Eleveurs Limousin
Chaud devant pour le steak surgelé ?

Simon Alves
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Réunis en assemblée générale mercredi 10 février, les membres de l'association des Eleveurs limousin du Rhône ont évoqué les pistes de travail pour 2021. Outre l'élection du bureau, l'organisation planche aussi sur la commercialisation d'un steak haché surgelé commun à la race.

Chaud devant pour le steak surgelé ?
Jean-Claude Martin, conseiller bovins à la chambre d'agriculture du Rhône, et Mathieu Vial, président des Eleveurs limousin du Rhône.

Parce qu'une assemblée générale qui commencerait à l'heure n'en serait pas vraiment une, les Eleveurs limousin du Rhône n'ont pas dérogé à la règle en démarrant la leur avec trente minutes de retard mercredi 10 février dernier ! "Ça ne changera pas je pense", en a d'ailleurs blagué en ouverture Mathieu Vial, président de l'association, dans la salle du Lavoir de la mairie de Vaugneray. Une réunion en présence d'une quinzaine de personnes au total, dont quelques nouvelles têtes extérieures à l'association mais amenées à collaborer à l'avenir. Parmi celles-ci, Cyril Collin, directeur d'ALSONI, le nouveau prestataire de contrôle de performance missionné par la chambre d'agriculture du Rhône et qui remplacera en compétence Jean-Claude Martin, présent lui aussi. Fraîchement nommée, la nouvelle directrice du Groupement de défense sanitaire (GDS) Chantal Weber (voir notre interview) avait notamment fait le déplacement pour cette assemblée. Une rencontre qui a permis, entre autres, aux Eleveurs limousin d'élire leur nouveau bureau. Pas de gros changements, puisque Mathieu Vial, éleveur aux Halles, conserve son rôle de président et Véronique Laby, de Brignais, celui de secrétaire. Benjamin Blanc (voir notre article), jeune exploitant de Vaugneray, est quant à lui le nouveau vice-président et Nicolas Junique, de Chaponost, reprend la casquette de trésorier.

Les promesses de la vente directe

Une équipe dirigeante qui a notamment fait le point avec les adhérents présents sur certaines initiatives de vente directe mises en place en 2020. C'est le cas de Mathieu Vial qui s'est associé avec trois autres exploitations des Monts du Lyonnais pour proposer leur viande limousine au Carrefour Market de Saint-Symphorien-sur-Coise. "On a démarré le 2 novembre avec un bête de 24 mois par semaine, a détaillé le président. Le magasin nous a bien ouvert ses portes et compte sur l'intérêt des gens pour le local." Un critère qui est d'ailleurs le seul dans ce partenariat : la viande doit provenir d'un rayon de 20 km autour du magasin maximum. L'initiative a en tout cas rencontré du succès, que ce soit à travers la page Facebook du Carrefour Market ou en rayon boucherie. "C'est plutôt de bon augure" a rassuré Mathieu Vial. De son côté Pierre Gouttenoire, éleveur à Amplepuis, a expliqué avoir aussi discuté d'éventuelles pistes de commercialisation auprès de la GMS, dont un "bon accueil" de la part d'une enseigne. "En termes de communication, on aurait intérêt à structurer quelque chose, notamment si on souhaite aller voir les collectivités", a-t-il ajouté.

L'envie d'un steak haché limousin du Rhône

Une idée qui germe dans les esprits des Eleveurs limousin depuis l'an passé, lorsque Véronique Laby avait soumis l'idée de créer leur propre marque de steak haché surgelé à proposer en circuit court. Souhaitant remettre ce projet sur la table, Mathieu Vial a suggéré l'éventualité pour les adhérents de transformer eux-mêmes la viande sans passer par un prestataire. Une solution qui impliquerait des investissements à hauteur de 25 000 € pour le matériel nécessaire. Si l'idée d'une viande limousine rhodanienne a semblé emporter l'adhésion, les contraintes législatives et sanitaires à ce sujet d'une transformation "à domicile" ont freiné des ardeurs. Reste que le moment semble bien choisi pour créer sa propre marque. "Chaque territoire va mettre en place son projet alimentaire de territoire, a rappelé Philippe Bonnier, éleveur et maire de Coise. Après avoir discuté avec la métropole on s'aperçoit qu'ils sont dans un positionnement de relocalisation de leur consommation. La loi Egalim va les obliger à modifier leur code de marchés publics pour s'approvisionner en local. Je pense qu'il y a des opportunités à travailler avec eux et le steak haché pour la restauration collective a un vrai sens." Se proposer aux collectivités, une piste qui nécessitera de l'organisation pour peser, comme l'ont rappelé plusieurs membres de l'association. Une organisation qui devra probablement être plus large que les frontières de la race limousine.