Agronomie
Quand la MFR plante pour les agriculteurs

Simon Alves
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Les élèves de la formation STAV de la MFR de Chessy-les-Mines ont participé lundi 8 février à une journée de plantation de haies chez un maraîcher à Duerne. Un phénomène agronomique qui se développe en agriculture.

Quand la MFR plante pour les agriculteurs
© MFR Chessy-les-Mines

Des brouettes, des pelles, des seaux et des caisses rouges et grises : les élèves de la formation Sciences et Technologies de l’agronomie et du Vivant (STAV) de la Maison Familiale Rurale de Chessy-les-Mines étaient dans le vif du sujet lundi 8 février. Sur les terres de Nicolas Bardin, nouveau maraîcher bio à Duerne, ils ont participé à une journée de plantation de haies. Une action initiée par le Syndicat interdépartemental mixte pour l'aménagement (SIMA) de la Coise et de ses affluents et la Fédération départementale des chasseurs (FDC) du Rhône. Au total, les aspirants agronomes ont planté près de 500 arbres, mettant ainsi en pratique leur savoir théorique sous la supervision de l'exploitant, de leurs formateurs et de Jérôme Berruyer, technicien à la FDC. "Cette classe a été brillante, avec des jeunes hyper motivés", a d'ailleurs tenu à saluer ce dernier. Leur démarche devait notamment permettre à Nicolas Bardin de bénéficier d'une double protection. "L'objectif est de développer des auxiliaires pour les cultures, donc d'attirer des insectes qui seront des prédateurs des ravageurs de cultures pour limiter l'utilisation de produits, détaille Jérôme Berruyer. Nicolas nous a aussi demandé de rajouter des linéaires afin de bénéficier d'une protection contre le vent face à l'érosion éolienne et pour ses serres." 

Protection et biodiversité

Le technicien a travaillé en amont pour sélectionner avec un spécialiste du maraîchage et des insectes 17 essences d'arbres différentes. Une diversité qui permet des floraisons étagées débutant en mars et se terminant en juillet pour attirer les insectes pollinisateurs. En plus de ce travail, Jérôme Berruyer est aussi intervenu en classe auprès des élèves afin de leur expliquer l'utilité d'une haie et son intérêt pour un agriculteur. Cette sensibilisation doit aussi s'effectuer auprès du professionnel qui souvent accuse une perte de surface pour la plantation et doit comprendre le gain à long terme. "Nous leur expliquons notre méthodologie avec un cahier des charges bien précis, ajoute le technicien de la FDC. Notamment le fait que nous déposons du bois broyé pour lutter contre le stress hydrique afin d'améliorer la valeur agronomique du sol pour le développement de la production." Ce type de journées n'est d'ailleurs pas une première. Depuis plus de trois ans maintenant le SIMA est financé par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, le Fonds pour l'arbre et le FEADER afin de redonner à l'arbre toute sa place près des exploitations. De son côté, la FDC y trouve un moyen de développer la biodiversité pour remettre en place un territoire plus accueillant pour la faune sauvage.

15 agriculteurs aidés

"Travailler avec la fédération de chasse a été essentiel à la naissance du projet, précise Justine Lagrevol, animatrice eau et agriculture au SIMA Coise. Nous avons amené notre capacité à animer le réseau et le terrain et notre connaissance du bassin." La plantation de haies connaît un véritable essor chez les agriculteurs depuis trois ou quatre ans. Les raisons sont multiples : ombrage pour le bien-être animal, brise-vent, biodiversité... Au total, une quinzaine d'agriculteurs reçoivent des plantations sur l'ensemble du bassin versant de Coise. Ces derniers reçoivent une formation auprès de la mission haies AURA, élaborent leur projet et le SIMA se charge de l'achat de plants, de la plantation et de l'encadrement technique. Reste à charge de l'exploitant le travail du sol et le paillage pour qu'il s'approprie la haie. "Faire intervenir les élèves dans ce contexte permet un partenariat gagnant-gagnant avec l'agriculteur", note Justine Lagrevol. Et ce type d'action est voué à se renouveler vu son succès. Alors que le SIMA Coise prévoyait de planter 6000 arbres à l'horizon 2021, elle dénombre déjà 25 000 en trois ans.