L'info en bref
30 % de méthane en moins, Egalim 2, récolte de céréales "sans souci", travail sous serre...

Simon Alves
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

30 % de méthane en moins, Egalim 2, récolte de céréales "sans souci", travail sous serre...

Climat: UE et Etats-Unis envisagent de réduire de 30% leurs émissions de méthane

Les Etats-Unis et l'Union européenne s’apprêteraient à officialiser un accord dans lequel ils s’engagent à réduire les émissions de méthane d'origine humaine d'au moins 30% d'ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2020, selon un projet de texte vu par l’agence de presse Reuters. Cet accord qui pourrait être officialisé le 17 septembre couvrirait les principales sources d'émissions de méthane, notamment l’agriculture responsable de plus de la moitié de ces émissions. Le texte invite les autres grands émetteurs mondiaux (Chine, Russie, Inde, Brésil, Grande-Bretagne…) à se joindre à l’initiative dans la perspective du sommet mondial sur le changement climatique qui se tiendra à Glasgow au mois de novembre. Le projet propose de se concentrer sur les normes pour ce qui est des secteurs de l'énergie et des déchets, et sur l'innovation technologique et les mesures incitatives pour ce qui est de l'agriculture. La Commission européenne a présenté fin 2020 une stratégie pour réduire les émissions de méthane de l’UE qui ne fixe aucun objectif contraignant. Dans un premier temps, la priorité de la stratégie sera d’améliorer la mesure et la déclaration des émissions de méthane grâce à une meilleure collecte de données puis Bruxelles soutiendra l’adoption de bonne pratiques.

Egalim 2: au Sénat, la Coméco inclue les MDD dans la non-négociabilité...

Réunis en commission des affaires économiques le 15 septembre, les sénateurs ont remodelé en première lecture le texte de la proposition de loi (ppl) visant à protéger le revenu des agriculteurs, dite Egalim 2. « Là où il y a le plus grand écart, c’est sur l’article 2 » qui concerne la transparence du coût d’achat de la matière première agricole et sa non-négociabilité dans les conventions écrites conclue à l’issue de la négociation commerciale entre le distributeur et son fournisseur, explique à Agra Presse Anne-Catherine Loisier, rapporteure centriste du texte. « Nous l’avons complètement récrit » pour « élargir la disposition aux marques de distributeurs (MDD) ». Les sénateurs ont également choisi de « remettre en cause le seuil de 25% » en volume du produit final en dessous duquel les matières premières agricoles n’étaient pas concernées par cette non-négociabilité. « Nous avons des spécialistes du contournement », justifie la rapporteure. Selon elle, le texte adopté par le Palais Bourbon « créera des espaces dans lesquels les distributeurs pourront poursuivre leur stratégie de baisse des prix ».

... et assouplit l'obligation de contractualisation

Lors de l'examen en première lecture de la proposition de loi Egalim 2, le 15 septembre, les sénateurs de la commission des affaires économiques ont assoupli le volet contractualisation obligatoire et pluriannuelle entre le producteur et son premier acheteur (article 1). «La contractualisation reste la règle mais nous laissons la possibilité au ministre par décret d’exempter, dans le cadre d’une concertation étroite, les filières qui ne seraient pas propices à une telle mesure comme le vin ou les fruits, et au sein des filières, les exploitations selon leur taille», explique Anne-Catherine Loisier, rapporteure centriste du texte. Les sénateurs ont également choisi d’amender le texte en demandant plus de transparence et de précision sur l’usage du seuil de revente à perte (SRP) que la loi Egalim avait relevé de 10%. «Nous ne savons pas où les sommes sont passées», déplore la sénatrice. Ils ont également souhaité encadrer plus strictement les pénalités logistiques et ont réécrit les dispositions liées à l’étiquetage de l’origine afin qu’elles soient conformes au droit européen. La veille, le 14 septembre, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d'une conférence de presse au Space avait appelé les sénateurs à ne pas «détricoter» la loi Egalim 2.

Céréales: la récolte ne pose «pas de souci» en quantité et qualité (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a jugé le 15 septembre que la production céréalière française ne pose «pas de souci» en quantité et qualité, même si un «gros travail» d’allotement est nécessaire chez les OS (organismes stockeurs). Il n’y a «pas de soucis en termes de quantité et qualité d’approvisionnement» en blé, a déclaré Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé Grandes cultures, reconnaissant juste une qualité «un peu dégradée localement». Le blé tendre présente un faible PS (poids spécifique), avec seulement 32% de la collecte au-dessus de 76 kg/hl (contre 76 % en moyenne sur cinq ans), selon les résultats provisoires d’une enquête à l’entrée des silos. Le blé dur montre un faible indice de chute de Hagberg, avec 68% de la collecte en-dessous de 150s (contre 11% en moyenne quinquennale). Mais «il y a toutes les qualités pour tous les clients», a considéré Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales (interprofession). Reste pour cela «un travail du grain à faire» par les collecteurs. Si à ses yeux les OS sont performants là-dessus, leur équipement doit évoluer. «Il va falloir beaucoup plus de stockage de taille un peu inférieure à ce que nous avons jusqu’à maintenant pour répondre à toutes les filières», selon lui.

