Conférence
La place de la bio dans la consommation alimentaire

Emmanuelle Perrussel
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Adrien Petit, du Cluster bio, est intervenu, lors de la journée bio organisée par la chambre d'agriculture du Rhône le 15 octobre, sur « Évolution des modes de consommation, quelle place pour la bio dans consommation alimentaire dans les années futures ? ».

La place de la bio dans la consommation alimentaire

Le Cluster bio est une association régionale basée dans la Drôme qui accompagne les entreprises dans leur développement économique sur tous les types de marchés. Adrien Petit a donc fait partager sa connaissance du marché bio.

Ce marché chez les industriels agroalimentaires français pèse lourd avec 12 milliards d’€ de chiffre d’affaires en 2019 et il est en hausse de 13,5 %. Ce n’est pas une surprise puisque l’attente des consommateurs est forte et que c’est une opportunité de gagner de l’argent pour les industriels. Adrien Petit a donné un aperçu du fonctionnement de la grande distribution et des magasins spécialisés sur ce juteux marché.

Offre élargie

« Les magasins spécialisés types la Vie claire, Biocoop, Eau Vive… se développent beaucoup localement et se professionnalisent pour pouvoir proposer une offre élargie aux consommateurs. Les ventes en vrac ont le vent en poupe, comme les fruits et légumes. Le non-alimentaire et l’épicerie enfant perdent du terrain, au profit de la grande distribution. Ces enseignes mettent l’accent sur leurs marques de distributeur et misent sur le digital (notamment depuis le confinement). Les clients augmentent leur fréquence d’achat et sont souvent fidèles. Je recommande aux producteurs souhaitant vendre leurs produits à ces enseignes, de privilégier le contact direct avec le responsable du magasin », a détaillé Adrien Petit.

Pour la grande distribution, le rayon bio est très important et sa taille croît. Il reste en majorité préempté par les marques de distributeur et est partout : alimentaire, cosmétique, hygiène, produits d’entretien… Depuis le mois de juin, la croissance a cependant un peu ralenti.

Le bio post-Covid

Adrien Petit a ensuite présenté quelques scenarios probables pour le bio post-Covid. « La crise sanitaire de ces derniers mois a montré une accélération de certaines tendances : e-commecre, retour au fait-maison, aux produits bio et locaux. On a relevé des intentions d’achat en direction du local, du made in France, du bio et des produits en promotion. Le frais et le « brut » marchent bien aussi. Les consommateurs ont prouvé qu’ils aspiraient à un changement de modes de distribution : l’achat direct au producteur a augmenté de 25 %, le commerce spécialisé de quartier de 18 %. Les drives fermiers, la Ruche qui dit oui ont très bien marché ces derniers mois. On note aussi plus d’autoproduction d’œufs, de légumes, la mise (à nouveau) sur la sellette de la viande et la montée en puissance du végétal (popularité des légumineuses). »

Il reste cependant difficile d’établir des perspectives fiables : la situation économique actuelle et à venir ne s’annonce pas florissante et préoccupe les consommateurs qui auront pour certains, des arbitrages à faire dans leur budget. En toute logique, les courses alimentaires devraient figurer en haut de la liste des priorités.