NOTRE SÉLECTION
Une encyclopédie des races de vaches, un roman, un essai et un recueil de témoignages !

Daniel Brugès et Laurence Barruel se sont associés pour éditer chez De Borée un livre sobrement titré Vaches. Il recèle d’une mine d’informations sur toutes les races bovines présentes en France. Présentation.

Une encyclopédie des races de vaches, un roman, un essai et un recueil de témoignages !
Vaches a nécessité un an de travail à Daniel Brugès et Laurence Barruel. L’ouvrage est paru le 1er octobre aux éditions De Borée (192 pages – 29,90 euros). (Crédit : De Borée)

Bien sûr, tout le monde connaît les prim’holsteins, les montbéliardes, les salers, et autres aubracs ou charolaises... On sait aussi que les brunes « ne comptent pas pour des prunes », sans oublier les abondances, les jersisaises et, pour nos amis puydômois, les ferrandaises. On sait les qualités des blanc-bleus et le côté décoiffé des highlands, envié par les blondes... Et ce ne sont que quelques exemples. Car la liste des seules races bovines présentes sur le territoire français est « longue comme le bras ». Ou désormais, pourrait-on dire, « épaisse comme un livre » :  celui de Daniel Brugès, illustré de splendides photos de Laurence Barruel1.

Portrait de 46 races bovines

Vaches, qui vient de paraître aux éditions De Borée, brosse au fil de presque 200 pages le portrait de 46 races bovines présentes en France, jusqu’à celles aux effectifs quasi-confidentiels. Ainsi, qui a entendu parler de la betizu –prononcer « bétissou » – quasiment sauvage ? Ceux qui sont allés au Pays basque peut-être... Les auteurs se sont intéressés à tous les territoires, prenant des contacts aux six coins de l’hexagone, pour y glaner des informations et aussi des témoignages. Car, et c’est là l’originalité de cet ouvrage, pour chacune des races, un éleveur témoigne.

Daniel Brugès, le Cantalien, ne pouvait pas faire autrement que d’adresser des clins d’œil à ses compatriotes. Alors évidemment, des éleveurs du Cantal apportent leur contribution à cette galerie de portraits, narrent leurs histoires, confient les raisons qui les ont poussés à choisir telle ou telle robe pour leur chepel. Mais le fallacieux auteur sort des sentiers battus et ne sombre ni dans la facilité, ni dans le cliché : lorsque Marie-Claire et Jacques Rouchez de Paulhac, commune située entre Saint-Flour et Pierrefort, parlent d’abondances, dont le berceau est la Haute-Savoie, Marie-Pierre et Franck Paillon, en Haute-Loire, défendent, eux, la race salers, apportant un regard extérieur tout aussi passionné pour la belle rouge... ou noire ! La garantie que personne n’est oublié, les auteurs la tiennent d’une complicité nouée avec l’institut de l’élevage. 

L’abécédaire d’un fils de paysan

« Ce fut l’occasion de quelques découvertes », ne cache pas Daniel Brugès, fils de paysan, fier de rappeler que c’est « un sang d’éleveur qui coule dans (ses) veines ». Il se félicite notamment de la féminisation du métier, du maintien d’une belle diversité de systèmes d’exploitation, d’une approche souvent affective des relations entre homme et animal, que les animaux soient soignés pour en faire des bêtes de concours ou, au contraire, qu’on fuit les podiums. « Il fallait surtout qu’il y ait de l’humain », insiste l’auteur, qui espère apporter ainsi sa modeste contribution contre l’agri-bashing. 

C’est dans le même esprit qu’il a conçu en ouverture de l’ouvrage, un abécédaire. Il va du A comme « Amour » – forcément – à Z, franchement moins drôle, avec « Zoonose ». Mais on y trouve aussi le traditionnel F de « Foin » ou le très moderne W pour « Webcam ». Un mot aussi sur ceux qui, inspirés par les bovins, en ont fait de l’art, à travers une galerie qui va des fresques préhistoriques aux réinterprétations modernes, en passant par les écrits et les films où la vache tient le premier rôle. Dans cette véritable encyclopédie dédiée aux bovins, quelques proverbes et dictons avant le bal des races. Et, 120 pages plus loin, avant de refermer ce bel ouvrage, textes et photos des séquences qui rythment la vie des éleveurs : heure de la traite ; transformation fromagère ; transhumance ; notions vétérinaires ; concours, rassemblements et foires aux bestiaux...

