Témoignage
Première saison d'asperges très spéciale

Emmanuelle Perrussel
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Cédric Lacombe a pris ses quartiers à Chessy-Les-Mines en début d’année. Il produit du vin et des asperges. Rencontre.

Première saison d'asperges très spéciale

Pour un agriculteur installé début 2020, cette année sera plus que mémorable. Avec la crise sanitaire du Covid-19 ces derniers mois, Cédric Lacombe n’oubliera jamais le déroulement de sa première récolte d’asperges.

Celui-ci a franchi le pas de l’installation après avoir exercé le métier de technico-commercial en agrofourniture pendant quinze ans. « Je suis fils de viticulteur et depuis plusieurs générations, ma famille produit du beaujolais. Lorsque j’ai achevé mes études en 2003, le contexte viticole n’était pas florissant, j’ai préféré partir sur une autre voie », raconte le jeune agriculteur.

Vers le produit fini

Une expérience formatrice qui lui a donné l’envie d’entreprendre et d’appliquer ce qu’il connaissait pour aboutir à un produit fini.  « Le déclic a été l’évolution de mon ancien métier : la séparation du conseil et de la vente, l’avenir des produits phytosanitaires… », détaille Cédric Lacombe. Ce saut dans le vide, loin d’être évident, a pu se concrétiser à la suite du départ en retraite d’un voisin et du papa de Cédric. C’est ainsi que le domaine de Mariluc est né dans sa nouvelle version : 6,3 ha de vignes en beaujolais rouge et blanc issus de plusieurs cépages (gamay, chardonnay, viognier, pinot noir, gamaret et bientôt un 6e cépage), certifié Haute valeur environnementale (HVE) 3 et vigneron durable. L’ensemble est vinifié en cave particulière. Des asperges sont produites sur 1,5 ha et commercialisées en circuits courts.

« Avec le confinement, j’aurai même pu vendre 30 ou 40 % en vente directe. Depuis le déconfinement, on voit que le nombre de clients dans nos fermes a baissé mais, même si cela a été éphémère, je tiens à remercier la population qui a été là pour nous acheter nos produits », souligne le producteur d’asperges. Pour sa première récolte, la qualité et la quantité étaient au rendez-vous et la gestion de la main-d’œuvre s’est bien passée. « La communication sur notre métier pendant cette période a été positive. C’est assez rare mais appréciable. J’ai par exemple eu des coups de klaxon et des mots d’encouragement quand je travaillais dans mon champ ! À nous désormais de tirer les enseignements de cette crise et de faire évoluer nos habitudes de vente pour coller aux attentes des clients », selon Cédric.