L'info' en bref
Export - biométhane - menu végétarien - sans OGM - Pac - retraites - Lidl et service de remplacement...

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Export - biométhane - menu végétarien  - sans OGM - Pac - retraites - Lidl et service de remplacement...

Bourgogne : la cote à l’export

L’interprofession de Bourgogne a communiqué pour les quatre premiers mois de 2021 les statistiques douanières à l’export, dévoilant des records pour les vins de Bourgogne, en volume (+ 23,7 % par rapport aux quatre premiers mois de 2020, soit 6 millions d’équivalents 75cl exportés en plus) comme en chiffre d’affaires (+ 32,2 % soit 91 millions d’euros). « Parmi les quinze principaux pays d’exportation des vins de Bourgogne, seuls le Japon et la Suède sont en recul sur cette période. Ces deux baissent sont à relativiser cependant : les deux pays avaient réalisé de très belles hausses sur les 4 mois 2020 par rapport à 2019 », informe le BIVB.

Les exportations aux États-Unis sont aussi dynamiques + 16,6 % en volume et + 18,6 % en chiffre d’affaires, liées selon le BIVB au retour à une vie plus normal depuis le début de l’année et à l’annonce de la suspension temporaire en mars de la taxe de 25 % sur les vins tranquilles, suspension prolongée jusqu’en 2026 suite à la dernière annonce, mardi 15 juin. Le BIVB rapporte aussi des hausses au Royaume Uni (+ 7,9 % en volume et + 38,6 % en chiffre d’affaires) et une reprise économique en Chine (de + 146,5 % en volume et + 157 % en valeur). « La très grande majorité des AOC de Bourgogne profitent de cette relance de la consommation hors domicile à l’étranger : les vins blancs progressent de 20,4 % en volume et 23,7 % en valeur, les vins rouges font encore mieux (+ 39,1 % en volume et + 44,7 % en valeur) et les crémant de Bourgogne ne sont pas en reste (+ 4,5 % en volume et + 1,9 % en valeur) ».

Biométhane : vers un financement extra-budgétaire

Le Sénat a adopté le 18 juin l’amendement déposé par le gouvernement en vue d’un financement extra-budgétaire de la filière biométhane, dans le cadre du projet de loi Climat. Cet amendement vise à mettre en place une nouvelle source de financement du développement de l’injection de biométhane, à côté du mécanisme actuel de subventions. L'Etat imposerait de nouveaux objectifs à la filière sans en indemniser les surcoûts. Lors de la discussion à l’hémicycle, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a expliqué les grandes lignes de ce projet de dispositif additionnel, qui tend à imposer aux fournisseurs de gaz naturel une obligation de restitution à l'État de certificats de production de biogaz: «Les fournisseurs (de gaz, comme Engie ou GRDF, NDLR) pourront s'acquitter de cette obligation nouvelle, soit en produisant directement du biogaz, soit en acquérant des certificats auprès de producteurs qui ne bénéficient pas d'un soutien par tarifs d'achat». Rappelons que les producteurs qui ne bénéficient pas d'un soutien par tarifs d'achat sont des installations de grande taille.

SNBC : pas d'« objectif » de réduction des cheptels (ministre de l'Agriculture)

Alors que doit paraître «dans les prochains jours» un Plan d'action climat du ministère de l'Agriculture, qui sera sa déclinaison de la seconde Stratégie nationale bas carbone (SNBC-2), et du second Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC-2), le cabinet de Julien Denormandie a fait savoir à Agra presse que son Plan climat n'inclura pas «d'objectif» ou de «stratégie» de réduction des cheptels. Le ministre réagit à la parution dans nos colonnes des trajectoires de cheptel utilisées en 2018 au sein du ministère de l'Agriculture dans le cadre des travaux préparatoires à l'élaboration de cette SNBC-2. Si l'on reconnait au cabinet que la réduction des cheptels fait partie des scénarios tendantiels et qu'elle participerait, de fait, à l'atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, l'objectif du ministre est plutôt celui d'un maintien des cheptels dans le cadre de son objectif de «souveraineté alimentaire», assure-t-on. Dans cette hypothèse de maintien, les mesures identifiées seraient alors «plus fortement sollicitées» que dans un scénario de baisse, pour atteindre tout de même l'objectif de baisse de 19% de réduction des émissions fixé au secteur agricole français. «Notre objectif est de concilier la préservation d'une agriculture forte au service de la souveraineté alimentaire avec les transitions vers une réduction des gaz à effet de serre», explique le cabinet. Le Plan d'action climat avait été commandé par Matignon fin 2020 au ministère de l'Agriculture.

Menu végétarien : risque sur l'approvisionnement en cas de généralisation trop rapide

L'approvisionnement en produits végétaux «constitue un frein avéré à la mise en place du menu végétarien», prévient le CGAAER (ministère de l'Agriculture) dans un rapport publié le 15 juin sur l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire dans les cantines, instaurée par la loi Egalim. En particulier, «l’approvisionnement en légumineuses peut s’avérer problématique, en cas d’accroissement trop rapide de la demande», notent ses auteurs, qui craignent des effets contreproductifs: «Le risque serait alors d’ouvrir la voie à l’usage de produits ultra-transformés et importés». «Dans 63% des collectivités, 71% des enfants ont un repas végétarien hebdomadaire», note le CGAAER. Toutefois, l'impact de ce menu sur la fréquentation, le coût des repas et le gaspillage alimentaire «demeure assez incertain». Ce qui n'empêche pas «une grande majorité des interlocuteurs rencontrés» d'affirmer que «le repas végétarien hebdomadaire à la cantine scolaire ne présente que des avantages». Plutôt que d'accroître la fréquence de ces menus (qui fera l'objet d'un rapport de l'Anses en septembre), les inspecteurs du CGAAER suggèrent de l'étendre à d’autres domaines de la restauration collective «publique et privée, destinée aux adultes (resto U, restauration d’entreprise… mais hors secteur hospitalier)».

