L'info' en bref
Climat, colère viticole, inflation sur les jus de fruits...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Climat, colère viticole, inflation sur les jus de fruits...

Climat : la trajectoire de réduction du cheptel retenue par le ministère de l’Agriculture

Dans le cadre d’un dossier à paraître le 18 juin, Agra Presse a eu accès aux tableaux détaillant les baisses de cheptel projetées par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Publiée pour la première fois en 2015, puis révisée en 2018 pour viser la neutralité carbone en 2050, la SNBC est pilotée par le ministère de la Transition écologique. La Rue de Varenne s’était cependant vue déléguer la gestion de la feuille de route agricole. Pour respecter une réduction de 18% des émissions de l’agriculture entre 2015 et 2030, le ministère prévoirait des trajectoires de réductions des cheptels bovins laitiers et allaitants de 13 et 12% respectivement, ainsi qu’une réduction du nombre de truies de 14%. À l’horizon 2050, et avec un objectif de réduction des émissions de 46%, le nombre de bovins est attendu en baisse de 25%, et le nombre de truies de 30%. "Bien que les chiffres soient accessibles, la baisse du cheptel prévue par la SNBC n’a jamais été rendue publique", confirme Cyrielle Denhartigh, responsable des politiques Agriculture au sein du Réseau action climat. Avec des hypothèses techniques "très optimistes" dans la SNBC, selon Pierre-Marie Aubert (chercheur et coordinateur de l’initiative Agriculture européenne au sein de l’Iddri), cette réduction de cheptel proche des tendances récentes pourrait malgré tout se révéler insuffisante pour atteindre les engagements climatiques de la France.

FranceAgriMer : zèle administratif sur les aides à l'investissement, selon les viticulteurs

Les viticulteurs ont fait part de leur colère à l’issue du conseil viticole de FranceAgriMer du 16 juin. Les associations de viticulteurs (Cnaoc, VinIGP, Vignerons coopérateurs, Vignerons indépendants) et la FNSEA dénoncent le pointillisme de l’administration et de FranceAgriMer sur les dossiers d’aides communautaires. En l’occurrence, il s’agit de l’enveloppe annuelle d’aides européennes à l’investissement (rénovation de cuves, d’outils de vinification, de bâtiments). Cette enveloppe est "pour la première fois depuis de nombreuses années pleinement atteinte", donc sans risque de renvoi d’argent à Bruxelles pour cause de sous-consommation, signale Jérôme Bauer, président de la Cnaoc. Pourtant, comme de nombreux dossiers sont rejetés parce qu’incomplets, le risque existe de ne pas consommer la totalité de l’enveloppe, selon lui. Les professionnels demandent à l’administration "plus de souplesse et d’agilité", pour que les dossiers puissent être corrigés. Mais l’administration "campe sur ses positions", a-t-il indiqué.

PSN : mécontente, la FNO veut une aide ovine forte

"Nous avons besoin de 125 millions dans le cadre de la nouvelle Pac", assure Michèle Boudoin, présidente de la FNO (éleveurs ovins, FNSEA), lors d’une conférence de presse le 17 juin. Le syndicat déplore les récents arbitrages du gouvernement sur le Plan stratégique national (PSN) déclinant au niveau français la prochaine Politique agricole commune. "Nous ne pouvons pas perdre 3 millions d’euros par an. Il nous faut au minimum ce que les éleveurs ovins touchent aujourd’hui pour atteindre la souveraineté alimentaire et être en accord avec le plan de filière", alerte l’éleveuse. La FNO souhaite en effet "une aide ovine couplée forte". "Toutes les brebis méritent la même aide ovine", plaide Michèle Boudoin, ajoutant à l’aide couplée un «top-up» pour les signes de qualité, la productivité - c’est-à-dire "plus d’agneau par an et par brebis" -, les jeunes installés ou encore la prévision de mise sur le marché.

Fruits : crainte de forte inflation sur les jus en 2021, prévient l'interprofession

A l'instar de nombreux secteurs industriels, la filière jus de fruits fait face à de fortes hausses des prix des matières premières et à des problèmes d'approvisionnement qui pourraient la conduire à augmenter ses prix sur l'année 2021, prévient l'interprofession Unijus dans un communiqué paru le 17 juin. Les produits les plus préoccupants sont les fruits exotiques transportés par voie maritime (ananas, mangue, fruits de la passion) et les fruits à noyaux français (abricots, pêches, et peut-être raisins, pommes). Les fruits exotiques souffrent d'un manque de main-d'oeuvre - notamment en Inde - causé par la crise sanitaire, mais aussi d'une déstabilisation du fret maritime du à la reprise économique. Les fruits à noyaux français ont souffert du gel, avec encore une incertitude autour des conséquences en pommes et raisins: "Nous devrions avoir une photographie plus précise des dégâts d’ici quelques semaines, mais il est fort probable que la récolte 2021 sera assez durement affectée", estime Unijus. En somme, prévient l'interprofession, même si "les entreprises mettent tout en œuvre pour limiter les conséquences pour leurs clients", la situation "perdurera au moins jusqu’à la fin de l’année et pourrait avoir un fort impact inflationniste sur les tarifs à venir."

Petites retraites agricoles: la PPL Chassaigne adoptée en 1re lecture à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité (à 132 voix pour), le 17 juin, la proposition de loi du député André Chassaigne (PCF, Puy-de-Dôme) visant à revaloriser les pensions de retraites agricoles les plus faibles. L’Hémicycle a approuvé le texte validé en commission des Affaires sociales, le 8 juin, avec quelques retouches. La proposition de loi établit un montant unique de pension majorée de référence (PMR), quel que soit le statut du non-salarié agricole et pour tous les retraités actuels et futurs. Concrètement, cela signifie que la PMR des conjoints collaborateurs et aides familiaux passera de 555,50 € à 699,07 € - au même niveau que la PMR des chefs exploitants. Le seuil d’écrêtement de la PMR est désormais aligné sur le montant de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa) pour une personne seule (906,81 €). Un amendement introduit par le gouvernement oblige les caisses de retraite à informer leurs assurés de leur droit à toucher l’Aspa durant l’année précédant leur éligibilité à l’allocation. Enfin, la limitation de durée du statut de conjoint collaborateur à cinq ans concernera tant les nouveaux retraités que les retraités actuels, à compter du 1er janvier 2022.

Retraites agricoles : un décret précise la revalorisation prévue le 1er novembre (JO)

Le décret précisant les modalités de majoration de la pension minimale de retraite des exploitants agricoles à 85% du Smic est paru le 17 juin au Journal officiel. Il détaille la mise en œuvre de la revalorisation du complément différentiel de points gratuits de retraite complémentaire, qui permettra de faire passer la pension minimale de 75 à 85% du Smic net, pour tous les non-salariés agricoles justifiant d’une carrière complète en tant que chef d’exploitation ou d’entreprise agricole. Le décret fixe le seuil d’écrêtement du complément différentiel en fonction du montant de toutes les pensions perçues par l’assuré. Il détermine la formule de calcul du complément différentiel révisé. Il précise les modalités de versement. Et il précise les dérogations applicables en Outre-mer, où les agriculteurs peuvent bénéficier d’une majoration de leur période d’assurance de 50% pour le calcul de leur complément différentiel. Ce décret entrera en application le 1er novembre, comme l’avait annoncé le Premier ministre Jean Castex le 23 avril.