Se former pour ne pas disparaître

Cédric Perrier
-

Il existe 11 000 Cuma en France, dont 130 dans le Rhône. La fédération régionale propose des formations pour aider les agriculteurs à mieux se prendre en main.

Se former pour ne pas disparaître
« Quand je parle de formation, je parle de terrain, je sais que les agriculteurs ne veulent pas s’asseoir derrière un bureau. À nous de les faire parler pour établir un diagnostic. », commente Daniel Petitjean, président de la fédération régionale des Cuma Auvergne Rhône-Alpes.

Plutôt que de distribuer des subventions, la fédération nationale des Cuma a opté pour une nouvelle orientation politique en préférant l’accompagnement et l’animation. « Ce nouveau dynamisme se veut plus participatif, une manière de pousser les Cuma à réfléchir autrement », commente Daniel Petitjean, président de la fédération régionale des Cuma Auvergne Rhône-Alpes.

Ici, ils forment des agriculteurs, mais aussi des élus et des salariés du réseau. Mais tout n’est pas aussi simple, se former n’étant pas d’une évidence implacable. « Il faut aller à la rencontre des Cuma, faire parler les acteurs et aborder les modes de gouvernance, la transmission, l’investissement dans une machine ou encore se pencher sur l’agroécologie. À cela il faut préciser que prochainement dans le Rhône près de 50 % des agriculteurs seront hors cadre familiale, il faut donc nous faire connaître », poursuit celui qui est éleveur à Pollionnay.

Des DiNA en augmentation

Par exemple, il existe depuis 2016 le dispositif national d’accompagnement des projets et initiatives (DiNA) des coopératives d’utilisation en commun de matériel agricole. Ce dispositif porte sur une aide aux investissements immatériels (conseil stratégique) et une aide aux investissements matériels à destination des Cuma.

« Alors que sur la région Auvergne Rhône-Alpes nous étions à 90 DiNA l’année dernière, nous espérions atteindre 110 cette année. Vu le contexte, ça risque d’être compliqué. Par ailleurs, et ce n’est qu’une orientation, la FNCuma table sur 50 % des Cuma en groupement d’intérêt agricole autonome (GI2A) d’ici sept ans. »

Des formations de terrain

Savoir devenir acteur de la Cuma, quelle prairie multi-espèces face au réchauffement climatique, formation des présidents, des trésoriers, la FRCuma propose une large palette d’enrichissement pour les agriculteurs, l’enjeu étant de les convaincre.

« Quand je parle de formation, je parle de terrain, de champs, je sais que les agriculteurs ne veulent pas s’asseoir derrière un bureau. À nous de les faire parler pour établir un diagnostic. » L’année dernière, ce sont 45 formations ont été dispensées.

Actuellement, ils sont une vingtaine d’animateurs à la fédération régionale. Pour Daniel Petitjean il en faudrait le double.

« On compte 60 jours pour répondre aux questions des agriculteurs, auparavant c’était 90. Afin d’être toujours plus efficace on augmente le temps des animateurs, dans le Rhône ils seront bientôt deux. Et les chiffres d’affaires des cuma augmentent de manière générale. Je suis très orienté sur l’autonomie et la réflexion », termine l’éleveur. Une façon de répéter que la formation est son cheval de bataille.