Grandes cultures
Rendements variables

Emmanuelle Perrussel
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Les céréaliers terminent ces jours la récolte des maïs dans le département. Les rendements en maïs, tournesol, soja et sorgho ont plus ou moins été impactés par la sécheresse et les fortes chaleurs dès le printemps et par les dégâts d’animaux nuisibles.

Rendements variables

« Les semis précoces ont payé cette année », aux dires de Stéphane Peillet céréalier à Saint Priest dans l’Est lyonnais. En effet, le temps sec s’est mis en place dès le printemps, au moment des semis de maïs. « Les levées ont été hétérogènes suivant la date d’implantation, puisque à cette période, nous étions en train de démarrer l’irrigation sur les blés », poursuit Stéphane Peillet qui signale par ailleurs la forte présence de corvidés. « L’un de mes champs où les semences n’étaient pas traitées a dû être ressemé. »

Pas plus d’eau consommée en plaine de Lyon

Les récoltes se sont étalées de la fin août à la mi-octobre et côté rendement sur la plaine de Lyon, ils se situent, en sec, dans une fourchette comprise entre 30 et 70 q/ha, selon la date de semis et le type de sols. En irrigué, les rendements sont plutôt bons à très bons, avec des chiffres au-delà de la moyenne quinquennale. « Les agriculteurs du Sud-Est lyonnais n’ont pas connu de restrictions d’eau contrairement à ceux de l’Est lyonnais car ils ont accès à l’eau du Rhône. La station de pompage au bord du canal de Jonage à Meyzieu n’a pas pu être opérationnelle cette année. Certains céréaliers avaient anticipé cette situation et ont mis moins de maïs. On peut aussi signaler les deux passages orageux de cet été qui ont ramené un peu de souplesse, avec deux fois 50 mm. Au global, on n’a pas consommé plus d’eau que d’habitude avec en moyenne 7 à 8 tours », ajoute Stéphane Peillet.

D’autres bonnes nouvelles aussi pour cette saison : des frais de séchage moins élevés car les maïs ont été récoltés proches de la norme (autour de 20 % de taux d’humidité). Et des cours qui seraient en train de se redresser.

Le bilan est un peu plus nuancé sur la plaine des Chères. Gilbert Bouricand, président de la section grandes cultures et producteur à Quincieux est moins enthousiaste sur les rendements. La récolte des maïs qui a démarré autour du 10 septembre est également en train de s’achever en cette mi-octobre. Après des semis sur sols très secs, les animaux nuisibles ont causé beaucoup de tort aux cultures : les corbeaux surtout dans les maïs du semis jusqu’au stade 5-6 feuilles, les sangliers, les surmulots et les ragondins ensuite. Les pigeons et les palombes s’en sont pris aux cotylédons de soja et de tournesol. « Pour ma part, j’ai dû ressemer 1 à 2 % de mes 46 ha de maïs. Nous avons un partenariat avec les chasseurs du secteur, cela permet de faire fuir les corbeaux, même s’ils finissent par revenir ou changer de parcelles… », indique Gilbert Bouricand.

-10 à 15 % en plaine des Chères

Sur la plaine des Chères également, il a fallu irriguer plus tôt et mettre davantage d’eau : « on a démarré autour du 10 juin avec 5 à 6 tours d’eau au lieu des 3 à 4 tours habituels. Au-delà de la sécheresse, les fortes chaleurs ont aussi impacté le rendement. Même si nous n’avons pas connu les mêmes restrictions d’eau que dans l’Est lyonnais, nous nous sommes rapidement retrouvés limités pour irriguer du fait de la saturation du réseau ». Ainsi, cette année, les rendements, même en irrigués, sont inférieurs de 10 à 15 % à ceux d’une année normale et se situent autour de 105 à 110 q/ha. « C’est la même tendance pour les sojas et les tournesols », ajoute le producteur de Quincieux.

En non irrigués, il manque entre 30 et 50 % du rendement en maïs et 15 à 20 % en tournesol, soja et sorgho. « Sur le secteur, la tendance est de baisser la sole de maïs au profit du sorgho et du soja. Pour le soja, les cours sont assez stables d’une année sur l’autre et elles sont moins gourmandes en eau. De plus, elles libèrent le sol plus tôt, en laissant un reliquat azoté intéressant qui permet de gagner une vingtaine d’unités d’azote sur la céréale d’après », précise Gilbert Bouricand.

Pour l’heure, les céréaliers sont à pied d’œuvre pour les semis de blé et d’orge. Ils se déroulent dans de bonnes conditions.