L'info' en bref
PAC, biodiesel, grandes cultures, abeilles...

Simon Alves
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

PAC, biodiesel, grandes cultures, abeilles...

Pac: les Etats membres ajustent leur position en vue de la négociation finale

Les experts agricoles des États membres ont globalement salué, lors du comité spécial Agriculture le 21 juin, la dernière proposition de compromis préparée par la présidence portugaise du Conseil en vue du super trilogue prévu les 24 et 25 juin pour finaliser les négociations sur la Pac. Sur les éco-régimes, une part de 25% semble acquise avec un plancher qui devrait se situer autour de 20% pour les deux premières années (2023 et 2024). Le Portugal propose une part de 35% consacrée au mesures environnementales dans le second pilier avec un facteur de pondération de 60% pour les paiements en faveur des zones à handicap naturel. Concernant les bonnes conditions agricoles et environnementales, le Conseil plaide pour la reconnaissance de la diversification des cultures comme pouvant être équivalente à la rotation; et 4% de surfaces non productives, pouvant être réduites à 3% si les cultures dérobées et les cultures fixatrices d'azote sont également incluses. Enfin, pour l’alignement sur le Green deal, les plans stratégiques nationaux seraient mis à jour périodiquement pour tenir compte des objectifs fixés. Si un accord sur la Pac est conclu à l'issue du trilogue le 25 juin, il sera présenté aux ministres de l’Agriculture de l’UE le 28 juin pour approbation. Dans le cas contraire, prévient la présidence portugaise, les ministres seront informés que les négociations se poursuivront sous la présidence slovène au second semestre.

Biodiesel: le Sénat adopte un amendement en faveur du biofioul

Le Sénat a adopté le 18 juin un amendement qui propose de favoriser le remplacement du fioul domestique fossile par un bio-liquide renouvelable, en l’occurrence du biodiesel. «L’État crée les conditions pour que la part renouvelable des combustibles liquides de chauffage soit au moins égale à 30% de la consommation finale d’énergie des combustibles liquides de chauffage en 2030», indique cet amendement 28 de l’article 22 bis au projet de loi Climat. Ce texte, déposé par le sénateur Franck Menonville (UDI, Meuse), demande la transposition de la directive européenne 2018/2001 relative à la promotion de l’énergie renouvelable. «Le Sénat a adopté une position cohérente, à même de favoriser la transition énergétique dans les territoires, tout en tenant compte de la situation économique des usagers des zones périurbaines et rurales», commente Éric Layly, président de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C). La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avait émis un avis défavorable, car il n’est pas encore prouvé qu’un «fioul contenant une part importante de produits biosourcés est compatible avec les chaudières».

Grandes cultures: les prévisions de rendements européens corrigées à la hausse

Les rendements européens pour le blé tendre, l'orge et le colza sont désormais prévus «nettement supérieurs à la moyenne quinquennale», a indiqué le 21 juin le service de prévisions Mars de la Commission européenne après avoir révisé ses estimations à la hausse pour toutes les cultures d'hiver, mais aussi pour l'orge de printemps. «Les températures plus chaudes, combinées à un apport d'humidité favorable, ont accéléré l'accumulation de biomasse et le développement phénologique des cultures d'hiver et des céréales de printemps, améliorant ainsi les perspectives de rendement», selon un rapport. Les cultures d’été n’ont pas toutes profité de cette situation. Ainsi, le rendement européen est affiché en hausse pour le blé tendre à 6,01 t/ha (contre 5,91 en mai), le blé dur à 3,57 t/ha (contre 3,56), l’orge de printemps à 4,28 t/ha (contre 4,17), l’orge d’hiver à 5,9 t/ha (contre 5,89), le maïs grain à 7,84 t/ha (contre 7,81), le colza à 3,23 t/ha (contre 3,21). A l’inverse, les prévisions sont à la baisse pour la betterave à 73,6 t/ha (contre 75,5 en mai), le tournesol à 2,20 t/ha (contre 2,21).

Machinisme: CNH Industrial acquiert Raven Industries

Le groupe italo-américain CNH Industrial a annoncé le 21 juin avoir conclu un accord pour l'acquisition de 100% de la société américaine de technologies de l'agriculture Raven Industries pour 2,1 Mrd$. L'acquisition «s'appuie sur un long partenariat entre les deux sociétés et renforcera la position de CNH Industrial sur le marché mondial des équipements agricoles», a commenté dans un communiqué l'entreprise, qui regroupe notamment les marques Case IH, New Holland et Steyr. L'acquisition sera finalisée pendant le quatrième trimestre 2021, suspendue à l'aval des actionnaires de Raven et des autorités compétentes. «Raven Industries est un pionnier de l'agriculture de précision depuis des décennies, et sa grande expérience des produits et son expertise en matière de logiciels axés sur le client (...) renforcent considérablement nos capacités», a fait valoir le p.-d.g. de CNH Industrial, Scott Wine, cité dans le communiqué. A part l'agriculture de précision, Raven Industries compte notamment aussi une branche aérospatiale et a enregistré un chiffre d'affaires de 348,4 M$ en 2020-21. La transaction devrait générer environ 400 M$ de synergies d'ici 2025, selon CNH Industrial.

Climat: la Pac critiquée par la Cour des comptes de l'UE

«Alors que plus d'un quart de l'ensemble des dépenses agricoles de l'UE de la période 2014-2020 – soit plus de 100 milliards d'euros – ont été allouées à la lutte contre le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre d'origine agricole n'ont pas baissé depuis 2010», constate la Cour des comptes de l’UE dans un rapport du 21 juin. Elle regrette que la Pac finance des mesures au «faible potentiel d'atténuation du changement climatique», voire même certaines qui «contribuent davantage au maintien des émissions qu'à leur réduction». La Cour vise particulièrement les émissions du secteur de l’élevage qui, «si l'on tient compte des émissions générées par la production des aliments pour animaux (importations comprises)», continuent d’augmenter. Pourtant, souligne le rapport, «la Pac ne prévoit pas de limitation du cheptel, ni d'incitation à le réduire». La Cour recommande donc à la Commission de demander aux États membres de fixer des objectifs chiffrés de réduction des émissions dans leurs futurs plans stratégiques et de suivre annuellement avec des indicateurs l'effet des mesures d'atténuation financées.

Tests abeilles: le Parlement européen met la pression sur les ministres de l'Agriculture

Les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen ont regretté le 21 juin à l’occasion d’une audition publique, que la discussion sur l’évaluation des risques des pesticides pour les abeilles entre les ministres de l’Agriculture prévue les 28 et 29 juin ne soit pas publique. La décision de mener cet échange de vues hors caméra doit encore être confirmé lors de la réunion des ambassadeurs de l’UE le 23 juin. Les parlementaires, qui avaient empêché l’adoption de critères jugés trop laxistes en 2019, ont également rappelé leurs exigences: ils souhaitent comme l’a proposé en 2013 l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) fixer le taux de mortalité acceptable des abeilles à 7%. Mais face à la réticence de nombreux États membres, la Commission européenne propose pour relancer la discussion un taux de 10% (contre environ 25% est aujourd’hui). La France fait partie des rares pays à défendre le chiffre de 7%. Dans une lettre adressée le même jour à la présidence portugaise du Conseil et à la Commission européenne, 34 ONG estiment qu’en aucun cas les États membres ne devraient s'écarter «du seuil de 7% qui est déjà reconnu par les organismes scientifiques européens comme la norme minimale acceptable».