Jeunes Agriculteurs
Les bons plants de Jérémy Bazin

Simon Alves
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Tous les mois, retrouvez le portrait d'un adhérent aux Jeunes agriculteurs avec notre chronique "JAttitude". Depuis 2012, Jérémy Bazin propose sur la commune de Meys des plants de légumes et de fleurs pour les maraîchers et les particuliers. Une entreprise florissante qu'il compte bien continuer à développer dans les années à venir. Portrait.

Les bons plants de Jérémy Bazin

Capricieux, l'hiver réserve parfois des journées étonamment ensoleillées. C'est lors de l'une d'entre elles que Jérémy Bazin a accepté d'ouvrir les portes des serres son exploitation, en pleine préparation de la saison qui débute en cette mi-février. Depuis 2012, ce jeune agriculteur s'est installé sur la commune de Meys pour proposer des plants de légumes et de fleurs. L'aboutissement d'un parcours réfléchi et complet pour un homme qui a toujours su ce qu'il voulait faire. "Très jeune, j'ai toujours eu le goût pour les plantations, raconte-t-il. Mes parents sont éleveurs laitiers sur Duerne, mais je n'avais pas forcément d'affinités avec les animaux. Dès que j'ai eu 14 ou 15 ans, je me suis tout de suite orienté dans l'horticulture." L'agriculture dans les veines, c'est sûr de son fait que Jérémy a suivi un cursus scolaire taillé pour réussir. Un BPA en 2005, puis bac pro de production horticole à la MFR de Chessy-les-Mines en alternance. Et comme si cela ne suffisait pas, l'aspirant agriculteur a aussi passé un BTS dans cette filière. Une formation qui lui a notamment permis de voyager. "Je suis allé faire des stages en Suisse ou encore dans la Drôme avant de faire mon stage installation à Montpellier, explique-t-il. Ça m'a permis de voir comment se déroulait le travail dans d'autres conditions, d'autres climats, d'autres surfaces et avec d'autres systèmes de vente."

Une offre diversifiée

Fort de ces multiples expériences, Jérémy Bazin a démarré par du salariat pendant six mois chez un maraîcher avant de trouver une exploitation à reprendre dans le Rhône. C'est donc à Meys qu'il a fini par poser ses valises avec pour objectif de développer Meys Plants, une activité de plants de légumes et de fleurs en vente directe et pour les professionnels maraîchers. Une première surface de 1100 m² sur laquelle il a développé ses tunnels, ses serres et aussi sa clientèle au fur et à mesure. Une clientèle qui se retrouve aussi bien sur place que lors des marchés. Et une chose est sûre, c'est qu'elle est fidèle. La recette de ce succès ? "Nous proposons une production très diversifiée avec beaucoup de produits, développe Jérémy. Nous avons une exploitation à bonne échelle qui arrive à rester auprès des clients et à leur écoute. Cela nous permet de nous plier à la demande." Salades, aubergines, concombres, épinards ou encore oignons pour la partie légumes. Géraniums, pétunias, primevères et autres lavandes en ce qui concerne les fleurs. Meys Plants propose aussi des plantes aromatiques comme le basilic, la ciboulette et le romarin. 

Grandir en restant raisonnable

Même s'il souhaite conserver une taille d'exploitation mesurée, Jérémy Bazin n'a pas cessé de croître selon ses possibilités. Aujourd'hui, ses serres s'étendent sur presque 2000 m². "Il faut dire que la demande est forte et telle que l'on pourrait grandir encore plus vite, mais j'essaye de me brider un maximum", confie-t-il. Pour répondre à cette demande, l'exploitant fait travailler trois personnes à mi-temps qu'il se partage avec un maraîcher. Son expérience dans le Midi lui a permis d'en apprendre sur la gestion du personnel. "Ce sont des choses qu'on a parfois du mal à faire dans l'agriculture, concède-t-il. Ce n'est pas compliqué mais c'est très important." Il n'hésite pas d'ailleurs à avoir recours à la main d'oeuvre saisonnière au printemps lorsque l'activité bat son plein. Et elle ne le fait pas à moitié ! Aujourd'hui, Meys Plants présente un chiffre d'affaires annuel de 200 000 € avec un nombre de plants de légumes et fleurs confondus oscillant entre 1 et 1,5 millions. Une production dont Jérémy prend soin grâce à des méthodes écoresponsables. "On fait à présent des lâchers d'auxiliaires pour lutter contre les parasites, précise-t-il. Au niveau phytosanitaire nous utilisons aujourd'hui exclusivement des produits bio sur demande de notre organisme certificateur." Car en plus de son offre conventionnelle, l'horticulteur a aussi développé un atelier de plants biologiques depuis trois ans. "Ça suit bien la demande actuelle donc petit à petit on y glisse", ajoute-t-il.

Des projets pour l'avenir

Un projet parmi d'autres, car Jérémy Bazin n'en manque pas. Un agrandissement de la serre est d'ailleurs prévu. Pas nécessairement pour augmenter la production, mais avant tout pour réduire la pénibilité et gagner en ergonomie et confort de travail. "Le but est de faire en sorte que chaque projet aboutisse dans un laps de temps raisonnable pour arriver à rester dans des investissements modérés, tempère-t-il. Je ne veux pas être obligé de trouver de nouveaux clients en permanence pour amortir mes nouvelles structures." Cela n'empêche pas l'agriculteur de transformer son exploitation. Ainsi, les serres tunnels devraient laisser placer à des serres chapelles, collées les unes aux autres. Idéal pour pouvoir garder sous une seule et unique structure l'ensemble de ses plants. Et si la crise sanitaire a pu occasionner du flottement au printemps dernier, Meys Plants en a aussi profité pour remettre à jour son site internet et sa communication sur les réseaux sociaux. Une méthode qui a permis à Jérémy Bazin de s'adonner à la vente sous forme de drive. Un mode de commercialisation qu'il aimerait si possible garder pour "diversifier" son offre. Encore et toujours.

Être JA, c'est...

Être JA, c'est...

"Les Jeunes agriculteurs, j'y suis venu par l'intermédiaires d'amis qui étaient exploitants et qui m'ont proposé de venir voir ce qu'ils faisaient. Ce qui m'a plu c'est que dans notre canton, on a une grosse diversité de production, et ça permet de rencontrer des personnes que l'on n'aurait pas forcément croisées. On est tous un peu dans la même tranche d'âge, et chacun échange sur ses problématiques et ses bonnes méthodes. Ça crée des liens entre les filières alors qu'on a parfois tendance à rester avec des gens qui font la même chose que nous. J'ai pu m'ouvrir un peu sur ce qui se fait dans les Monts du Lyonnais et me rendre compte de la richesse de notre diversité."