Agroalimentaire: pour l’Ania, si la déflation continue la filière va «dans le mur»

Lors de la conférence de presse de rentrée de l’Ania (industries agroalimentaire) qui s’est tenue le 15 septembre, le traditionnel message de demande de hausse des tarifs a été porté par Jean-Philippe André, son nouveau président depuis juin. Celui qui dirige également la filiale française du spécialiste de la confiserie Haribo a été clair: si les prochaines négociations commerciales annuelles avec la grande distribution aboutissent de nouveau sur une déflation, «nous allons dans le mur (…) Cela serait une catastrophe». Et ce d’autant plus que les coûts, tant des matières premières que des matières industrielles et du transport, ne cessent de grimper. +39% pour les huiles, +34% pour les fruits, +21 % pour les plastiques, +86% pour le fret maritime, assure l’organisation à la suite d’une étude auprès de 500 de leurs adhérents. Le nouveau président s’est également montré en phase avec l’esprit des États généraux de l’alimentation. «Nous avons besoin d’un monde agricole très fort», a-t-il déclamé. Enfin l'Ania s'est distinguée des demandes du secteur agricole au sujet de l'affichage de l'origine: l'association «encourage fortement» l’affichage de l’origine, mais son président a longuement exposé les freins à un tel étiquetage et la «dimension de temps» nécessaire à son déploiement.

Convention climat des entreprises: plusieurs acteurs agricoles ont répondu présent

Près de 150 entreprises représentant 36 Mrd€ de chiffre d’affaires se sont réunies à Paris du 9 au 11 septembre pour la première session de la convention des entreprises sur le climat lancée par Eric Duverget (Michelin). «Il y a déjà eu de grands débats sur l’alimentation, et notamment sur la question de la viande», rapporte Étienne Duclos, 25 ans, dirigeant de la société Sysfarm qui commercialise des crédits carbone issus des grandes cultures, et l’un des plus jeunes participants. Plusieurs autres acteurs du secteur agro-alimentaire participent à la convention, dont Heineken, les Nouveaux fermiers (alternatives à la viande), CerFrance Normandie, le château Lafon-Rochet (Saint-Estèphe), ou encore les sirops Monin. «J’aimerais que cette convention permette d’éveiller l’appétence des dirigeants pour les sujets agricoles», espère Florian Breton, p-d-g de Miimosa, également participant à cette convention. À l’issue des cinq prochaines sessions, chaque entreprise devra présenter un plan d’action permettant d’atteindre la cible fixée par l’Union européenne de réduire de 55% les émissions, tout en s’engageant sur la biodiversité. «Notre calendrier atterrit sur la présidentielle, et nous espérons pouvoir arriver avec des propositions concrètes», avance Grégoire Fraty, ancien participant de la convention citoyenne désormais volontaire dans cette nouvelle version.

Fruits et légumes: une étude dévoile les forces et faiblesses du travail sous serre

Près de 84% des personnes travaillant en maraîchage sous serre -avec atmosphère contrôlée- estiment avoir de bonnes ou excellentes conditions de travail, selon une étude réalisée par Légumes de France (producteurs de légumes, FNSEA) et la société de conseil stratégique en communication Ohwood. D’après l’étude, plus de 92% des sondés sont fiers de leur travail. Plus de 80% déclarent ne pas utiliser de produits chimiques ou de pesticides, et pour ceux qui en font usage il s’agit «souvent» d’un «dernier recours». Et plus de 88% des sondés déclarent que les machines qu’ils utilisent sont très utiles dans leur travail, notamment en termes de confort. En revanche, plus de 51% estiment que la pénibilité est présente (dont 3,2% disent qu’elle est forte). Et 50% des sondés estiment que le risque musculo-squelettique est présent (dont 6,7% estiment qu’il est élevé). Principale limite de cette «première étude» cependant: le très faible taux de réponse obtenu alors que la filière génère 10 000 emplois directs.