Renaud Saint-André

1. Contrairement au plus petit ouvrage Vaches de nos régions, paru en 2018 et illustré des aquarelles de Daniel Brugès. 
TÉMOIGNAGE / Sur la route…
Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent, Thierry Bailliet, éditions France Agricole, 19,90 €. (Crédit : France Agricole)

TÉMOIGNAGE / Sur la route…

Pour Thierry Bailliet, l’agriculture mérite d’être expliquée. Connu pour sa chaîne YouTube « Agriculteur d’aujourd’hui » lancée en 2013, ce polyculteur-éleveur des Hauts-de-France prend cette fois-ci la plume. Il publie un livre intitulé « Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent », aux éditions France Agricole. L’objectif de cet ouvrage : reconnecter le grand public à l’agriculture. « Comment un consommateur peut-il comprendre nos contraintes s’il ne nous connaît pas ? Comment peut-il être équitable dans ses exigences en ayant perdu tout repère sur la production, les saisons, le travail de leurs agriculteurs ? », explique Thierry Bailliet. Après 7 années d’existence sur les réseaux, pourquoi le youtubeur a-t-il eu besoin d’en passer par l’écrit ? « La vidéo c’est bien, mais si on veut avoir la chance d’être écouté par tous et de toucher les médias, le meilleur moyen, en France, c’est le livre », expliquait-il à l’automne dans les colonnes de Terres et Territoires. Pendant un an donc, l’exploitant a sillonné le pays à la rencontre de dix agriculteurs-rices « connectés » ayant des pratiques, des productions, des techniques différentes et inspirantes, aux quatre coins de la France, avec tous comme point commun, l’envie de valoriser leur métier. « Le plus beau métier du monde », selon l’auteur qui y appose son regard d’agriculteur d’aujourd’hui, convaincu par les solutions d’avenir qu’offrent les agricultures, dans toute leur diversité.

ROMAN / Le coureur des bois
Le porteur de joie, Maurice Chalayer, éditions De Borée, 19,90 €. (Crédit : De Borée)

ROMAN / Le coureur des bois

On connaissait les talents de conteur de la France rurale de Maurice Chalayer à travers ses précédents romans ainsi que sa passion pour le monde du bois. On ignorait de l’ancien professeur de la MFR de Lamure-sur-Azergues (Rhône) son intérêt pour la course à pied.  Il raconte ici la vie de Joseph Guillemot, enfant de la Haute-Vienne devenu champion olympique. Outre l’exhumation d’un talent méconnu du grand public, Maurice Chalayer se plaît à replonger dans le contexte de l’époque : la division de la société française autour de la laïcité avec la fameuse loi de 1905, le parfum de la revanche puis la Grande guerre auquel le champion a participé et où il a été victime des gaz allemands. En 1920, c’est le Graal : la victoire sur 5 000 m aux JO d’Anvers au nez à la barbe du Finlandais Nurmi. 

ESSAI / Amour, gloire et… déboires
Beaujolais. Gloire & déboires, David Bessenay, éditions Héraclite, 19 €. (Crédit : Héraclite)

ESSAI / Amour, gloire et… déboires

La vie d’un vignoble n’est pas un long fleuve tranquille, celle du Beaujolais en particulier.  Devenu star internationale grâce à son primeur du 3e jeudi de novembre, le Beaujolais a vécu des lendemains qui déchantent, un véritable plan social à l’échelle d’un territoire. L’avarie, avec ses conséquences économiques et humaines (arrachage, banqueroute), nous sont racontées par David Bessenay, journaliste du terroir. Son travail d’enquête fouillé repose sur les témoignages des principaux acteurs de cette période. Après les année noires, l’espoir d’un renouveau avec une génération nouvelle, des pratiques plus vertueuses et une confiance retrouvée se fait jour. La mutation est en route.