Coteaux-du-lyonnais
Sous une bonne étoile

Emmanuelle Perrussel
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Sébastien Chaix a pris ses quartiers en 2019 à Millery en tant que viticulteur. D’abord sur 2 ha pour arriver à 3,5 ha en 2021. Rencontre.

Sous une bonne étoile

C’est un tournant que Sébastien Chaix a choisi il y a quatre à cinq ans lorsqu’il a eu en tête de revenir à la vigne. Petit-fils d’un viticulteur italien de la haute vallée de Suse en Italie, il a souhaité tourner la page de métier de directeur commercial dans le milieu sportif qu’il a exercé pendant douze ans pour s’installer au cœur de la plus lyonnaise des appellations, à Millery.

En 2017, il amorce cette reconversion en démarrant le parcours à l’installation de la chambre d’agriculture. Il obtient en juin 2018 un bac pro conduite et gestion d’une exploitation agricole (CGEA) qu’il a préparé par correspondance et se forme sur le terrain. La rencontre avec Régis Descotes, également vigneron dans les coteaux-du-lyonnais lui donne l’opportunité de mettre le pied à l’étrier. « Je loue une partie des cuves de Régis et quelques parcelles. Je bénéficie également de son savoir-faire à la vigne et au cuvage. D’autres vignerons de l’appellation me louent aussi des surfaces et me délivrent de précieux conseils. Pierre Descotes, aujourd’hui à la retraite, me met à disposition du matériel », détaille Sébastien qui a commercialisé en juin ses premières bouteilles de rouge, rosé et blanc auprès d’une clientèle de particuliers.

Envie d'entreprendre

Ses 6500 premières bouteilles de la cuvée disponible dans les trois couleurs « Jamais sans toi », qui font allusion à la devise du village de Chiomonte où il a appris à aimer la vigne aux côtés de son grand-père, sont vendues soit via son site web marchand, sur les marchés ou depuis le domaine sur rendez-vous. « Lorsque j’aurai augmenté ma production, je démarcherai peut-être des restaurateurs », complète-t-il.

Cette authentique passion pour la vigne s’assortit d’une profonde envie d’entreprendre. « J’avais besoin d’entreprendre mon temps comme je l’entendais loin des déplacements professionnels à l’autre bout de la France et des longues heures passées dans le train et au bureau. C’est un projet de vie très différent et lorsque je suis dans la vigne, mon esprit est plus libre. Cela ne m’empêche pas de m’appuyer sur mon expérience professionnelle passée sur les plans marketing, budgétisation… », poursuit le jeune homme qui a nommé son domaine, La première étoile, en référence à l’étoile du berger, qu’il peut apercevoir à la nuit tombée, depuis ses rangs de ceps exposés à l’Ouest.

Côté projet, la priorité du moment est de se doter d’un bâtiment. « Le projet de cuvage collectif sur le secteur est reporté donc je ne vais pas pouvoir attendre. Je vais me lancer dans un projet individuel de bâtiment abritant un cuvage et un caveau. J’espère pouvoir vinifier là-bas en 2022 », conclut-il.