Témoignages
Transmettre c’est regarder vers l’avenir

Emmanuelle Perrussel
-

La transmission est une étape clé pour tous les jeunes retraités. Elle n’est parfois pas simple et nécessite d’être anticipée. Certains comme Yves Aubry, associé du Gaec le Bouc et la Treille à Poleymieux-au-Mont-d’Or ou encore comme Bruno Piquet de Villechenève semblent avoir réussi cette transition. Rencontres.

Transmettre c’est regarder vers l’avenir

À quelques kilomètres de Lyon, au cœur des monts d’Or, le Gaec du Bouc et la Treille rajoute des pages à une histoire déjà longue. Pour l’heure c’est Stéphane Vier, le plus « ancien » des 4 associés. Il a été rejoint en 2004 par Yves Aubry, qui aujourd’hui a mis un pied dans la retraite et gardé l’autre sur le domaine. Pour assurer cette transition en douceur, il est en train de mettre en selle Thimothée Bechonnet, sur la partie production viticole. Déjà associé du domaine depuis quelques années, ce dernier s’occupait plus particulièrement de la partie communication et commerce. Ces missions-là sont désormais assurées par Marie-Anne Latorre, une jeune femme qui effectue toute cette année son stage test avant de s’installer en 2022.

Marie-Anne a été formée à la communication et au marketing avant de démarrer sa carrière en entreprise. « J’ai travaillé pendant deux ans pour la société Panzani mais j’aspirais à me rapprocher encore plus de la production. Le milieu du vin m’attirait depuis toujours. Je décidais alors de faire un BTS viticulture œnologie, ce qui m’a conduit à postuler pour mon alternance ici au Bouc et la Treille. Finalement, les associés du Gaec cherchaient un ou une associé(e) pour remplacer Thimothée sur la partie commerce et communication. J’ai alors saisi l’opportunité et je me suis finalement lancée dans une formation agricole plus courte (BPREA). J’ai effectué tous mes stages ici en 2020 », raconte Marie-Anne.

Elle se souvient encore de sa première rencontre avec les associés du Gaec : « ils m’avaient invitée à partager un repas avec eux, ils m’ont présenté la structure, le fonctionnement de l’exploitation. J’ai tout de suite senti que nous étions réunis autour des mêmes convictions, au niveau environnemental et humaniste, même si nous sommes tous les 4 issus d’horizons bien différents », ajoute la jeune femme.

Optimistes

Yves Aubry, quant à lui, originaire de Lorraine, a choisi dès la fin de la classe de 3e de se former aux métiers de l’agriculture. « J’ai réalisé de nombreux stages entre 1976 et 1978 chez des éleveurs caprins et ovins puis j’ai été salarié dans le domaine du bâtiment pendant une période avant de m’installer en élevage caprin avec transformation en Ardèche en 1981. En 2004, j’ai eu envie d’autre chose. Ma route a croisé celle du Gaec le Bouc et la Treille qui cherchait un associé pour remplacer Olivier Degris. L’exploitation commençait à beaucoup évoluer à cette période : après l’arrêt de l’élevage caprin, c’était au tour des vaches. Il y a eu ensuite la conversion à l’agriculture biologique en 2010, la création du Gaec Terre d’Éole en 2014 qui a repris l’activité céréales et pain. Aujourd’hui, nous cultivons un peu plus de 9 ha de vignes : 6 ha en gamay, 3 ha en chardonnay en appellation coteaux-du-lyonnais et 5000 m2 en viognier. La commercialisation, exclusivement sur la région lyonnaise, est réalisée à 50 % depuis le caveau auprès d’une clientèle de particuliers, le reste se répartit entre des magasins spécialisés, des restaurateurs et des traiteurs, des cavistes », a présenté Yves.

Celui-ci est optimiste quant au renouvellement des générations en agriculture. « En général, les exploitations qui comptent de petites surfaces, qui misent sur la culture biologique, transforment elles-mêmes leurs productions attirent des candidats. Être situé en zone périurbaine peut être un plus… ». Marie-Anne partage elle aussi cet avis.