Covid-19: de nouvelles catégories de personnes éligibles à l’activité partielle

A partir du 27 septembre, les personnes présentant une contre-indication à la vaccination, atteintes de trisomie 21 ou sévèrement immunodéprimées pourront bénéficier d’un arrêt de travail dérogatoire ou être placées en activité partielle, indique la MSA dans un communiqué le 14 septembre. Ces personnes devront aussi remplir plusieurs conditions, détaillées dans un décret paru au JO le 9 septembre: être affectées à un poste potentiellement exposé à de fortes densités virales, ne pas pouvoir bénéficier de mesures de protection renforcées, ne pas pouvoir recourir totalement au télétravail. De plus à compter du 27 septembre, les certificats d’isolement émis de mai à août ne seront plus valables, souligne la MSA. Les intéressés devront donc en obtenir un nouveau auprès de leur médecin de ville ou du travail.

Nestlé va investir 1,1 Mrd€ sur cinq ans dans «l'agriculture régénératrice»

Le géant suisse de l'alimentation Nestlé compte investir 1,2 milliard de francs suisses (1,1 milliard d'euros) au cours des cinq prochaines années dans «l'agriculture régénératrice», a-t-il annoncé le 16 septembre. A l'approche d'un sommet des Nations Unies à New York sur les systèmes alimentaires, le groupe suisse a dévoilé un programme destiné à encourager dans sa chaîne d'approvisionnement une agriculture visant à «protéger et restaurer l'environnement, améliorer le niveau de vie des agriculteurs et renforcer le bien-être des communautés agricoles», a-t-il indiqué dans un communiqué. Ce programme s'articule autour de trois axes, comprenant un volant d'assistance technique aux agriculteurs, un volant de soutien aux investissements et un volant de primes pour les matières premières issues de l'agriculture régénératrice. Le groupe suisse, propriétaire notamment des dosettes de café Nespresso, des bouillons Maggi et des confiseries Smarties, entend ainsi contribuer à améliorer la biodiversité, préserver les sols, régénérer les cycles de l'eau et intégrer l'élevage. «Nous souhaitons accroître notre soutien aux pratiques agricoles qui sont bénéfiques pour l'environnement», a déclaré Mark Schneider, son directeur général, cité dans le communiqué.

Carbone : Soil Capital ouvre son programme de rémunération à 1 000 agriculteurs

La start-up Soil Capital, spécialiste du conseil agronomique, ouvre son programme de rémunération du carbone à 1 000 agriculteurs, après avoir levé 2 M€. «On peut accueillir 1 000 agriculteurs pour l’année 2» de ce programme en grandes cultures, a déclaré le cofondateur Chuck de Liedekerke, précisant la fin des inscriptions en février 2022. Soil Capital offre une rémunération d’au moins 27,50 euros par tonne de CO2eq évité ou stocké. Son programme repose sur la vente de certificats carbone sous la norme Iso 14064-2. Les acheteurs y trouvent un intérêt, soit pour réduire l’empreinte gaz à effet de serre de leur filière, soit pour soutenir des agriculteurs engagés dans des pratiques vertueuses pour l’environnement. Ainsi les géants de la bière AB InBev, de la cosmétique L’Oréal Paris comptent parmi les partenaires de Soil Capital, rejoignant entre autres le négociant Cargill. 150 agriculteurs ont déjà rejoint le programme en France et Belgique, sur 35 000 ha en bio et conventionnel. La start-up dit avoir reçu les marques d’intérêt de plus de 800 exploitants depuis le lancement en septembre 2020. «Notre objectif d’ici 2025 est d’1 Mha vers une agriculture régénérative et plus rentable», a indiqué Chuck de Liedekerke.

Protéines et alternatives: Protéine France décroche des fonds du Plan de relance

Le consortium Protéines France a annoncé le 16 septembre le lancement d’un projet pour «accélérer la structuration des filières» protéines végétales et nouvelles ressources émergentes (algues, insectes, microorganismes). Baptisé Proteinew, ce projet sur trente mois sera «animé en particulier par les entreprises Algama, Avril, Fermentalg, Les Mousquetaires, Limagrain, Roquette Soufflet et Tereos», avec aussi l’implication de Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) Terres Inovia (institut technique), le pôle IAR, et le soutien d’Intercéréales (interprofession céréalière), selon un communiqué. Il s’agit notamment de développer la filière de l’amont à aval, en s’appuyant sur un état des lieux et des perspectives 2030 concernant la production et la mobilisation des ressources ; favoriser l’innovation via l’accompagnement de start-up ; initier avec l’Afnor une normalisation des protéines végétales pour l’alimentation humaine. Proteinew est lauréat de l’appel à projets «structuration des filières protéines végétales» de FranceAgriMer dans le cadre du volet agriculture du Plan de relance

