ODG Beaujolais - beaujolais villages
Les propositions de conditions de production pour 2020

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Les ODG ont travaillé ces dernières semaines sur les propositions de conditions de production pour la récolte 2020, propositions qui devront ensuite être validées au comité national de l’Inao.

Les propositions de conditions de production pour 2020
David Ratignier, président de l’ODG beaujolais – beaujolais villages, confirme qu’une demande de mise en réserve interprofessionnelle sera faite pour les deux appellations (rouges).

En raison de la précocité du millésime 2020, le comité régional de l’Inao (Crinao) a avancé sa prochaine séance au 30 juillet. Par conséquent, les ODG ont travaillé ces dernières semaines sur les propositions de conditions de production pour la récolte 2020, propositions qui devront ensuite être validées au comité national de l’Inao.
L’ODG beaujolais - beaujolais-villages (BBV) annonce un maintien des rendements par rapport à la récolte 2019 : 58 hl/ha pour l’appellation beaujolais villages rouge et rosé et 60 hl/ha pour l’appellation beaujolais rouge et rosé. Pour les beaujolais et beaujolais villages blancs, ils s’élèvent respectivement à 70 hl/ha et 68 hl/ha.
Seul changement notoire, une mise en réserve interprofessionnelle sera demandée auprès du ministère de l’Agriculture pour les deux appellations. « Nous avons un accord de principe de 8 hl pour les beaujolais rouge, mise en réserve valable pour une durée de 12 mois, et de 4 hl pour l’appellation beaujolais villages rouge sur une période indéfinie. Nous verrons comment nous allons la mettre en pratique », précise David Ratignier.

Réserve interprofessionnelle

Cette réserve collective, que d’autres régions viticoles ont aussi réclamé, à l’image du vignoble Bordelais, est un moyen pour les deux appellations de jouer sur les équilibres d’offre et de demande. « En beaujolais, on veut réguler les volumes mis en marché, car l’offre est actuellement supérieure à la demande. Il faut donc canaliser et contrôler ces volumes et ainsi mieux les valoriser. En appellation beaujolais villages, les volumes sont à l’équilibre. On prévoit une production de 160 000 hl alors que 150 000 hl ont été commercialisés sur la campagne », justifie le président de l’ODG, qui souligne les efforts déjà consentis par le Beaujolais (restructuration, etc.) pour conserver un potentiel de récolte suffisant malgré les pertes de surfaces liées aux arrachages. « L’objectif est vraiment de conserver nos rendements à ce niveau-là, sachant qu’ils ne sont pas si hauts par rapport à d’autres régions viticoles ».
Cette mise en réserve collective n’est qu’une étape vers le système de Volume complémentaire individuel (VCI) qui reste un objectif à court terme pour l’ODG BBV mais également celui des crus du Beaujolais. « Dans les mois à venir, nous allons faire une demande pour rentrer dans ce système de VCI. Pour cela, il faut être au rendement du cahier des charges. On constate aussi qu’on doit parfois faire face à des petites récoltes et qu’elles sont aléatoires d’une année sur l’autre, à l’image de 2018 et 2019 », indique-t-il.
Concernant les autres propositions de conditions de production qui seront formulées par l’ODG BBV, le VSI (volume substituable) reste inchangé. Le taux d’acidité volatile aussi. Le conseil d’administration n’a pas l’intention de demander une dérogation, à l’inverse de l’ODG des crus. « On constate effectivement que les taux ont augmenté ces dernières années. Mais ce point fait toujours l’objet d’un débat. C’est un travail de longue haleine », ajoute David Ratignier.

Coefficient primeur inchangé

Concernant le coefficient primeur, l’ODG BBV s’inscrit aussi dans la continuité en le maintenant à 0,42, « même si rien n’est définitif encore. Des discussions sont encore possibles et nous ne sommes pas à l’abri d’un aléa climatique tardif », précise David Ratignier. Ce choix provisoire de conserver le coefficient primeur à 0,42 est déjà guidé par l’équilibre du marché des beaujolais nouveaux, dont les premiers retours pour la campagne 2020 sont encourageants selon le président de l’ODG, notamment pour les marchés japonais et français. « Cependant, on a encore du mal à cerner les chiffres de production et les surfaces dans nos appellations. Et on subit encore une érosion des surfaces », remarque-t-il.

David Duvernay