Jeunes agriculteurs
A fond sur le renouvellement des générations

David Duvernay
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Les Jeunes Agriculteurs ont fait leur rentrée syndicale le 15 septembre par visioconférence. L’occasion pour eux de présenter leurs revendications. Un mot d’ordre : assurer le renouvellement des générations.

A fond sur le renouvellement des générations
Samuel Vandaele, président de Jeunes Agriculteurs.

"En 2019, nous avons compté 4 990 installations aidées, en léger retrait par rapport à 2018 mais ces résultats sont encourageants car on le stabilise autour des 5 000, même si on ne se repose pas sur nos lauriers", a affirmé Loïc Quelle, vice-président de Jeunes Agriculteurs (JA), le 15 septembre. L’âge moyen des agriculteurs avoisine aujourd’hui les 52 ans, "il faut donc s’attendre à ce que de nombreux agriculteurs partent à la retraite dans les dix prochaines années", a-t-il ajouté. "C’est un réel enjeu car le quart de la SAU sera transmise dans les prochaines années", a renchéri Sébastien Richard, vice-président des JA.

Attirer et accompagner

Ce renouvellement des générations est l’une des pierres angulaires du programme des JA pour que l’agriculture puisse se projeter dans les prochaines décennies. "Notre objectif est d’avoir des territoires ruraux dynamiques et vivants, avec une agriculture résiliente, qui assure la souveraineté alimentaire, au centre de la ruralité", a justifié Loïc Quelle. Les JA entendent ainsi sécuriser les parcours de la transmission via le contrôle des structures et l’accès au foncier, en luttant contre les concentrations. "Les terres doivent aller aux jeunes plutôt qu’à l’agrandissement, car une fois que la transmission est effectuée, il n’y a plus de retour en arrière possible", a expliqué Sébastien Richard, qui milite également pour la mise en place d’une loi foncière. "Les JA la réclament depuis 2015", a-t-il ajouté. Afin d’attirer les jeunes générations à s’engager dans le métier de l’agriculture, tant en amont qu’en aval, les JA ont décidé de réaliser une campagne promotionnelle sur les réseaux sociaux "à l’image de ce que font ou ont pu faire l’armée et l’artisanat", a précisé Samuel Vandaele, président des JA. "Aujourd’hui, ce sont 50.000 postes qui sont à pourvoir dans le milieu agricole, sans compter ceux du secteur agroalimentaire", a-t-il précisé.  Pour Loïc Quelle, "il faut donner envie aux candidats, les attirer et les accompagner".

"Juste rémunération"

Les JA se veulent aussi en phase avec les attentes sociétales : changement climatique, préservation des ressources et de la biodiversité, "dans un juste équilibre avec les territoires et les revenus", a jugé Samuel Vandaele. Liant le geste à la parole, les JA poussent l’idée d’un diagnostic carbone sur les exploitations dès l’installation d’un jeune, pour savoir où il se situe en termes de captage de carbone ou de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. "Il faut développer le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de stockage du carbone des exploitations agricoles : valoriser l’engagement des agriculteurs dans l’adaptation et l’atténuation au changement climatique", a expliqué le président des JA. Estimant que c’est un "axe majeur de la future PAC", il souhaite également passer "en mode projet", avec au bout, "une juste rémunération" pour les agriculteurs. Les JA n’excluent pas de faire appel à des entreprises privées qui disposent de crédit carbone "et qui pourront les utiliser auprès de nous", a-t-il conclu.

PAC : « Touche pas à l’installation »

Au nom des JA, Aurélien Clavel, vice-président, a donné le sentiment du syndicat à l’égard de la future PAC. Les JA espèrent qu’un "accord sera trouvé d’ici début 2021" et souhaitent que, pendant la période de transition qui devrait s’échelonner jusqu’au 31 décembre 2022, "les outils actuels soient maintenus". Les premières estimations donnent un budget plutôt stable en euros constants, "mais s’il devait baisser, alors cette baisse devrait être linéaire […] à l’exception des budgets alloués à l’installation tant sur le premier que le deuxième pilier, car le renouvellement des générations est important", a-t-il indiqué.