Sans OGM : l’interprofession laitière reconnaît la certification CSA-GTP

«Dans le cadre du cahier des charges interprofessionnel pour des produits laitiers "issus d’animaux nourris sans OGM", le Cniel, l’interprofession laitière française, reconnaît la certification CSA-GTP et plus précisément son module non-OGM», annonce-t-elle dans un communiqué le 17 juin. Cette reconnaissance est «d'ores et déjà applicable», précise le Cniel, même si son officialisation interviendra «dans les prochaines semaines», à l'occasion de la publication du cahier des charges «révisé en ce début d’année 2021». Et d'indiquer que «plus de 30 auditeurs ont suivi la formation qualifiante» nécessaire. Le Cniel se félicite d'une avancée qui «vient renforcer la compétitivité des filières françaises végétales comme animales». Créé en 2009, le schéma de certification CSA-GTP (Charte de Sécurité Alimentaire – Good Trading Practice) appartient à la FNA (négoce), à la Coopération agricole Métiers du grain et au Synacomex (commerce extérieur de céréales). Leurs entreprises traitent plus de 60 Mt de céréales, oléagineux, protéagineux et dérivés. Le Cniel ajoute qu'une «demande similaire a été faite auprès de l’association Vlog, qui gère le label "Ohne Gentechnik" en Allemagne».

Pac : le Copa-Cogeca demande un accord «réaliste et réalisable»

Christiane Lambert, en sa qualité de présidente du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), a mis en garde, le 18 juin à l’occasion d’une conférence de presse, les négociateurs des institutions européennes qui s’apprêtent à finaliser les discussions sur la future Pac, leur demandant de s’en tenir à «des objectifs environnementaux réalistes et réalisables». Les trois institutions de l'UE espèrent conclure un accord lors du super trilogue des 24 et 25 juin, qui devra ensuite être avalisé par les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept les 28 et 29 juin à Luxembourg. Christiane Lambert prévient que «la Pac n’est pas qu’un outil de verdissement», et que pour pouvoir mener les transitions demandées, il faut «de la stabilité, de la visibilité et des soutiens». Elle s’inquiète également des exigences qui pourraient être fixées concernant la rotation obligatoire des cultures à la parcelle et le pourcentage minimal de surfaces non productives. La présidente du Copa-Cogeca a également regretté le récent vote du Parlement européen qui appelle à interdire l’élevage d’animaux en cage à partir de 2027, alors que, rappelle-t-elle, «nous manquons encore de solutions techniques» et que «les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus chers».

Petites retraites agricoles : les syndicats saluent l'adoption de la PPL Chassaigne

«Un grand pas dans la bonne direction». C'est par ces mots que la FNSEA et ses sections des agricultrices et anciens exploitants saluent l'adoption de la proposition de loi (PPL) Chassaigne sur la revalorisation des petites retraites, le 17 juin par les députés en première lecture. Débouchant sur une augmentation moyenne de 100€ des pensions d'environ 210000 conjoints collaborateurs et aides familiaux, la PPL parcourt «la moitié du chemin», nuance toutefois la FNSEA dans un communiqué le 18 juin. «Nous visons en effet une revalorisation des retraites des membres de la famille à carrière complète à hauteur de 75% du Smic (913 € par mois)». Le syndicat majoritaire demande que ce texte soit désormais «discuté le plus rapidement possible au Sénat». Un objectif partagé par la Confédération paysanne, qui réclame une entrée en vigueur «dès le 1er janvier 2022», dans son communiqué du 18 juin: «Pour une carrière complète, aucune retraite ne doit être inférieure à l’Aspa (Minimum vieillesse), quelque soit le statut!», demande-t-elle également.

Lidl remet 300 000 euros au service de remplacement

Multipliant les initiatives et les annonces à destination du monde agricole, Lidl a annoncé le 18 juin dans un communiqué de presse remettre un chèque de 300 000 euros au service de remplacement. Cela correspond à quelque 4000 journées de remplacement pour les agriculteurs. Cet argent provient d’une collecte réalisée dans les supermarchés de l’enseigne début mars. Cinq centimes d’euros étaient alors prélevés sur chaque produit vendu sous la marque «Saveurs de nos régions». «Permettre aux agriculteurs de prendre du temps pour eux est primordial en termes de qualité de vie au travail: se former, se reposer, passer du temps avec sa famille sont essentiels pour la performance individuelle et l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée», témoigne Nicolas Sarthou président du service de remplacement. «Nous sommes convaincus que la pérennité de l’agriculture française passe par la prise en compte des hommes et des femmes qui nous nourrissent au quotidien. C’est en étant à l’écoute de leurs besoins que nous arriverons à construire une agriculture nationale forte!», défend Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing Lidl France.