Air d’accueil

Cédric Perrier
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Sur la commune de Saint-Forgeux, le centre de soins pour animaux sauvages L’hirondelle recueille des dizaines d’oiseaux et mammifères blessés chaque jour.

Air d’accueil
Le centre L'Hirondelle a accueilli 4 320 animaux sauvages l’an dernier, sur quatre départements : Rhône, Loire, Drôme et Ardèche.

Il faut monter, monter encore, négocier quelques lacets avant d’apercevoir le centre de soins pour animaux sauvages. Ce que l’on regarde d’abord, c’est l’imposante volière de 100 mètres de long érigée récemment. Sur les hauteurs de Saint-Forgeux, à l’écart de tout ou presque, l’association L’hirondelle s’est installée dans cet ancien corps de ferme il y a maintenant douze ans. Cette année des travaux ont offert une nouvelle vie à la bâtisse. Sur une bande de replat, des tentes. Parce qu’ils sont entre 35 et 45 bénévoles à donner de leur attention chaque jour aux animaux blessés. Et plus de 3500 adhérents à soutenir l’association, le principal apport financier.

Pour mieux comprendre tout l’intérêt du centre, il suffit de préciser qu’il est le seul habilité à secourir les animaux sauvages - 4 320 l’an dernier - sur quatre départements : Rhône, Loire, Drôme et Ardèche. « Sur la saison d’avril à septembre, le centre emploie 15 salariés », décrit Anne Fourier, chargée de mission.

Un accueil qui a doublé en quatre ans

Créé il y a 22  ans sur la commune de Francheville, avant son déménagement plus à l’ouest du département, le centre ne cesse de croitre comme en témoigne le nombre d’animaux accueillis qui a doublé en seulement quatre ans. En été, une cinquantaine arrive chaque jour. « Deux tiers proviennent de Dardilly où nous avons un point relais avec un transfert quotidien vers Saint-Forgeux. Par ailleurs on compte 150 bénévoles sur l’ensemble des quatre départements pour assurer les relèves d’oiseaux et mammifères blessés. »

Choc avec un véhicule et contre une baie vitrée, barbelés, empoisonnement, lignes à haute tension, prédation ou encore animal au sol après être tombé du nid, sont autant de causes d’un contact avec L’hirondelle. « On fait également beaucoup de conseil par téléphone qu’on estime entre 15 000 et 20 000 appels par an. Afin de bien étudier l’état de santé de l’animal blessé on demande aussi une photo ce qui nous permet d’envisager une prise en charge ou pas. »

Une majorité de martinets noirs

Témoin direct de l’évolution des populations, Anne Fourier observe notamment la rareté de la chouette effraie : « alors que nous en accueillions 80 par an, elles ne sont qu’une dizaine aujourd’hui. Le martinet noir est l’espèce la plus représentée, un quart de l’effectif total. On a également des tourterelles, merles noirs, faucons crécerelles et chez les mammifères beaucoup de hérissons, des chauves-souris, quelques écureuils et renards… » Le centre de soins travaille d’ailleurs avec la Fédération de chasse sur le suivi sanitaire de la faune sauvage.

Toujours en difficulté financière après une fermeture du 1er octobre 2019 au 2 juin 2020, l’ouverture du centre est menacée. « Un animal blessé reste en moyenne 35 jours et sa prise en charge est de 100 euros. Aujourd’hui nous manquons toujours de moyens financiers, matériels et humains », regrette Anne Fourier.