Coteaux-du-lyonnais
De la qualité pour tous

Emmanuelle Perrussel
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Les vendanges se sont achevées autour du 15 septembre dans la plus lyonnaises des appellations. Stéphane Vier, coprésident de la fédération des vignerons des coteaux-du-lyonnais, dresse le bilan.

De la qualité pour tous

Comment se sont déroulées les vendanges de ce millésime 2020 ?

« Nous avons commencé autour du 17 août pour finir environ un mois après, soit un démarrage en avance d’une quinzaine de jours par rapport à 2019. Les vendanges se sont plutôt bien déroulées pour l’ensemble des vignerons de l’appellation. Nos vignes ont cependant beaucoup souffert du manque d’eau. Les quelques pluies orageuses des mois de juin et juillet ont été assez localisées, ce qui a créé de grandes disparités de rendements entre les domaines. De plus, les coteaux-du-lyonnais se caractérisent par un patchwork de terroirs : les terrains sablonneux et granitiques ont par exemple davantage été pénalisées par la sécheresse. »

 

Quels ont été les faits marquants de la saison 2020 ?

« Nous avons connu un léger épisode de grêle le 18 juin, avec quelques baies touchées sur le secteur de Grigny-Orliénas, mais rien de grave globalement. Les sorties de fleurs se sont bien déroulées. Si les précipitations avaient été plus importantes et plus régulières, nous aurions eu un meilleur rendement. »

 

Justement, que pouvez-vous nous dire sur le rendement ?

« Cette année, les quantités ont été relativement équivalentes en blanc et rouge, légèrement plus élevées en blanc. Sa moyenne se situe à 40 hl/ha mais une fois de plus, il est disparate d’un secteur à l’autre. »

 

Et sur la qualité ?

« Nous avons vendangé un très joli millésime. En gamay, la matière est impressionnante et parfaite pour nos cuvées singulières. Concernant l’aspect sanitaire, nous avons relevé une petite pression d’oïdium qui s’est vite éteinte compte tenu des conditions météorologiques. Le mildiou, on n’en parle même pas. »

 

D’un point de vue œnologique, comment se déroule le travail en cave ?

« On a affaire à des vins facile à vinifier. Les fermentations malolactiques se font assez vite car les caves sont chaudes. Les fermentations alcooliques sur rosés et blancs s’effectuent elles aussi sereinement. Les conseillers en œnologie recommandent cependant d’être un peu plus attentifs en cave du fait de ces évolutions rapides. En rouge, la couleur est extra, les tanins très fins, tous ces éléments augurent d’un millésime d’exception. »

 

Pour finir, comment se porte le marché ?

« Il est comme les effets de la météo : assez hétérogène ! Avec cette année, la Covid-19 qui s’est invitée… Selon les modes de vente et le degré de diversification des débouchés, les effets négatifs de cette crise sont variables. Ceux qui écoulent leur production en circuits courts localement ont moins de répercussions sur leurs chiffres que ceux qui travaillent avec des restaurateurs ou qui exportent. »