Point vignoble
Début de campagne humide et sain en Beaujolais

David Duvernay
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En raison des conditions climatiques loin d'être printanières, la vigne pousse doucement et accuse un net retard par rapport à 2020. Mais malgré un important cumul de pluie, aucune maladie n'a été repérée, pour l'instant...

Début de campagne humide et sain en Beaujolais
Entre éclaircies et averses orageuses, comme ce lundi 17 mai après une forte pluie, la vigne prend doucement son envol dans le Beaujolais.

Après un épisode de gel aux dégâts très hétérogènes sur l’ensemble du vignoble beaujolais, la campagne 2021 a enfin réussi à prendre son envol depuis cinq semaines, non sans quelques aléas climatiques encore, à l’image de fortes rafales de vent, dimanche 9 mai, finalement sans réelles conséquences sur la vigne. "De ce que nous avons observé les jours suivants, il n’y a pas eu trop de casse car la vigne n’était pas encore assez poussée", commentait Nicolas Besset, conseiller viticole à la chambre d’agriculture.

Effectivement, et c’est un autre marqueur important de ce printemps 2021, les stades phénologiques de la vigne se succèdent sans se presser. Au lundi 17 mai, dans les zones les plus précoces du Beaujolais, on voit les grappes se séparer, voire les inflorescences s’allonger, tandis que la majorité du vignoble se situe entre les stades 12 (5-6 feuilles) et 15 (boutons floraux encore agglomérés). En comparaison à 2020, la saison 2021 accuse un retard de deux voire trois semaines, tandis que des écarts de végétation sont déjà visibles selon les secteurs. "À même date l’année dernière, la vigne était déjà en fleur. En fonction des conditions climatiques de ces prochains jours, le stade floraison pourrait être atteint seulement autour du 10 juin, voire peut-être avant. Car les pluies de ces deux dernières semaines et la baisse des températures ne sont pas favorables", justifie-t-il.

Sans que le vignoble n’accuse un important déficit d’eau depuis le début de l’année – "à fin avril, on enregistrait même une pluviométrie excédentaire de 6 mm" - les récentes précipitations de mai sont arrivées à point nommé. "Ça ne va pas combler le déficit global depuis l’an dernier. Mais ces pluies sont positives. Il ne faudrait pas qu’elles se prolongent malgré tout…", glisse Nicolas Besset. Chiffres à l’appui, il confirmait dès le lendemain les abondantes précipitations du lundi 10 mai : 59 mm à Juliénas et 76 mm à Saint-Germain-Nuelles. "À Bron, avec 105,9 mm, c'est le record absolu de pluie en 24 heures depuis l'ouverture de la station en 1921. Le précédent record était de 104,1 mm le 7 septembre 2010". Ces derniers jours, la pluie n’a pas cessé, souvent sous la forme d’averses orageuses, et ça devrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de la semaine. "On prend de l’avance sur la suite de la campagne mais il faudrait que le soleil s’installe durablement …".

Un vignoble sain, pour l’instant…

Sur le plan sanitaire, et ce malgré une pluviométrie élevée donc, les conditions climatiques fraîches du moment sont au moins salutaires. Suite aux dernières observations réalisées ce lundi 17 mai pour le BSV, Nicolas Besset confirme la présence d’aucune maladie, ni de tordeuses de la grappe. Concernant le mildiou, "de nouvelles contaminations ont eu lieu lors des dernières pluies. Les températures anormalement basses allongent la durée d’incubation et on ne pourra voir les premiers foyers primaires qu’à partir du 20 mai pour les secteurs les plus précoces, et de façon un peu plus généralisée, uniquement à partir du 25 mai pour l’ensemble des secteurs. Chaque pluie n’a pas donné lieu à contamination car bien souvent les températures étaient trop limites", a écrit Nicolas Besset dans le bulletin technique de ce lundi 17 mai. Le risque reste modéré pour le black rot. Quant à l’oïdium, pas compatible avec la pluie, assez peu de contaminations sont à redouter.

Seules quelques larves de cicadelles de flavescence dorée (FD) ont été aperçues ce début de semaine à Morancé, sur une parcelle de référence de suivi FD. "La date officielle des émergences doit être confirmée avec des relevés plus généralisés dans les jours à venir. Elle permettra de donner les périodes de traitements obligatoires réglementés dans les zones de traitement", complète-t-il.