais en vacances, n’a pas de vie hors de l’exploitation… », a souligné l’un des éleveurs.

Justement, ils ont été invités à réfléchir aux atouts de leur métier et aux arguments à exposer pour donner envie de travailler dans ce domaine. La liste a été longue et non exhaustive : être au grand air, au contact de la nature et des animaux ; être son propre patron ; exercer un métier indispensable à la nation ; être capable de s’adapter ; avoir le choix de son circuit de distribution ; travailler en collectif ; exercer un métier varié et moderne ; être acteur du paysage et du territoire ; bénéficier d’un cadre de vie agréable…

Un autre atelier leur a permis de confronter les atouts et les contraintes d’avoir un associé, un salarié et un apprenti. Pour le premier par exemple, les atouts sont de partager les tâches, les responsabilités et les idées avec quelqu’un, avoir un filet de sécurité, une stabilité, bénéficier de la transparence Gaec. A contrario, ce qui fait peur est l’entente, la notion d’engagement avec les risques humains et financiers qui vont avec, etc.

Un 3e atelier a été l’occasion pour chaque éleveur de recenser les besoins humains sur son exploitation et d’énumérer 3 compétences attendues, 3 qualités et 3 tâches.

À la fin de la matinée, la réflexion avait déjà bien avancé. À suivre.