Comptes de l’agriculture
Encore une mauvaise année

Emmanuelle Perrussel
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L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a publié, le 16 décembre, les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture pour l’année 2020 ainsi que les résultats RICA (Réseau d’information comptable agricole) de l’année 2019. La production totale diminuerait de 2,1 %, celle des céréales de 12,1 %. Le résultat net des agriculteurs chuterait de près de 12 %.

Encore une mauvaise année

Pour Noël, le menu risque de se résumer à une « soupe à la grimace » pour de nombreux agriculteurs. Surtout après la publication, le 16 décembre, des comptes de l’agriculture qui soulignent que « la production agricole en valeur de 2,1 % ».

Bien que la crise sanitaire ait globalement moins touché l’agriculture que les autres activités économiques, « l’impact sur les conditions de production des filières est bien réel » note l’INSEE, expliquant que « la situation sanitaire en cette fin d’année pourrait accentuer cette baisse ».

L’Institut détaille ses chiffres et pointe une « forte basse du volume des céréales », : -26,4 % pour le blé tendre, -23,5 % pour l’orge et -17,1 % pour le blé dur. La cause est connue : les conditions climatiques défavorables avec un hiver doux et pluvieux et un été sec avec de nombreux coups de chaleur. L’INSEE confirme également la chute des betteraves industrielles (-24,8 % « sous l’effet des conditions climatiques (…) et du virus de la jaunisse ». Quelques cultures parviennent à limiter la casse comme les pommes de terre (+6 %), les légumes (+2,2 %) et les oléagineux (+1,9 %). Les productions animales parviennent à maintenir leur niveau de 2019 (+0,4 %) avec des résultats contrastés. L’Institut note un fléchissement pour les volailles (-1,7 %) et un recul plus marqué pour les veaux. Il pointe une stabilité chez les gros bovins, légère augmentation chez les porcins (+0,8 %), les ovins-caprins (+0,9 %) et le lait (+1 %) une hausse plus importante pour les œufs (+6,4 %)

« Pas de souveraineté sans revenus »

La logique conséquence de cette année morose est un recul de la valeur ajoutée brute de la branche agricole (-5,4 %) « du fait de la baisse de la production au prix de base (-2,0 %) », précise la note de l’INSEE. « En termes réels, elle se réduirait de 6,5 %, après une baisse de 4,3 % en 2019 ». Mais d’après les calculs de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), le résultat net de la branche agricole par actif non salarié serait ainsi de - 11,8 %.

C’est la deuxième année de baisse que le secteur agricole connaît. Les chiffres 2019 affichaient aussi une baisse de 2 % en raison du recul des productions végétales et viticoles. Commentant la publication de ces résultats, la FNSEA juge « primordial de donner aux agriculteurs les moyens d'être compétitifs pour relever le défi de la souveraineté alimentaire sur le long terme ». « Pas de souveraineté alimentaire sans revenus pour les agriculteurs ! », martèle le syndicat agricole qui appelle « à une accélération du mouvement de remise en compétitivité de l'agriculture française », notamment à travers le plan de relance et la baisse des charges. « Il faut donner des perspectives aux nouvelles générations qui viennent de s'installer ou qui envisagent de rejoindre le secteur agricole », conclut la FNSEA.