JEUNES AGRICULTEURS
Une exploitation à pérenniser

Simon Alves
-

Tous les mois, retrouvez le portrait d'un adhérent aux Jeunes Agriculteurs avec notre chronique "JAttitude". Secrétaire général  des JA du canton de Saint-Symphorien/Mornant et nouvel installé depuis novembre 2020, Florian Thizy nous présente  son exploitation maraîchère sur les hauteurs de Duerne.

Une exploitation à pérenniser

La suite logique. Pour Florian Thizy, issu d'une famille d'agriculteurs et salarié agricole pendant plusieurs années, l'idée posséder sa propre exploitation germait depuis un moment. "Cela faisait deux ou trois ans que je voulais m'installer et mes patrons savaient que je n'allais pas rester une éternité chez eux", explique l'agriculteur de 27 ans. Depuis novembre 2020, le jeune homme a lancé sa propre exploitation maraîchère à Duerne, juste en face de la commune d'Aveize. Un village où il a grandi au sein de la ferme de ses parents, éleveurs de vaches laitières. Malgré ce contact permanent avec les animaux depuis l'enfance, il ne fallait pas parler à Florian de l'éventualité de poursuivre dans cette voie. "Je n'ai pas la patience d'un éleveur et puis je fais des allergies aux poils donc ce n'est pas vivable", révèle-t-il en rigolant. Mais en amoureux inconditionnel du travail de la terre, Florian n'a pas pu résister à l'appel du grand air. Une passion qui l'a fait passer par le lycée agricole de Ressins dans la Loire puis un BTS en production végétale à l'institut Sandar la Salle de Limonest en 2014. "Par la suite j'ai un peu vadrouillé en travaillant dans différentes exploitations ou dans des activités para-agricoles comme technico-commercial, raconte-t-il. J'ai aussi voyagé en Nouvelle Zélande quelques mois pour me faire une idée de ce qui se faisait ailleurs." 

Idéalement installé

Mais comme la terre est ronde, il est assez fréquent de revenir à son point de départ. C'est donc tout logiquement que Florian Thizy a reposé ses bagages dans les environs comme salarié agricole. "J'ai été engagé par le groupement d'employeurs départemental pendant trois ans, se souvient-il. J'ai travaillé chez deux maraîchers : Jérémy Bazin à Meys et Sébastien Ferlay à Duerne." Plus que l'expérience que cette activité lui a permis d'acquérir, c'est de la liberté dont il a pu profiter chez ces deux exploitants que Florian a trouvé la motivation de se mettre à son compte.  "J'avais beaucoup d'autonomie chez eux et ça m'a permis de rapidement me prendre en main et d'agir comme si j'étais déjà installé", précise-t-il. En recherche de l'emplacement idéal, l'aspirant maraîcher s'est d'abord tourné vers le répertoire départ installation de la chambre d'agriculture. Mais c'est finalement par le bouche à oreille qu'il a trouvé la perle rare en reprenant les bâtiments et les prés d'éleveurs laitiers à la retraite. "Ce qui m'a fait sauter le pas, c'était d'avoir une retenue collinaire et d'être exposé plein sud, avec des terrains légers, détaille-t-il. J'ai aussi beaucoup de place avec les bâtiments et la ferme est facilement accessible près de la route." Autant d'arguments qui ont n'ont eu aucun mal à convaincre les banques lorsqu'il a présenté son plan d'entreprise.

Grandir petit à petit

Aujourd'hui, Florian Thizy doit gérer une trentaine d'hectares, dont trois en légumes et cultures, ainsi que des prairies pour de la pension d'animaux des éleveurs voisins et des arbres fruitiers. "Sur les trois hectares j'ai aujourd'hui 1800 m² de tunnels, mais j'en aurai 3500 m² d'ici l'année prochaine", met-il en avant. Sous ces abris poussent pêle-mêle des tomates, des aubergines ou encore des poivrons. A l'extérieur, on retrouve du légume d'hiver. Dans les grands bâtiments qui abritaient auparavant des vaches, la place pour stocker en chambre froide ne manquera pas. Il ne fallait pas traîner pour le jeune agriculteur. Vendant à 90 % sa marchandise sur le marché de la petite place de la Croix-Rousse à Lyon, Florian a pu obtenir cet emplacement si, et seulement s'il était en capacité de la proposer dès l'hiver à la clientèle. Si quelques épiceries et restaurateurs lyonnais s'intéressent aussi à sa production, le maraîcher fait de la vente directe sa marque de fabrique. Il réfléchit d'ailleurs à la possibilité de faire de la vente à la ferme en créant une boutique dans les prochains mois. "Même en ville les gens sont de plus en plus sensibles à ce qu'on fait et veulent venir voir comment on travaille", se félicite-t-il. Initialement prévu à 70 000 euros, son chiffre d'affaires pourrait bien être dépassé selon lui.

Un ancien chez les jeunes

Pour l'heure, n'étant que dans sa première année, l'exploitant manque évidemment encore de recul. "Je teste toutes les cultures que je pourrais éventuellement faire, explique-t-il. S'il y a des choses qui ne fonctionnent pas, au moins je le saurai. Je veux diversifier au maximum ma production et avoir le plus de valeur ajoutée possible sur les terrains."  Malgré son jeune âge, Florian Thizy n'est pas inconnu au bataillon dans le secteur. Chez les Jeunes agriculteurs depuis dix ans, le Duernois s'implique auprès de ses confrères. "Je suis entré aux JA par le biais de fêtes de canton, se remémore-t-il. Je voulais avant tout échanger, partager avec les autres et profiter de leur expérience." Il y a trois ans, Florian est même devenu secrétaire général du canton de Saint-Symphorien/Mornant. Entre les concours de labour, les vidéos pour les réseaux sociaux ou les fresques pour le Tour de France, il s'implique régulièrement au sein du syndicat pour promouvoir l'agriculture locale. "C'est important de s'engager et de montrer que l'agriculture ce n'est pas seulement gagner une misère. Il vaut mieux si je veux encore avoir des collègues plus tard !", conclut-il en riant.