Chevaux de trait
De nouvelles pouliches sur les élevages

Emmanuelle Perrussel
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Plusieurs éleveurs adoptent des pouliches ou des juments, grâce à l’aide du Département, pour relancer l’élevage de chevaux de trait. C’est le cas de Guillaume Sonnery, éleveur à Vindry-sur-Turdine.

De nouvelles pouliches sur les élevages

Le constat sur la situation de l'élevage de chevaux de trait dans le Rhône est sans appel. « La reproduction diminue alors qu'il y a un réel manque de production que ce soit en filière utilisation ou en filière bouchère. Il nous manque cruellement des chevaux à dresser ou des poulains de boucherie pour développer une viande qualiteuse locale. Alors avec ce constat et le soutien du Département et notamment de Colette Darphin et Christophe Guilloteau, un projet a vu le jour il y a plusieurs années », indique Ève Thivolle, présidente du syndicat des éleveurs de chevaux de trait du Rhône.

Malgré la situation sanitaire actuelle, ce projet qui occupe le syndicat depuis plusieurs années et lui tient à cœur a pu voir le jour. « Même si avec les années de sécheresse que nous avons vécues, il n'a pas été simple de motiver nos éleveurs à prendre de nouvelles pouliches ou juments dans leurs exploitations. Mais le débouché de la production est assuré du fait de ce manque de poulains, alors certains se sont lancés et les premières pouliches ont été achetées en 2020. L'objectif étant d'apporter de nouvelles reproductrices dans nos paysages », ajoute la présidente du syndicat.

Vers plus de naissances

C’est Guillaume Sonnery, installé à Vindry-sur-Turdine qui a accueilli la première pouliche à l’automne dernier. Double actif, celui-ci élève 35 vaches limousines et 5 chevaux (2 de selle et 3 de trait). La nouvelle pensionnaire, Kalina de la Meule, est arrivée chez lui de Saint-Hilaire-du-Maine dans la Mayenne en novembre dernier. La jolie percheronne à la robe noire a rejoint la famille Sonnery à l’âge de 5,5 mois. « Il y a une dizaine d’années, j’ai décidé d’arrêter l’élevage de chevaux de trait du fait de la difficulté à vendre nos produits. Puis ce projet de relance, lancée par le syndicat auquel j’adhère, et la passion de mes filles pour les chevaux m’ont convaincu de reprendre cette activité sur mon exploitation », explique Guillaume Sonnery, qui espère proposer donc à nouveau de l’attelage, du loisir et de la viande de cheval. « Ces dernières années, nous assistons à une recrudescence de l’attelage de loisirs avec des événements tels que la Route du Beaujolais. Je pense en acheter une autre fin 2021. Avec l’aide du Département, le cheval coûte 30 à 35 % moins cher, c’est intéressant », ajoute-t-il.

Afin d’augmenter le nombre de naissances sur le département, Kalina rencontrera un étalon lorsqu’elle aura 2,5 ans. D’ici là et depuis son arrivée, la pouliche est traitée comme une reine par Guillaume Sonnery et ses filles Céleste et Capucine. Cette dernière, qui a reçu la passion du cheval en héritage de son grand-père et de son père, s’occupera plus particulièrement de Kalina. « C’est moi qui l’ai choisie pour son allure légère, ses bons aplombs et sa belle robe noire. Je compte la présenter prochainement en main à un concours modèles et allures. En attendant, je me charge de son éducation », souligne la jeune fille.

D'autres pouliches ont été achetées sur le département depuis et le projet se terminera fin 2021. Le syndicat invite les éleveurs intéressés à le contacter par mail à [email protected] ou au 06 18 29 39 39 (Ève Thivolle, présidente du syndicat).