ETUDE
Le bio priorisé par les consommateurs

Simon Alves
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Dans le cadre de l'évènement Bio n'Days (9-11 juin) était présenté le résultat d'une enquête OpionWay pour le Cluster bio Auvergne-Rhône-Alpes sur la perception du label « Agriculture biologique » par les consommateurs. Si leur attachement au bio se confirme, l'étude révèle quelques tendances nouvelles.

Le bio priorisé par les consommateurs
Les consommateurs sont prêts à dépenser 17 % de plus pour un produit bio par rapport à un produit conventionnel. ©Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Menée au printemps, l'étude du Cluster bio Auvergne-Rhône-Alpes a mobilisé au total 75 membres actifs de la communauté Green Lab et 1000 consommateurs de produits bio de plus de 18 ans. Premier enseignement : les consommateurs recherchent aujourd'hui des produits qui correspondent à trois nouvelles préoccupations : la qualité, la préservation de l'environnement et la solidarité. Jamais les consommateurs français ne sont apparus autant en quête d'informations sur les produits qu'ils achètent, en témoigne le succès du Nutriscore ou d'applications d'aide à la consommation comme Yuka. Dans la même optique, un grand nombre de Français acheteurs de bio plébiscitent aujourd'hui en complément des produits bio, des produits labellisés d'origine française (90 % d'entre eux pour l'alimentaire) ou qui ne contiennent pas d'ingrédients controversés (71 %).

Le label AB, un gage de qualité pour les consommateurs

Plus exigeant, le consommateur attend du label « Agriculture biologique » la garantie d'un message clair, d'un cahier des charges strict, de plus de transparence et de contrôles indépendants, fréquents et publiés. Lorsqu'on l'interroge sur sa définition d'un produit bio, les termes « sans pesticides ou insecticides », « sans produits chimiques ou phytosanitaire », « produit selon un cahier des charges » et « peu transformé » se taillent la part du lion. A ce titre, le label AB apparaît comme un gage de qualité d'un produit plus sain et plus écologique. D'après les conclusions de l'étude d'OpinionWay, le label AB affiche le meilleur niveau de notoriété et de confiance parmi toutes les mentions testées sur l'alimentaire, devant le « Fabriqué en France » ou l'Écocert. Au cours des douze derniers mois, 78 % des consommateurs interrogés ont consommé des produits alimentaires frais ou d'épicerie bio et près de 76 % d'entre eux veulent continuer d'en acheter à l'avenir. Ce type de produits bio est d'ailleurs plus prisé par les consommateurs que les produits cosmétiques, d'hygiène et de soins mais aussi les boissons, jus, vins et bières. Pour autant, pour ces deux dernières catégories de produits, le différentiel entre les achats réalisés ces derniers mois et les intentions d'achats est beaucoup plus significatif avec respectivement +14 % et + 32 %.

De nouvelles tendances de consommation

Si aucun profil type de consommateur de produits bio ne se dégage entre les lieux d'achats « physiques », l'achat en ligne est à 66 % féminin et concerne pour 42 % des cas des CSP+. Les grandes surfaces, elles, restent encore largement privilégiées par les consommateurs de produits bio, bien que leur indice de confiance ne soit que de 69 % contre 93 % pour la vente directe ou 89 % pour les magasins bio. Les grandes enseignes représentent par exemple 76 % des achats de produits alimentaires d'épicerie bio devant les magasins bio (40 %) ou les marchés et enseignes de hard discount (18 % chacun). L'étude d'OpinionWay révèle par ailleurs que les scandales dans l'agroalimentaire et la difficulté de percevoir les bénéfices réels du bio ont récemment ébranlé le crédit dont il bénéficiait jusqu'ici. Le niveau de confiance des consommateurs augmente en fonction de deux indicateurs : une production la plus localisée possible (régionale ou dans un rayon de moins de 100 km) et un produit très peu transformé. Le bio local s'impose d'ailleurs comme un relais de croissance important. A titre d'exemple, l'intention d'achat pour des produits alimentaires frais bio est de 75 % chez les sondés, intention qui grimpe à 83 % s'ils sont locaux. Les consommateurs, qui affirment être prêts à dépenser 17 % de plus pour un produit bio par rapport à un produit conventionnel, sont même d'accord pour payer 7 % de plus s'il est local.

Pierre Garcia