PLAN DE RELANCE
Guillaume Rousset (Draaf) : « Il ne faut pas se limiter aux mesures agricoles »

Le volet agricole du plan de relance national détaillé il y a quelques semaines entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle. Entretien avec Guillaume Rousset, directeur adjoint à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes, en charge de la déclinaison régionale de ce dispositif.

Guillaume Rousset (Draaf) : « Il ne faut pas se limiter aux mesures agricoles »
Guillaume Rousset, directeur adjoint à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes. (Crédit : Draaf Aura)

Quelles sont les spécificités régionales de ce plan pour la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Guillaume Rousset : « Le volet agricole de ce plan de relance comprend vingt-deux mesures. Certaines mesures ont une logique nationale et fonctionneront au premier arrivé premier servi. D’autres au contraire sont territorialisées ou comportent un guichet national mais une enveloppe indicative par région. Au niveau de la région Auvergne-Rhône-Alpes, on peut notamment parler du plan de modernisation des abattoirs de 94 millions d’euros pour lequel 9,6 millions iront à notre région. Pour le pack biosécurité et bien-être animal, 11 millions d’euros nous reviendront sur une enveloppe globale de 100 millions d’euros. Nous aurons également 3 millions d’euros sur les 50 millions d’euros du plan en faveur des haies, 7 millions d’euros sur les 77 millions d’euros du plan pour les projets alimentaires territoriaux ou encore 2,8 millions d’euros sur les 50 millions d’euros consacrés au développement de projets de circuits courts dans les cantines scolaires de petites communes. Il est déjà assumé par l’Etat que si des régions sont porteuses de plus de projets que d’autres, des transferts de crédits pourraient être effectués. »

Qui aura en charge le déploiement de ce plan en région ?

G.R. : « Ce plan de relance est très intéressant en matière de gouvernance. Il s’agit bien d’une politique d’Etat qui se déploie au niveau national mais elle s’appuie sur le représentant du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en région qui est la Draaf. Pour autant nous ne sommes pas seuls car ce plan fait l’objet d’un triple partenariat avec le conseil régional et l’ensemble des chambres d’agriculture. Nous travaillons par ailleurs en étroite collaboration avec les services des départements et le corps préfectoral. Pour que la mise en place de ce plan fonctionne, il est très important de travailler avec toutes les collectivités territoriales et nous sommes donc en lien avec l’ensemble des nouvelles équipes municipales. »

Quelles sont les modalités pratiques pour les agriculteurs ?

G.R. : « Nous invitons dans un premier temps l’ensemble des agriculteurs à rester en veille régulière sur les sites de la Draaf et de FranceAgriMer afin d’être informés en temps réel de la mise en place des appels à projets. Sur le site de la Draaf, ils peuvent notamment retrouver un focus que nous avons voulu particulièrement didactique avec toutes les informations nécessaires sur ce dispositif. Au niveau physique, leurs points de contact sont davantage leurs chambres d’agriculture ou directions départementales des territoires (DDT). Nous nous appuyons beaucoup sur elles mais aussi sur les syndicats pour faire connaître l’ensemble de ces mesures. Même si les enveloppes sont très importantes, nous ne pouvons que conseiller aux agriculteurs de rapidement se renseigner et d’entamer des démarches au plus vite. C’est une démarche historique de consacrer autant de moyens à l’agriculture. On parle là des 1,2 milliard d’euros du volet agricole mais aussi de toutes les autres mesures contenues dans ce plan. Nous invitons donc les agriculteurs à consulter l’ensemble des mesures du plan de relance qui pourraient les concerner et elles sont nombreuses, notamment en matière d’apprentissage et d’emploi des jeunes. Il ne faut pas se limiter aux mesures agricoles. »

Quel est le calendrier de lancement des premiers appels à projets ?

G.R. : « Certaines mesures sont déjà ouvertes ou le seront dans les prochains jours. C’est le cas de l’appel à projet national sur les programmes alimentaires territoriaux. Il y a également le plan de modernisation des abattoirs qui a démarré le 14 décembre ou encore le dispositif lié au bilan carbone qui est ouvert du 15 décembre au 15 janvier. La partie structuration des filières, le fonds avenir bio en circuit court et le crédit HVE sont également actifs. Pour certaines mesures comme le plan haies, cela prendra un peu plus de temps car des discussions sont encore en cours, notamment avec la Région. En ce qui concerne l’équipement, la liste du matériel est en train d’être fixée en accord avec les représentants de la profession et il faudra donc attendre début janvier. »

Pierre Garcia

Plus d'informations : Draaf Auvergne-Rhône-Alpes