Marathon de la biodiversité
Le Beaujolais cité en exemple

Emmanuelle Perrussel
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Pour montrer la réussite de la première étape du Marathon de la biodiversité sur le territoire de la communauté de communes Saône-Beaujolais (CCSB), l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (RMC) a réuni divers acteurs le 17 septembre.

Le Beaujolais cité en exemple

Enjeu majeur pour l’avenir, le sujet de l’appauvrissement de la biodiversité est de plus en plus à l’ordre du jour, comme celui du changement climatique. « L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (RMC) propose des financements pour restaurer cette biodiversité, via des appels à projet qui vont mobiliser 55 millions d’€ sur la période 2015-2024. Son périmètre d’action a été élargi récemment aux trames bleu turquoise, c’est-à-dire aux espèces connectées aux milieux aquatiques (trame bleue) où l’on retrouve des espèces qui migrent vers des milieux plus secs (trame verte), comme les amphibiens, papillons, libellules, certains mammifères et oiseaux », a énuméré Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau RMC, en introduction de la matinée de visite dans le Beaujolais, le 17 septembre.

Course de fond

Parmi ces appels à projets, l’un des plus audacieux a émergé dans le Beaujolais, en 2017, sous l’impulsion de la communauté de communes Saône Beaujolais (CCSB) : le Marathon de la biodiversité. Il vise à planter 42 km de haies en bordure de vignobles, de prairies et de Saône et de restaurer 42 mares. À mi-parcours de cette course de fond, la CCSB, qui propose un accompagnement clé en main, en est à la mise en place de 22 km de haies, la restauration de 7 mares et la création de 5 autres. Cette dynamique est possible « grâce à l’appui financier de l’Agence de l’eau et à l’implication de nombreux acteurs aux côtés de la collectivité », comme l’a souligné le vice-président de la CCSB Frédéric Pronchéry. Peu à peu le projet a suscité un engouement sur le secteur et aujourd’hui, ses acteurs réfléchissent à la suite à donner, notamment trouver comment assurer l’entretien de ses haies à long terme afin que les agriculteurs concernés soient accompagnés (achat de matériels en commun, appel à des prestataires privés…).

Émulation sur le terrain

Émulation sur le terrain

Sébastien Dupré, vigneron à Saint Lager en brouilly sur 15 ha depuis dix ans, met en œuvre des pratiques agroécologiques sur son exploitation. « Les principes majeurs sont d’avoir des sols couverts et des arbres, d’où mon travail en agriculture de conservation et l’implantation de haies autour des parcelles qui permettent de favoriser les interactions entre plusieurs écosystèmes », explique-t-il. Jérôme Berruyer, technicien à la fédération de chasse du Rhône et de la Métropole de Lyon retrace l’historique de l’action en faveur de la biodiversité qui est née sur le mont Brouilly, en lien avec la FDCRML. « Ils n’étaient qu’une poignée au départ, puis le groupe s’est étoffé. Nous travaillons avec des essences locales d’arbres et également des essences méditerranéennes, avec l’appui de la chambre d’agriculture et d’autres partenaires (MFR, personnes en insertion…). Les viticulteurs se sont appropriés cette action en faveur de la biodiversité et c’est un travail collectif. Le Marathon du Beaujolais est une belle vitrine d’actions qu’il faut montrer et expliquer pour en entraîner d’autres avec nous », conclut-il.