Le Beaujolais haut et fort

Cédric Perrier
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Le président Dominique Piron et le vice-président David Ratignier de l'Inter Beaujolais, prolongent jusqu’en janvier de l’année prochaine leurs mandats respectifs, crise de Covid-19 oblige. Avec pour ambition de continuer à valoriser l’image du Beaujolais.

Le Beaujolais haut et fort
Lors de l'assemblée générale, le président de l'Inter Beaujolais, Dominique Piron, au côté du vice-président David Ratignier et Cécile Bossan-Redon, déléguée générale, a présenté une ligne conductrice en dix points pour les dix prochaines années.

Ils ne devraient plus être assis derrière leurs pupitres respectifs, président et vice-président de l’Inter Beaujolais. Pourtant Dominique Piron et David Ratignier rempilent pour six mois, les élections n’ayant pas pu se tenir en raison du Covid-19.

« Ça fait quatre années. J’aime prendre le temps de faire les choses bien. Quand je dois prendre la parole, représenter l’Inter Beaujolais, je me prépare, tout est travaillé, ce n’est pas de l’improvisation. Et je ne parle pas du rôle de représentation qui est essentiel. C’est donc beaucoup de temps et je ne cache pas que j’aimerais passer la main. On verra ça lors de l’assemblée générale de janvier 2021 », note le président et représentant du négoce, Dominique Piron.

Justement, dans sa prise de parole lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée jeudi 16 juillet, celui qui est aussi viticulteur à Villié-Morgon, a insisté sur cette volonté de poursuivre plus que jamais la stratégie Beaujolais nouvelle génération : « créée il y a trois ans, elle n’a jamais été autant d’actualité puisque nous entrons dans une époque différente, plus rassembleuse. Et c’est bien le sens du collectif qui doit nous guider. »   

Parmi les meilleures progressions de France

Dans un contexte inédit de crise sanitaire, le président s’est voulu optimiste en rappelant les derniers événements marquants : « à la suite de Vinexpo explorer en octobre 2019 pour le grand export, Wine Paris en février pour l’export et Le salon international de l’agriculture, nous entendons de plus en plus des expressions du genre, je suis fier d’être en Beaujolais. De plus, en 2019, nos ventes export ont été globalement parmi les meilleures progressions de France. Les vins du Beaujolais, sur le marché 100 % français, sont également les plus belles progressions depuis un an. »

Ces mots résolument positifs n’éludent pas la baisse de consommation mondiale, notamment des vins rouges au profit des blancs, rosés, ou encore de la bière, ce qui fait dire au président que le Beaujolais a un rôle à jouer : « nous avons un formidable potentiel avec le Chardonnay pour proposer quelques blancs d’exception. »

Un budget de 5,5 millions d’euros

Une assemblée générale est aussi le moment de présenter le budget. Parce qu’il est plus compréhensible de l’évoquer en le ramenant à des sommes de « tous les jours », celui de l’Inter Beaujolais se détaille ainsi : selon une enveloppe de 100 euros, une large majorité de l’investissement se fait dans la promotion du vignoble (72,36 euros), le reste étant réparti entre fonctionnement général (11,32 euros), défense de la filière (15,14 euros), amortissements et provisions (1,18 euros). Si un déficit de plus de 155 000 euros est à noter sur le budget 2020/2021, il sera équilibré avec l’exercice en cours ; il avoisine 5,5 millions d’euros.

« Nous avons les atouts pour avancer, avec une image en nette amélioration, des vins globalement ronds, joyeux et joueurs qui correspondent à la consommation du monde et des prix qui ont de la marge pour progresser. La différence se fera par l’humain, par l’envie d’aller au contact de l’autre », conclut Dominique Piron.