Portrait
Le crédo de la viande directe

Emmanuelle Perrussel
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Benjamin Blanc, associé du Gaec du Val noir à Vaugneray, est installé depuis 2017. Il partage son temps entre l’élevage d’un troupeau de limousins et la production de légumes. Rencontre.

Le crédo de la viande directe

C’est à quelques kilomètres de Lyon, sur les terres vallonées de Vaugneray, que Benjamin Blanc embrasse le métier d’éleveur et de maraîcher depuis 2017. Après un Bepa, un Bac pro et un BTS en alternance à la maison familiale rurale (MFR) de Saint-Laurent-de-Chamousset, c’est tout naturellement que le jeune homme a intégré le Gaec du Val noir composé de son père Sylvain Blanc, de Sébastien Pilaud et de Karine Lardellier. « J’ai ce métier dans le sang depuis tout petit, j’aime le contact avec les animaux, être mon propre patron, travailler à l’extérieur… », liste Benjamin.

Éleveurs et maraîchers

Celui-ci, aux côtés de ses associés, jongle entre la partie maraîchage diversifié sur 4 ha et l’élevage de bovins allaitants de race limousine. « Nous vendons nos légumes sur le marché de Vaugneray et nous sommes dépôt-vendeurs au magasin de producteurs la Ferme lyonnaise à Craponne. Nous élevons un troupeau de 35 mères limousines et 2 taureaux. Environ 95 % de l’alimentation des bovins est produite sur la ferme : de l’herbe surtout et un peu de maïs ensilage. Les céréales servent surtout pour la paille. Les achats concernent les minéraux et le sel. Les génisses, et quelques veaux sous la mère sont vendus en direct sur le marché et des broutards au négoce », poursuit le jeune agriculteur.

La décision avait été prise à l’installation de Benjamin de développer la vente directe de viande. D’abord en colis, puis finalement deux fois par mois sur le marché de la commune. « Les bêtes sont abattues à Saint-Romain-de-Popey, les carcasses sont ensuite acheminées au laboratoire de transformation de Haute Rivoire pour y être découpées. La partie vente directe nous permet d’avoir des prix corrects, c’est l’avantage d’être tout près de la ville même si notre secteur a d’autres inconvénients… Pendant le premier confinement, on a rencontré des difficultés pour trouver des débouchés pour nos taurillons, avec la fermeture de la restauration scolaire et hors domicile, sinon la crise ne nous impacte pas trop », commente Benjamin.

Partager avec d’autres éleveurs

La partie vente directe de viande est amenée encore à croître dans le futur et parallèlement, la production de légumes pourrait diminuer. « Cette dernière partie est gourmande en main-d’œuvre et notre objectif serait d’avoir un peu plus de temps pour nous car nous sommes proches de la saturation », ajoute Benjamin, qui apprécie par ailleurs le contact avec l’extérieur. Il est président du canton des JA des coteaux du Lyonnais et adhère à l’association des éleveurs limousins du Rhône (voire en P.2). « C’est important de pouvoir sortir de sa ferme, de partager avec d’autres éleveurs, voir comment les autres travaillent… L’association des éleveurs limousins est dynamique et organise souvent des visites », aux dires de l’éleveur.

Zoom / Les atouts de la race limousine

Zoom / Les atouts de la race limousine

Les associés du Gaec du Val noir ont accueilli leurs premières vaches limousines il y a une dizaine d’années, lorsque la production laitière a été arrêtée sur la ferme. Selon Benjamin Blanc, dans le département, cette race, originaire du Limousin, sur la bordure ouest du Massif central, est surtout présente dans les monts et coteaux du Lyonnais. Les débouchés sont intéressants au niveau local. La viande limousine est appréciée pour ses qualités gustatives : le grain est fin, ce qui la rend très tendre. Elle est juteuse et peu grasse, avec un goût persillé.

La limousine est réputée fournir une large gamme de produits finis, du veau de lait à la génisse lourde, en passant par les différentes sortes de jeunes bovins. En France, la viande de pure race Limousine représente 25 % des viandes sous label Rouge Bœuf Limousin Blason Prestige ou sous marques certifiées dans 1500 boucheries.

L’élevage est aisé : les mères vêlent facilement, ce qui implique moins de surveillance, comparé à d’autres races. Les limousines sont réputées très maternelles et s’adaptent à différents climats, ce qui leur permet de s’implanter dans toutes les régions de France et dans près de 70 pays.