Chantier participatif
Émulation autour d’un mur en pisé

Emmanuelle Perrussel
-

Véronique Laby, éleveuse à Brignais, a accueilli pendant quatre jours un chantier participatif pour restaurer le mur d’enceinte en pisé de son exploitation.

Émulation autour d’un mur en pisé

À l’origine de cette démarche de chantier participatif, « il y a la volonté forte pour moi de conserver ce mur en pisé », indique Véronique Laby de l’EARL Jama qui élève une soixantaine de mères limousines à Brignais. Les raisons sont plurielles : « je suis attachée à ce patrimoine qui fait partie de mon exploitation et aussi parce que cette enceinte va complètement dans le sens de mon système d‘exploitation en plein air intégral. Ce mur a en effet une utilité pour protéger mon troupeau des intempéries, ce qui s’inscrit pleinement dans la notion de bien-être animal. Il est également un refuge pour la biodiversité : lézards, escargots, bourdons… ».

Intenses et conviviaux

C’est une voisine de l’agricultrice qui lui a soufflé l’idée d’organiser un chantier participatif de restauration. Celui-ci a été piloté par Thierry Baruch, enseignant retraité, est formateur depuis quelques années en écoconstruction. Il organise, à la demande, des chantiers autour de techniques « éconologiques », comme il le précise, c’est-à-dire des techniques qui allient l’aspect économique et écologique. C’est ainsi qu’il a constitué une équipe pour le compte de Véronique Laby à l’œuvre entre le 19 et le 22 mars. Quatre jours de travaux intenses mais non moins conviviaux assurés par 25 à 50 personnes chaque jour.

Le formateur a donc donné les bases à chacun de la technique du mur en pisé via différents ateliers, sachant que la terre utilisée a été prise sur le site de l’exploitation. « Le but étant que tous soient ensuite capables d’appliquer les consignes et d’apporter leurs pierres à l’édifice », note Thierry Bach. Celui-ci tient à préciser qu’un chantier participatif repose sur un système de troc : aucun des participants n’est payé, il acquiert une technique qu’il met en œuvre sur le chantier. En échange de son travail, il est nourri par le propriétaire des lieux. « C’est une forme d’entraide et une occasion de faire se rencontrer des gens de tous horizons. »

Ce n’était pas peu de le dire : dans les rangs, des étudiants, des personnes en reconversion professionnelle, d’autre au chômage partiel, issus de catégories socio-professionnelles variées, jeunes ou moins jeunes...

De con côté Véronique Laby est ravie de sa première expérience de chantier participatif. « J’ai adoré, ces personnes étaient très motivées et nous avons eu de beaux échanges. Lors des repas partagés, j’ai pu en profiter pour parler de mon métier d’agricultrice et répondre aux questions que les gens se posent. Ils étaient d’ailleurs nombreux à être originaires de la ville, écologistes et parfois même végétariens. J’ai même réussi à faire manger de la viande à ces derniers », sourit-elle.

Plus d'infos sur http://www.formaterre.org/