Les beaujolais chez soi 

Cédric Perrier
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La sortie des primeurs dans la capitale des Gaules a été fêtée à la maison. Malgré l’interdiction des dégustations et autres rassemblements festifs, les consommateurs ont néanmoins répondu présent. 

Les beaujolais chez soi 
Installés depuis bientôt deux ans, Amandine et Cédric font partie du réseau Bistrots Beaujolais avec leur restaurant À notre table, dans le 6e arrondissement de Lyon.

Troisième jeudi de novembre, Lyon. C’est une ville discrète qui fête la sortie des beaujolais nouveaux. Pas d’effusion devant la cathédrale Saint-Jean, aucun roulé de tonneaux sur les pavés, pas plus de péniche à l’horizon sur la Saône, comme ce soir de l’année 2019, quand les Jeunes agriculteurs avaient souhaité rappeler l’arrivée du précieux breuvage dans la capitale des Gaules à une époque que peu d’entre nous ont connue. Pourtant, jeudi 19 novembre 2020, les beaujolais nouveaux sont bien de sortie.

Dans le 6e arrondissement, le gérant de cave Vignes et vin reconnaît « avoir joué petit bras en raison de la Covid-19. J’avais commandé 60 bouteilles des Domaines Chermette, autant de la Maison Jambon, or je n’ai plus rien. J’ai donc recommandé 120 bouteilles. Les clients ont vraiment joué le jeu. » Non loin de là, dans la cave Les domaines qui montent (LDQM), le refrain est le même avec néanmoins une quantité commandée bien inférieure. À 15 heures, plus une bouteille du Château Lavernette et du Domaine Ruet. Pour espérer croiser du monde, il faut aller plus loin dans le 6 arrondissement, à la limite de Villeurbanne.

Une bonne surprise pour un bistrot beaujolais

Rue Notre-Dame, tous les rideaux des devantures de magasins sont fermés. Une seule lumière, ou presque, le bistrot Beaujolais À notre table est ouvert. À l’intérieur, Amandine et Cédric Boyer ont le sourire. Guillaume, un client, a commandé un repas du soir avec une bouteille du Domaine Rivière. Au menu, préparé par Cédric, salade de lentilles avec œuf poché, suprême de pintade avec un gratin de pomme de terre et une poire poché en dessert.

« On a eu plus de cinquante réservations, autant le soir que le midi, c’est plutôt une bonne surprise. Finalement on a passé autant de beaujolais nouveaux que l’année dernière », se réjouit Cédric. Sa femme Amandine embraye : « les gens ont besoin de se faire plaisir. » Il est 20 heures et la Croix-Rousse dort déjà. Seul le caviste Yard, sur le plateau, est encore éclairé. « J’ai tout passé, je pense même que j’aurais pu en vendre un peu plus. Je travaille sur du vin nature, avec Patrick Bouju, mais sur de petites quantités », précise Thomas.

Le bon plan du Troisième fleuve 

En redescendant en direction de la presqu’île, pas plus d’animation. Pourtant, en cherchant bien, Grande rue de Vaise, dans le 9e arrondissement, la cave à vin bien nommée Le troisième fleuve est certainement le lieu où il fallait être jeudi soir. Les clients fidèles ont répondu présents, comme une année ordinaire.

« Sur la campagne des beaujolais nouveaux on va passer près d’un millier de bouteilles. Je travaille avec une vingtaine de vignerons, parmi eux : le Domaine des canailles, Lapalu, Aurélie Durnerin, Louis-Clément David-Beaupère…  Je vends essentiellement des beaujolais toute l’année, c’est une cave référence pour les amateurs du produit », avance le responsable Vincent.

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Le troisième fleuve est une cave référence dans le 9e arrondissement de Lyon pour qui apprécie les beaujolais.