Elevage
Eleveur de fourrage : Bulletin n°18

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Semis de prairie, anticipez vos achats de semences. Focus cette semaine sur le ray-grass anglais.

Eleveur de fourrage : Bulletin n°18

Même si l’heure n’est pas au semis de prairie, il faut réfléchir dès aujourd’hui pour choisir les espèces et variétés. En effet, une implantation de prairie se fait souvent pour plusieurs années, il est intéressant de se pencher sérieusement sur la composition pour obtenir le meilleur de nos prairies. Il est important de choisir des variétés que vous connaissez et qui vous satisfont ou avec de critères qui vous intéressent. Suivant les espèces, les critères de choix seront différents. Nous reviendrons ces prochaines semaines sur les principales espèces prairiales pour de connaitre leurs qualités et les critères à surveiller. Nous verrons cette semaine le ray-grass anglais.

Ray grass

Graminée très présente dans les prairies naturelles fertiles le ray grass anglais est la plante du pâturage par excellence. Son appétence et sa souplesse d’exploitation en font une plante très appréciée des animaux et facile à conduire sur le printemps et l’automne. Elle est  très gazonnante (plante à multiplication végétative) ce qui améliore la portance au pâturage. Par rapport aux autres graminées et à même stade, sa valeur nutritive est bonne notamment en énergie et sa teneur en sucres solubles souvent proche de 20 %. Cette dernière amène l’appétence au pâturage mais aussi facilite la conservation en ensilage. La productivité n’est pas le point fort de cette espèce. Même si elle peut être soutenue sur le printemps et l’automne, la croissance est stoppée par des températures trop élevées (supérieur a 25°c) et ce quelque soit le niveau d’hygrométrie des sols. Il conviendra donc de les utiliser dans des secteurs plutôt frais ou sur des secteurs d’altitudes.  Les écotypes de prairie naturelle sont plutôt des RGA précoce d’épiaison mais la sélection variétale offre aujourd’hui une palette de précocité s’étalant sur 1.5 mois. Il convient donc de bien choisir la précocité de votre RGA. Dans les mélanges prairiaux, associer 2 variétés avec des précocités différentes peut être intéressant pour allonger la souplesse d’utilisation.  On veillera dans le cas d’une exploitation en pâturage à utiliser des variétés à faible remontaison pour éviter d’avoir à gérer des épis au-delà du premier cycle.

La part de RGA dans les mélanges prairiaux doit être ajuster avec les objectifs d’utilisations. Sur les mélanges destinés seulement au pâturage, le RGA doit représenter de 10 à 20kg dans le mélange. Il peut aussi être intégrer à des prairies longues durée destinées à la fauche. Dans ce cas-là, il amènera du potentiel sur la première année sans avoir les inconvénients des RGI ou RGH qui ont tendance à faire des touffes et à concurrencer les autres espèces. On l’intègrera dans ces mélanges à moins de 5kg/ha.

Les mélanges « suisses » du commerce sont généralement à base de RGA, ils ont tous les avantages de cette espèce avec la souplesse d’utilisation, l’appétence et la réponse en production. Mais ils ont aussi toutes les limites, avec une très faible pousse dès que les températures s’élèvent. La part de ce type de prairie doit être en cohérence avec la part de bonne prairie naturelle puisqu’elles ont les mêmes caractéristiques avec un potentiel un peu plus élevé.

Retrouvez la vidéo un jour une plante : le ray grass anglais

Rédaction :                            

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