Veau: les interprofessions lait et viande travaillent à une meilleure valorisation

«Nous ne voulons plus que le veau soit un coproduit de la production laitière mais un produit de l’exploitation à part entière», résume Nadine Ballot, en charge à l’interprofession laitière des actions science et techniques de l’élevage, interrogée au Space le 16 septembre. Pour y parvenir les deux interprofessions laitière (Cniel) et viande (Interbev) ont lancé une série d’actions et de réflexions. «Une campagne de communication a été lancée au printemps pour faire consommer de la viande de veau. Elle a déjà bien porté ses fruits», explique la spécialiste. Un guide des bonnes pratiques d’élevage des petits veaux avant leur départ de l’exploitation est à paraitre pour début octobre. Le groupe mène également des travaux sur la mise en place de la contractualisation dans la filière appuyée par des repères techniques. «Nous sommes dans une phase de discussion pour établir des modèles de contrats. C’est une révolution pour ce secteur», analyse Nadine Ballot. Une étude est aussi en cours pour décaler les vêlages et les reporter au printemps. Une dernière piste est étudiée : l’engraissement des veaux en jeunes bovins ou bœufs directement sur l’exploitation laitière.

Bien-être animal: Denormandie a une approche «corporatiste», estime la Conf'

Dans un communiqué paru le 16 septembre, la Confédération paysanne estime que le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a adopté une «position partielle, corporatiste et segmentée» en déclarant au Space, deux jours plus tôt: «Ça n'est pas au compte de résultat de l'éleveur de payer cette transition [vers un meilleur bien-être animal], c'est à l'ensemble de la société qui le souhaite de le faire». D'une part, la Conf' estime qu'une telle approche «va creuser l’écart entre celles et ceux qui pourront se choisir une alimentation dite de qualité et qui cherche à monter en gamme et une autre partie qui n'aura qu'à manger ce qu'on lui impose et qu'on continuera à stigmatiser pour cela.» D'autre part, pour le syndicat, le bien-être animal ne doit être être présenté comme «une contrainte pour les agriculteurs et un frein pour les modèles de production», mais comme un «moyen et la conséquence d’un changement de modèle agricole». Selon la Conf', le ministre adopte une «approche du bien-être animal normée (...) promue par une partie de la profession sous l’égide du syndicat majoritaire» qui entretiendrait des «modèles intrinsèquement incompatibles avec une prise en compte effective de la considération animale», et notamment de «fausses solutions» (ex. bâtiments «high-tech»)

Protéines végétales: les producteurs ont besoin d’un coup de pouce (Fop)

La réussite du plan protéines végétales dépend d’un coup de pouce à la production, a souligné le 16 septembre la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux), réclamant à la fois l’action des pouvoirs publics et dans un cadre interprofessionnel. A l’occasion d’un conseil d’administration, la Fop appelle à «agir en lien avec tous les acteurs pour mettre en place, dans un cadre interprofessionnel, de grandes opérations de promotion et de valorisation des légumineuses mais aussi de conseils et de soutien aux producteurs», selon le communiqué. Il s’agit d’«intensifier» les efforts de recherche, d’innovation et d’amélioration variétales ainsi que de structuration des filières dans les régions. La Fop attend plus de contractualisation, «y compris pluriannuelle, au sein des filières et entre les filières animales et végétales». «Je demande aux pouvoirs publics d’encourager notre capacité de production par des mesure fortes et courageuses», ajoute par ailleurs le président Arnaud Rousseau. Cela concerne notamment la défense des facteurs de production, l’irrigation.

Lait: un besoin «urgent» de hausse du prix du lait, presse la FNPL

«Des hausses de prix significatives sur les produits laitiers sont urgentes !», clame la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) dans un communiqué du 16 septembre. Face à l’explosion des charges, le syndicat les veut immédiates et ne compte pas attendre les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et ses fournisseurs pour voir le prix augmenter dans les cours de ferme. «Il manque 20 euros entre le prix du lait payé au producteur et le prix conforme à la loi Egalim calculé par la FNPL», assure Daniel Perrin, son secrétaire général interrogé par Agra Presse. «S’il y avait eu la prise en compte du prix de revient, les exploitations laitières auraient été en capacité d’affronter la hausse des charges», assure l’éleveur. «Quand elle n’est pas pleinement appliquée cette loi [Egalim] ne sait pas compenser l’effet ciseau sur la rémunération des producteurs», déplore le communiqué.